S’évader soi-même et faire déambuler d’autres à travers la photographie dans des lieux coupés du vacarme civilisationnel, c’est ce qu’a accompli l’artiste-photographe Ahmad Ksibi à travers ses 14 contemplations, gracieusement présentées dans le cadre d’un vernissage/exposition. 

Puiser visuellement dans la nature, s’y fondre physiquement et surtout à travers l’objectif de sa caméra, Ahmad Ksibi, architecte de formation, s’y est consacré pendant plus d’un an. Sillonnant des villes tunisiennes, des délégations et des coins où la nature y règne en grande maîtresse, l’artiste, éternel amoureux de la mer, a fait en sorte d’immortaliser son itinéraire, fait de rochers, de mer, de verdure, de forêt, de rivières et autres composantes d’une nature vierge, souvent des dans régions isolées. La mer est grandement présente à travers ce qu’il considère comme « ses  contemplations », plutôt que ses tableaux, fait en argentique, et dont les couleurs sont, certes, froides, mais qui n’impactent pas pour autant le moral des visiteurs. Une « Mélancolie heureuse », l’oxymore subtilement cité par l’artiste résume en partie la portée de son empreinte.    

Ayant un côté poète des régions côtières, Ahmad Ksibi a toujours vécu en bord de mer méditerranéenne, tissant ainsi des liens étroits avec sa grandeur, sa magie et  ses mystères. L’artiste a conscience des détails qui l’entourent et l’enchantent, mais qu’il n’arrivait pas à garder ou atteindre. « La beauté dans ses détails l’entourait », selon ses dires : et finalement, il suffisait de peu pour la cueillir. Etant architecte, il décide de suivre l’appel de la nature et de s’éloigner de ce à quoi l’a habitué l’architecture : les constructions, la bâtisse, le béton… « Nos sociétés modernes ont fait en sorte que nous vivions dans un stress permanent, et nous a fait oublier la beauté des gestes et des plaisirs simples de l’existence, et de son essence même. Ces artifices liés à notre quotidien citadin nuisent : cette toxicité devait s’arrêter pour moi, en me reconnectant aux éléments basiques de la nature, à savoir l’eau, l’air, la terre et le feu». Ahmad Ksibi évoque les contemplations colorées de l’âme et relate un quotidien sain, à travers ses errances photographiques. De la photo qui reflète par moments sa mélancolie et son euphorie.

« J’ai cherché à lier mes 14 tableaux par un fil conducteur : il s’agit de couleurs et de saisons. Les tableaux prennent des couleurs par moments et se refroidissent parfois, et c’est voulu. Je varie les tons. Plus tard, je pourrai opter pour autre chose ». A-t-il dit lors de son vernissage. Ce déclic pour ce travail a commencé, il y a un an, à Sounine. Des sensibilités véhiculées et communes sont ressenties dans son travail d’architecte et dans sa passion pour la photographie.

Cette exposition / vernissage a été commissionnée par Maroua Charradi, à la tête de « Toucher de Soleil », sa boîte de communication. Le propriétaire de « El Founoun Art bistrot », Souheil Chabchoub, gère un restaurant/ galerie, à vocation culinaire et artistique à Tunis. Parallèlement, il permet à de jeunes artistes montants de bénéficier d’une résidence artistique dans une galerie-appartement à La Marsa où a eu lieu le tout premier vernissage de Ahmad Ksibi… En attendant la suite.

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