Le Collectif “Zéro Déchet TN” vient de lancer une campagne pour encourager les Tunisiens à réduire autant que possible leur utilisation du sac à usage unique.

Fraîchement créé, le collectif “Zéro Déchet Tunisie”, qui milite pour la préservation de l’environnement et l’amélioration de la qualité de la vie, à travers la promotion du concept “Zéro Déchet” dans le pays, vient de lancer, dans le cadre de la campagne nationale “Tunisie sans déchets”, une initiative qui vise à encourager les citoyens à réduire et supprimer —un jour— les sacs plastiques. Leur méthode est essentiellement basée sur la sensibilisation.

Par quoi va-t-on remplacer ces sacs ?

L’idée du collectif se base sur le lancement des sacs en tissu dans les boulangeries, avec un objectif qui vise à généraliser ce phénomène sur tout le territoire national, afin de mettre un terme à l’utilisation des sacs plastiques, ce véritable fléau pour la faune et la flore, notamment en milieu marin, étant donné que le sac plastique produit au moins trois types de pollutions : visuelle, de l’air et du milieu marin. Sur la toile, l’initiative a été la bienvenue chez les Facebookers qui ont, toutefois, critiqué son prix, jugé souvent élevé et non acceptable par un bon nombre de personnes: le sac sera vendu à un prix promotionnel de 10 dinars, dans le cadre de la campagne “Tunisie sans déchets” (alors que son prix réel est de 15 dinars). Mais là encore, pour le collectif “Zéro Déchet Tunisie”, c’est l’idée qui compte. Ce sont, en fait, des sacs en coton avec impression écologique. «Acheter ces sacs écologiques signifie encourager la startup qui les confectionne et les couturières qui travaillent avec elle… A ce prix, ils ne sont pas du tout chers, surtout qu’ils sont lavables et réutilisables. De toute façon, nous travaillons pour le changement des mentalités et des comportements et non pour un but commercial… Et donc pour nous, c’est l’idée véhiculée par ces sacs écologiques qui compte encourager la consommation responsable et bannir les sacs plastiques», souligne le collectif, qui en appelle à l’écoresponsabilité des citoyens… Cette campagne, qui s’intéresse donc à la promotion de la vente de ces beaux sacs à pain auprès des boulangeries, vise, également, à sensibiliser les citoyens en les incitant d’apporter leurs couffins pour y mettre du pain ou acheter ces sacs à pain et les garder, afin de limiter au maximum l’usage des sachets en plastique.

L’autre réalité…

Utilisés en moyenne 20 minutes, on peut fabriquer les sacs plastiques en une seconde. Mais ces derniers seront soit incinérés, soit dispersés dans la nature où il leur faudra jusqu’à 400 ans pour se dégrader et 1.200 ans en mer selon leur épaisseur ! Outre la pollution, les sacs plastiques représentent un danger pour les grands organismes marins en provoquant leur étouffement ou leur étranglement lorsqu’ils les absorbent. Selon des chiffres publiés par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), chaque année, les sacs plastiques tuent pas moins d’1 million d’oiseaux de mer et 100.000 mammifères marins. Ils modifient aussi l’écosystème marin en empêchant la pénétration de la lumière dans l’eau et gênent le développement des micro-organismes.

A cet égard, ce problème international nous concerne tous et risque de toucher même à l’avenir de notre planète et de l’humanité entière. La Tunisie, qui n’a pas encore ou ne peut pas se permettre une vraie politique environnementale, n’échappe pas à cette règle, puisque le pays produit chaque année environ 3 milliards de sacs plastiques, outre les 1,2 milliard de sacs importés ! Et donc, le constat n’est pas nouveau, mais toujours d’actualité : partout on ne voit que des sacs et des déchets en plastique ; sur terre, sur les plages, sur mer, aux ports, dans les rues, dans les champs… pratiquement aucune zone du pays n’échappe à la prolifération des déchets… où le plastique envahit notre cadre de vie. Face à la gravité de cette situation, certains pays ont décidé d’agir pour limiter ou interdire les sacs plastiques à usage unique.

Mais pour la Tunisie, cette affaire n’est pas facile et n’est pas à l’ordre du jour, même après la publication du décret 2020-32 du 16 janvier 2020, fixant les types de sacs en plastique dont la production, l’importation, la distribution et la détention sont interdites sur le marché intérieur… Les exemples ne manquent pas; suite à la publication de ce décret, les grandes surfaces ne donnent plus de sacs en plastique à la caisse, mais les font payer par le consommateur. Par ailleurs, beaucoup de pharmacies continuent toujours de remettre les médicaments aux clients dans de petits sacs en plastique…

Face à cette réalité contradictoire, beaucoup reste à faire pour ce collectif et pour les autres activistes (ONG, société civile…) qui veulent stopper l’invasion plastique et changer une mentalité qui est enracinée à l’échelle collective…

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