L’activité économique nationale a été marquée, durant l’année 2020, par une récession sans précédent en relation avec les retombées de la pandémie du covid-19. Tous Les  indicateurs conjoncturels laissent aujourd’hui entrevoir un retour de la croissance en territoire négatif, avec la résurgence de la quatrième vague de l’épidémie.

D’après la note sur les évolutions économiques et monétaires publiée par la BCT, « cette rechute aurait été tirée, principalement, par la contreperformance des secteurs minier, chimique et de raffinage de pétrole, ainsi que de certains secteurs extravertis, à savoir le tourisme, le transport et les industries du textile, habillement et cuir ».

L’analyse de la croissance par secteur d’activité, sur l’ensemble de l’année 2020, montre que la baisse de la valeur ajoutée a été quasi-généralisée entre les principaux secteurs, à l’exception du secteur agricole qui a affiché une bonne performance, en 2020.

Prix à la pompe

La décélération la plus importante a concerné également  le rythme de progression des prix des produits alimentaires transformés (+3,7% après +7,2%) suite notamment à la baisse notable des prix de l’huile d’olive occasionnée par une campagne oléicole exceptionnelle (-18,7% après -1,7%).

Du côté des produits manufacturés, les prix ont évolué de +6,3% en 2020 après +8,8% en 2019, en relation avec la baisse des prix des voitures (-0,9% après +5,4%) portant la marque de la baisse de la demande et la bonne tenue du taux de change du dinar vis-à-vis des principales devises, et avec la décélération des prix de l’habillement et des chaussures (+7,3% après +8,2%), des matériaux de construction et d’entretien des logements (+6,6% après +10,0%), des équipements ménagers (+4,6% après +6,6%) et des pièces de rechange (+8,7% après +13,7%).

Par ailleurs, les prix des services libres ont conservé le même rythme de progression de l’année 2019, avec un taux de +5,3%.

Également, les prix des produits alimentaires frais ont connu, en moyenne, une détente en 2020 (+5,9% après +8,3%), soutenue par le fléchissement du rythme de progression des prix des œufs et de la viande rouge et, à un moindre degré, par la décélération des prix des légumes.

De son côté, l’inflation des prix a enregistré une accélération en 2020 (+5,7% après +4,7%), tirée principalement par le rebond des prix du sel (+33,8% après +21,3%), du tabac (+19,9% après +3,6%), des tarifs postaux (+34,3% après +4,9%) et des services aux cafés (+21,6% après +12,3%) et, dans une moindre mesure, par l’ajustement à la hausse des tarifs de l’eau potable en juin 2020 (+8,5% après +1,4%), des prix des produits pharmaceutiques (+9,3% après +3,6%), des prix du sucre (+4,0% après +0,0%), ainsi que ceux du café (+2,4% après +0,0%).

Tendance baissière de l’indice des prix à l’importation

Selon la BCT, l’indice des prix à l’importation a poursuivi, en décembre 2020, sa tendance baissière (-6,1% après -5,7% en novembre 2020 et +6,7% une année auparavant). Cette évolution porte la marque de l’effondrement des prix à l’import dans le secteur énergétique (-32,9% après -30,5% en novembre 2020), qui s’est conjugué à la poursuite de la baisse des prix au niveau du secteur minier (-10,7% après -3,7%) et celui du textile, habillement et cuir (-3,1% après -2,7%) et, à un moindre degré, à la légère décélération au niveau du secteur agricole et agroalimentaire (+1,4% après +1,6%). De l’autre côté, les prix se sont affermis au niveau du secteur des industries mécaniques et électriques (+0,7% après +0,5%).

Perspectives de l’inflation à court terme

Selon la même source, l’exercice de prévision de l’inflation pour le premier trimestre de l’année 2021 se base sur plusieurs hypothèses à savoir: l’ajustement à la hausse des prix à la pompe au cours des mois de février et mars 2021, compte tenu de l’augmentation des cours du pétrole au niveau international, observée sur la période récente. D’autres hypothèses se focalisent sur la soumission du sucre à une nouvelle taxe de 100 millimes par kilo au début de l’année 2021,  la hausse des prix de certains produits alimentaires transformés, suite au relèvement des prix administrés de la farine et de la semoule en décembre 2020 (+16% et +0,4% respectivement en V.M). Les prix des huiles végétales devraient se ressentir du rebond des prix à l’importation observé au  quatrième trimestre 2020. A cela s’ajoute la hausse des prix de l’huile d’olive au premier trimestre de l’année 2021, en relation avec la baisse notable de la récolte de -65%.

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