Depuis dimanche 20 juin 2021, jour du sacre historique de la tenniswoman tunisienne à Birmingham en Angleterre, une déferlante de compliments et d’honneurs est rendue à notre championne nationale Ons Jabeur, et pour cause. Elle est la première joueuse arabe et africaine à remporter un titre au tennis en simple du tableau féminin. Une véritable prouesse qui en appelle d’autres. Va-t-elle constituer le déclic pour lancer une carrière prometteuse, jalonnée de succès et trophées ? En attendant, on se régale à la voir jouer avec autant d’assurance ces derniers temps.

Le premier trophée obtenu à Birmingham (Angleterre) au tournoi rebaptisé Viking Classic classé WTA 250 (dotations de l’ordre de 235 238 dollars américains) restera dans les annales de l’histoire de la talentueuse joueuse tunisienne. Elle a enfin brisé le signe indien après deux défaites en finale il y a trois ans à Moscou et il y a à peine deux mois à Charleston. Jamais deux sans trois, dit un vieil adage, qu’Ons a brisé à sa manière, une raquette à la main. La troisième est la bonne, ce qui lui ouvre à 26 ans les portes de nouveaux succès. Après de brillantes performances dans de nombreux tournois du Grand Chelem, même si elle n’a jamais dépassé le stade des quarts de finale comme à l’Open d’Australie le 28 janvier 2020, la joueuse continue de gravir les échelons.

Parcours d’une championne hors norme

Ons Jabeur, née le 28 août 1994 à Ksar Hellal, est une joueuse de tennis tunisienne, professionnelle depuis 2012. Elle remporte le tournoi de Roland-Garros 2011 en simple junior. Sur le circuit WTA, elle en est à un trophée gagné contre deux finales perdues.  Sa biographie disponible sur l’encyclopédie électronique wikipédia révèle davantage sur sa vie privée. « Fille de Ridha et Samira Jabeur, elle a deux frères aînés, Hatem et Marwen et une sœur, Yasmine. Sa mère l’introduit de façon précoce au tennis à l’âge de trois ans à Carthage. Elle rejoint par la suite le lycée sportif d’El Menzah.

Ons Jabeur est mariée à Karim Kamoun, ancien escrimeur et son coach physique depuis 2015 ». C’est bien son préparateur qu’on voit sur tous les écrans au moment de la célébration d’Ons Jabeur lors d’une belle accolade entre deux sportifs heureux et accomplis. C’est une ascension fulgurante que connaît Ons Jabeur depuis 2011 passant de la 1.209e place cette année-là à la 24e place au dernier classement WTA du mois de mai. Respectivement 264e, 139e, 146e, 210e, 193e, 88e, 62e,76e et 31e de 2012 à 2020. Après une entrée fracassante au Top 100 en 2017 puis au Top 30 en 2021, on se demande jusqu’où peut aller notre Ons nationale ? Peut-elle viser le top 10 durant les prochaines années ? C’est ce que tout un peuple debout comme un seul homme et uni autour de sa championne lui souhaite. Avec un huitième de finale l’an dernier aux Internationaux de France même si elle a déchanté cette année face à la jeune Américaine de 17 ans, Cori Gauff, le meilleur reste à venir notamment au Tournoi de Wimbledon, circuit du Grand Chelem qui démarre le 28 juin 2021. Récemment elle a perdu une finale en doubles avec sa compère australienne, Ellen Perez, toujours à Birmingham, mais sans conséquence sur son moral puisqu’elle a enchaîné avec brio depuis le début de la semaine du 21 juin avec le tournoi d’Eastbourne classé WTA 500 (dotations de l’ordre de 565 530 dollars américains) en prévision du Grand Chelem de Wimbledon en Angleterre. De taille moyenne d’1m67, et droitière avec un revers à deux mains, elle n’en a pas moins gagné un pactole de plus de trois millions de dollars depuis le début de sa carrière professionnelle, ce qui reste prodigieux pour une athlète du monde arabe et africain qui ne connaît pas beaucoup de grands noms au tennis.

Hormis la triplette marocaine Arazi, El Aynaoui et Alami, il y a fort longtemps, le Tunisien Malek Jaziri ou le Sud-Africain Kévin Anderson en fin de carrière qui cumulent tous deux les tournois Challengers chez les hommes ou encore la Tunisienne Sélima Sfar, il y a tout aussi longtemps et qui n’a jamais atteint le top niveau mondial, il n’y a rien à se mettre sous la dent. Même si des noms de joueurs tunisiens commencent à émerger, on ne peut parler de relève assurée derrière Ons Jabeur. Avec Skander Mansouri et Aziz Dougaz dans le Top 400 chez les messieurs ou encore Chiraz Bechri, 22 ans chez les dames, le compte reste bien maigre.

A l’heure où l’on écrit, la talentueuse Ons Jabeur vient de s’imposer en deux manches contre la Tchèque Marketa Vondroursova, 40e mondiale et se qualifie aux huitièmes de finale du tournoi d’Eastbourne, lequel tournoi où elle a atteint les demi-finales, il y a deux ans toutefois sans succès final. La marche vers la gloire est lancée pour Ons Jabeur. Pourvu que rien ne l’arrête en si bon chemin.

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