On ne se lassera jamais de l’affirmer : les Tunisiens, qui espéraient, le 14 janvier 2011, faire migrer leur pays vers un Etat démocratique où les libertés et les droits de chacun seraient préservés, respectés et consacrés dans la vie quotidienne, auront tout vu, tout vécu et subi en matière de dépérissement et de déliquescence d’un Etat moderne dont les fondements et la préservation ont valu au pays tant de sacrifices, d’efforts et d’abnégation ayant été couronnés malheureusement en dix ans de révolution et de rêves brisés par un sentiment quasi général de déni de l’idée même de l’Etat, de perte commune de confiance et de conviction partagée que le pays est sur la voie qui mène à l’inconnu, au chaos et à l’impasse.

Un sentiment, une conviction que nos politiciens au pouvoir, dans l’opposition parlementaire ou n’ayant aucun siège au palais du Bardo, de Carthage et de la Kasbah et aussi nos élites de la société civile autoproclamées « gardiens du temple démocratique» et « objecteurs des mauvaises consciences » ne font que renforcer, de jour en jour, auprès des citoyens à cause de leurs déclarations contradictoires sentant le soufre et semant la sédition et la discorde et à leurs comportements et leur production qui leur valent d’être poursuivis devant la justice et de mériter les sanctions qui leur imposent, au moins, de se taire et de disparaître de la scène politique sous l’accusation de pourrir la vie des Tunisiens.

Au parlement où les Tunisiens sont quotidiennement au rendez-vous d’un scandale qui ravit l’originalité au scandale l’ayant précédé un jour auparavant, à la Kasbah où la stratégie nationale anti-Covid, plus particulièrement dans son volet vaccination, est à enseigner dans les plus grands instituts de sciences po dans le monde, et au palais de Carthage où les apparitions médiatiques du Professeri et ses productions constituent des trésors à conserver pour les générations montantes, les Tunisiens se trouvent, désormais, dans la position d’un peuple obligé à digérer toutes les erreurs inimaginables dans l’attente d’une solution qui pourrait leur ouvrir la possibilité d’une petite éclaircie dans un avenir qu’on espère très proche.

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