Où va-t-on ? C’est ce que le commun des Tunisiens se demande à l’heure de faire le point sur la situation épidémiologique qui se détériore au fil des mois depuis septembre 2020 sans discontinuer.

La population tunisienne n’en finit pas de payer le prix fort de la contamination au covid-19 et d’une situation épidémiologique jugée critique par tous les observateurs et experts de santé. Aux dernières nouvelles, quatre gouvernorats sont en confinement total, à savoir Kairouan, Béja, Siliana et Zaghouan pour avoir dépassé le seuil de 400 cas de contaminations pour 100 000 habitants. Voire avec Sidi Bouzid qui emboîte le pas. Pis encore, la ville de Kairouan, zone sinistrée par la pandémie du coronavirus, vit une situation dramatique à cause des ravages de la maladie sur les enfants admis en réanimation et du nombre de décès particulièrement élevé par rapport à la moyenne nationale.

Béja et Siliana ne sont pas mieux loties avec des cas de décès et contaminations à des niveaux jamais atteints. Avec plus de quatorze mille personnes décédées du covid-19 depuis le déclenchement de la maladie sur le territoire tunisien en mars 2020, les compteurs s’affolent et font état d’une année 2021 très agitée et mouvementée. Le protocole sanitaire ne suffit plus même lorsqu’il est appliqué, ce qui n’est pas toujours le cas. On l’a vu pendant les périodes de fête où les Tunisiens n’avaient cure du protocole sanitaire avec des bus bondés en direction de leurs régions natales et un manque de rigueur sur le port de la bavette et l’usage du gel hydroalcoolique.

Les retombées néfastes n’ont pas tardé à se manifester dans une situation chaotique et incontrôlable des institutions sanitaires tou- jours débordées et manquant de lits de réanimation. A Kairouan, les malades transitent par les escaliers en l’absence d’ascenseur fonctionnel, images à l’appui. Une infamie sans nom pour le pauvre malade traité comme la pire des espèces. La vie humaine n’a plus une grande valeur dans un pays en proie aux pires difficultés économiques et sociales et empêtré dans un bourbier sur fond de crise sanitaire aiguë.

Une courbe exponentielle

Ce qui est, bien entendu, inacceptable et inexcusable. Ne parlons pas des autorisations à remplir des stades de football pour des matchs qui plombent le moral des Tuni- siens au lieu de les galvaniser. Le clash entre le ministère de la Santé et le gouvernement en dit long sur ce mauvais chapitre qui a vu des débordements de supporters avec les forces de l’ordre et l’usage des fumigènes et du gaz lacrymogène par la police. Va-t-on payer le prix dans les prochains jours avec les contaminations au coronavirus ? En attendant, les courbes évoluent et suivent une tendance exponentielle.

Selon worldometers.info, la Tunisie compte 14 118 décès, 2 478 nouveaux cas de contamination au coronavirus et 80 décès supplémentaires, alors que 29.58% des tests sont positifs. Avec 382 950 cas de contamination dont 332 962 guérisons, le taux de conta- mination est manifestement très élevé par rapport à la population nationale qui n’atteint même pas les douze millions de têtes. Cet état de fait montre l’échec monumental de la lutte anti-covid-19 en Tunisie, depuis au moins une année. La courbe, qui recense chaque jour et compile le nombre de per- sonnes contaminées, est lancée depuis septembre 2020, sur une mauvaise trajectoire qui ne connaît aucune cassure ni brisure et augmente inlassablement sans que les experts scientifiques et médecins n’y puissent rien, les yeux médusés, impuissants devant le sort qui s’acharne sur les pauvres Tunisiens. C’est une véritable courbe exponentielle encore plus marquée sur la compilation du nombre de décès, comme le craignaient les experts scientifiques.

L’heure est grave à voir la moyenne de 75 décès/jour sur les sept derniers jours. Verra-t-on le bout du tunnel ? Ou est-ce une lumière de train à grande vitesse qui va nous surprendre jusqu’au bout ? Qui vivra verra. Pour l’heure, l’hécatombe se poursuit !

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