Le ministre de l’Education, Hatem Ben Salem, a déclaré que la méthode adoptée actuellement pour l’affectation des enseignants est « catastrophique » pour le système éducatif, ajoutant que le recrutement des enseignants suppléants, ne garantit pas la qualité de l’éducation.
Dans un entretien exclusif accordé à la TAP, il a indiqué que le ministère de l’Education aspire au recrutement de professeurs qualifiés, « étant donné que le métier d’enseignant requiert du professionnalisme et du talent » a-t-il dit, insistant sur l’importance de recruter les enseignants sur la base de l’égalité des chances.
Il a souligné que le ministère de l’Education détient plusieurs concepts qui pourraient servir d’outils à la révision de la méthode de recrutement en vigueur, dont notamment l’orientation directe à partir du baccalauréat vers les écoles ou universités spécialisées dans les sciences de l’éducation, la mise en place de cours de formation pédagogique, la création de filières pour la formation à l’enseignement, ou, résolument, revenir au Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (CAPES), ajoutant que la décision finale concernant ce dernier point ne prendra forme que dans le cadre d’une réforme éducative annoncée.
Evoquant le problème de la dispersion scolaire considérée comme étant l’une des premières causes de l’abandon scolaire, le ministre a affirmé que la réponse doit être irrévocable, en s’inspirant notamment des expériences comparées dans ce domaine, à l’instar de l’expérience Belge où les élèves des zones rurales ont été regroupés dans les lycées, dans les centres et les chefs lieux, en prenant en charge les dépenses relatives au logement.
Ben Salem a estimé que cette expérience présente une meilleure option financière pour l’Etat comparé à une situation où d’anciennes institutions éducatives sont dispersées et opèrent par le système des équipes (Des élèves de niveaux scolaires différents se trouvant simultanément dans la même salle de classe).
Sur les causes de l’effondrement du système de valeurs au sein des espaces éducatifs ainsi que dans l’espace environnant, Ben Salem a attribué ce constat au manque de sentiment d’appartenance de l’élève à cet environnement et à la délimitation du rôle des institutions éducatives aux tâches purement scolaire d’apprentissage et d’examens, ce qui a confiné l’élève dans une mentalité où prévaut le sens de l' »obligation » sur tout le reste, considérant que le changement de cette mentalité est la responsabilité partagée de l’école et des parents.
Pour sortir de cette situation, le ministre a recommandé l’instauration « d’une école qui éduque vraiment, d’éviter de se murer dans le silence et de faire face aux phénomènes dangereux et ce, en menant un travail de prévention dans une première étape et à combattre vivement ces phénomènes en cas d’événement.
Il a dans ce sens expliqué que l’introduction de compétences pratiques telles que le leadership ou la formation à la communication, est à même de développer les capacités de l’écolier et son sens de la citoyenneté et ses dispositions à la liberté d’expression, ajoutant que les activités culturelles et sportives sont de nature à contribuer efficacement au développement du sens de l’esthétique chez les élèves et à renforcer leur sentiment d’appartenance à leurs établissements scolaires.
Photo: © Jacques Azam

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