Dans des réactions séparées, des formations politiques et des acteurs de la société civile continuent encore à dénoncer l’agression d’un mineur de Sidi Hassine par la police après qu’il a été odieusement dénudé, mais aussi le rassemblement de protestation devant le siège de radio Shems FM organisé par des agents et employés municipaux de la Commune du Kram et brandissant des slogans hostiles aux employés de la chaîne. Cent avocats se sont déjà portés volontaires pour défendre le jeune agressé.

De même, le Snjt et la Fédération générale de l’information ont décidé de poursuivre le maire du Kram en justice. La réalité est qu’il y a toujours un problème de réponse aussi bien à la colère des manifestants que vis-à-vis de la liberté d’expression des médias, comme si les anciens dépassements s’en étaient substitués, ou même ajoutés, pour contenir la liberté de manifester et de s’exprimer. Etranges compagnons de route, ceux qui se permettent de franchir les lignes rouges s’unissent autour d’un extrême et excessif dépassement des règles. Il fallait presque s’y attendre. Et pour la Tunisie post-révolution, qui ne fait que cumuler les ennuis, c’est aujourd’hui une crainte avérée. Elle n’est pas ce que l’on espérait. Elle se laisse de plus en plus emporter par des dérapages caractérisés. Ses premiers responsables ne donnent pas l’impression de pouvoir véhiculer les transformations requises, ou encore la grande restructuration souhaitée. Les manquements et les défaillances se perpétuent. Ils prennent chaque fois des formes nouvelles. Certains veulent revenir au monde d’avant.

Ils en ont encore la nostalgie. Ils ne parviennent pas à évoluer. Que d’obstacles encore et toujours, que d’entraves, parfois même renouvelées. La Tunisie ne peut plus être régentée sur fond de polémiques, ou encore demeurer la cible de personnes qui s’érigent en protecteurs au nom de l’intérêt supérieur des partis politiques. En continuant à s’égarer, ces derniers ne se contentent pas de se tromper, ils deviennent les initiateurs d’un manque évident de clairvoyance, de bon sens et d’entendement. Pareille singularité n’est au fait que la conséquence de l’absence de solutions aux problèmes qui perdurent et de l’incapacité des responsables à prouver qu’ils ont vraiment du savoir-faire dans la gestion des crises. L’espoir désespéré de ceux qui croyaient en une Tunisie nouvelle se heurte aujourd’hui à la crainte que les écarts et l’irresponsabilité ne recommencent à agiter les esprits, qu’on préfère l’oppression et l’asservissement au dialogue, à l’échange des idées, aux débats constructifs. Il n’y a que dans les dictatures qu’on tolère des dépassements aussi graves et qu’on ne touche pas à des parties qui se considèrent inattaquables. La Tunisie ne saurait réussir sa reconversion tant que les pratiques du passé ont toujours leur raison d’être et que les plaies sont encore ouvertes.

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