Le sélectionneur national assume une part de responsabilité, mais pas toute la responsabilité. Il est évident qu’on «exagère»   la qualité de nos joueurs. Qu’on revienne sur terre !

Lynché par la toile avec grande intensité et parfois même haine, Mondher Kebaïer n’est pas un homme heureux en ce moment. On lui fait porter le chapeau après la défaite devant l’Algérie. Une défaite logique, compte tenu de la différence technique individuelle et l’écart de cohésion. Même si l’Algérie n’a joué qu’une seule mi-temps sur sa vraie valeur (la première), et même si notre équipe a eu la possession de balle à sa guise en 2e mi-temps, il était bien clair et évident qu’on était une classe en dessous de l’Algérie. Ils étaient meilleurs et c’est tout. Ça reste amical, en tout cas, mais comme défaite et comme attitude de jeu, c’est une «claque», un vrai coup en plein visage pour se réveiller et arrêter de vendre des illusions. Nous avons une bonne équipe, nous avons de bons joueurs, mais nous n’avons pas une top équipe ni des joueurs extraordinaires. Il est temps qu’on revienne sur terre et qu’on raisonne en fonction  de la vraie valeur de nos joueurs et de notre staff.

Kebaïer a mal lu son adversaire

Il est clair que Mondher Kebaïer est le plus grand perdant de ce test amical.  Longtemps critiqué, déstabilisé, le sélectionneur national a mal géré sa copie. Il a mal lu son adversaire. Cela dit, le problème n’est pas de jouer en 4-1-4-1 et de lancer 4 milieux récupérateurs relayeurs, mais le problème est ce plan de jeu stérile.

A ce «press» étouffant de Djamel Belmadi, aucun remède. Il n’a trouvé aucune solution à ce verrou féroce des Algériens qui pressaient avec trois joueurs le porteur de balle avec un bloc avancé et une défense en ligne qui n’a laissé aucune chance aux nôtres. Les progrès des derniers matches ont été anéantis en une seule mi-temps. Cela veut dire que l’équipe de Tunisie doit attendre un peu pour rejoindre une sélection telle l’Algérie. Il ne suffit pas de ramasser des joueurs de divers horizons et ayant diverses expériences tactiques et surtout des qualités différentes, pour conclure que nous avons une grande sélection. Et Mondher Kebaïer ? C’est clair que plusieurs de ses choix demeurent mal placés, et il démontre à chaque fois qu’il n’a pas trouvé la bonne formule face à cette «abondance» mal évaluée. Il insiste sur des joueurs qui n’apportent pas une plus-value, tels que Meriah, Ben Slimane, Ben Romdhane, M’sakni  et  Khaoui.

En même temps, il impose Hassan dans les bois, alors que son premier élu, Ben Mustapha, passa au rang du 2e, voire 3e gardien. On sent Kebaïer perplexe, tiraillé entre plusieurs choix, et ce qui frappe, c’est qu’on lui balance tous les 3 et 4 mois de nouveaux joueurs. Jusqu’à maintenant, il n’a pas convaincu dans l’ensemble, ni d’ailleurs son adjoint qui fait son boulot avec le service minimum en dépit d’une grande expérience en tant qu’international, Kebaïer est-il le seul problème ? Franchement, c’est beaucoup plus général. Incapable de transmettre la motivation et les voies d’amélioration qu’on attend, Kebaïer est un élément de cette sélection qui n’arrive pas a être parmi les favoris en Afrique. Ses prédécesseurs Maâloul, Benzarti et Giresse n’ont pas fait mieux, à chacun ses errements.

Les moyens mis, le confort et le luxe dans lesquels vit cette équipe de Tunisie ne suffisent pas. On a besoin d’un autre modèle d’encadrement, on a besoin de plus d’équité dans le casting loin de l’influence des agents de joueurs VIP.

On a besoin aussi de regarder où jouent nos expatriés et de comparer avec d’autres joueurs du continent. Si nous avions de grands et impressionnants joueurs comme on essaye de dire, ils auraient des places dans les plus grands clubs d’Europe. C’est aussi simple que cela. Il y a une nette différence entre un bon et un grand joueur. Ce qu’on doit avoir, c’est une expression de jeu collective et des joueurs-clefs dans chaque compartiment.

Et on a besoin de remettre les choses dans leur vrai  contexte. Qu’on ne surévalue pas notre équipe nationale, qu’on ait la tête sur les épaules. Pour revenir à Mondher Kebaïer, on parle avec insistance de son départ, et de l’imminente arrivée (retour) de Nabil Maâloul pour les éliminatoires du Mondial. Ce n’est pas un canular, ça se travaille doucement au gré des prestations moyennes de l’équipe. Est-ce la bonne solution, on l’a dit, Kebaïer n’est pas le seul problème. C’est une question aussi de diagnostic et d’estimation des qualités des joueurs. Les noms ne veulent rien dire.

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Un commentaire

  1. Mohamed-Rached Khayati

    14/06/2021 à 11:42

    Excellent diagnostic sauf que le titre de l’article n’est pas approprié: on n’est jamais piégé par plus fort que soi.

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