Quand Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Ugtt et initiateur du Dialogue national, que tout le monde soutient mais exige qu’il se déroule sur la base de ses propres conditions, annonce la guerre à l’ensemble des acteurs de la scène politique nationale, qu’il soient au pouvoir ou dans l’opposition, et les accuse d’être responsables de la crise dans laquelle s’est enlisé le pays, allant jusqu’à laisser entendre que les Tunisiens n’ont plus à attendre de ces politiciens qui ont raté leur vocation et ont entraîné la Tunisie dans la voie du chaos, l’on peut s’interroger avec qui la Centrale syndicale et peut-être les anciens membres du Quartet du Dialogue national version 2013 vont tenir leur Dialogue national version 2021, version à laquelle les syndicalistes ont réaffirmé — doit on le rappeler — leur attachement dans la motion générale concernant la réunion de leur dernière commission administrative nationale après avoir laissé planer la menace, pendant quelques heures, de retirer leur confiance au Président Kaïs Saïed et d’organiser sous leur propre supervision et avec les moyens de leur organisation le fameux Dialogue national.

Hier, en s’adressant aux syndicalistes du secteur des banques et assurances menaçant d’une grève de deux jours, le patron de la place Mohamed-Ali a récidivé en accusant, cette fois, toute l’élite post-révolution d’assumer, à parts égales, la responsabilité de la déroute économique, sociale, politique, voire morale dans laquelle la Tunisie s’est empêtrée, déroute que beaucoup de parties souhaiteraient «qu’elle perdure encore» — pourraient le laisser comprendre certaines indiscrétions distillées dans les milieux syndicaux par des sources se disant au parfum de ce que pensent Noureddine Taboubi et ses lieutenants les plus proches, les plus influents et surtout les plus concernés par les conclusions auxquelles aboutira le congrès exceptionnel de la centrale syndicale prévu début juillet prochain.

Dans un contexte général marqué par des déclarations les unes contredisant les autres, par de petites phrases à valeur de ballons d’essai comme le désormais célèbre appel du Président Kaïs Saïed à la réhabilitation dans le sens du déterrement de la Constitution du 19 juin 1959 (à condition qu’il n’infirme pas dans les jours à venir la révélation faite par Noureddine Taboubi) et par des positions qui changent à longueur de journée, l’on est en droit de s’interroger où va réellement le pays avec cette élite qui lui en a fait voir de toutes les couleurs.

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