Le Palais Abdellia s’associe à la section Tunisie de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour présenter, jusqu’au 2 juin, une exposition collective réunissant treize artistes de différentes nationalités et intitulée : «Mirage d’espoir». Montée par l’artiste peintre et curatrice tuniso-italienne Michela Margherita Sarti, l’exposition est le fruit d’une résidence artistique abritée par l’espace d’art Sadika Keskes (Gammarth) réunissant des artistes de tous bords qui ont posé leurs regards sur la question de la migration.
La migration, qui implique la rencontre de l’autre, l’échange culturel, la mobilité, le brassage mais aussi l’exil et la migration clandestine, au cœur des débats publics, a bien inspiré ces artistes qui en ont proposé différentes lectures toujours avec un même fil conducteur : celui de l’espoir. «J’avais demandé aux artistes de créer des œuvres qui devraient ressembler à des documentaires sentimentaux et faire en sorte que le spectateur s’identifie aux histoires qui lui sont proposées» écrit la curatrice et d’ajouter : «L’art peut donner aux spectateurs l’occasion de poser un regard honnête et critique sur l’époque dans laquelle nous vivons». Le chef de mission de l’OIM Tunisie, Lorena Lando, se joint à elle pour noter que «l’art a la capacité de toucher tout un chacun, et nous permet de remettre en question nos idées préconçues». Citant Victor Hugo : «En art, point de frontières», il explique comment l’art et la migration transcendent les frontières en écrivant : «Les artistes peuvent nous amener à nous interroger sur notre relation à l’Autre en nous montrant le point de vue de ceux qui ne peuvent pas l’exprimer, en nous montrant l’invisible ou encore en facilitant les échanges interculturels.»
Différentes approches plastiques et autres techniques nous sont ainsi proposées à l’instar de la peinture, l’installation et la photo à travers les œuvres des deux Tunisiens, Walid Ardhaoui et Omar Bey, Austin Camilleri de Malte, Yves Gobart de France, Nacho Martin Silva d’Espagne, la Portugaise Teresa Carneiro, Gulin Hayat Tapdemir de Turquie, l’Italienne Lisa Perini, l’artiste grecque installée en Tunisie Marianne Catzaras, l’Egyptien Wael Darwesh, L’Homme jaune d’Algérie, le Marocain Mohamed Elouanti, Brahim Moubarak du Cameroun et Michella Sarti.
Cette dernière pose son regard sur les deux faces de la migrations avec son œuvre «sans limites» où l’on reconnaît sa veine expressionniste, l’espoir coloré au ciel bleu fait face à la grisaille de la mort et de la perdition. Omar Bey donne forme au fil de fer pour nous présenter son «passeur», un être hybride, une abominable créature qui, comme il le note, confortablement assise sur les passantes et les passants, fuyant le présent et le passé, exploitant les passages étroits et périlleux, par un tour de passe-passe, transforme les désespérés en cadavres trépassés…D’autres propositions esthétiques fort intéressantes sont à découvrir dans les différentes salles du Palais Abdellia. Les fonds collectés seront employés pour des initiatives culturelles et artistiques mettant en valeur le phénomène social de la migration. A voir!

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