Jamais proches de la chute comme en ce début d’été 21. La raison ? simple et nette à présent, visible, enfin, au regard de tous : le coronavirus est en train de saper nos vies. Il y a une année, il y a des mois, il y a quelques semaines encore, on en parlait comme « partie d’une crise », politique, économique, sociale, épidémique entre autres. Des « libéraux grands esprits » allaient même jusqu’à lui dénier gravité ou priorité. Et pousser les gouvernants à renoncer à toute idée de confinement. En Occident, on sait ce que ce choix de gros lobbies a d’abord entraîné. Exemples de l’Espagne, de l’Italie, puis ceux du Canada et des Etats-Unis : des millions de contaminés et des dizaines et centaines de milliers de décès. Les puissants de ce monde, parce qu’ils sont raisonnables «en dernière instance », parce que, aussi, ils en ont les moyens, ont retenu la leçon, ils ont confiné et indemnisé aussitôt. Hélas, pas nous, pays et peuples du Sud, qui avons d’autres croyances, qui ne sommes ni des Kantiens ni, encore moins, des nantis.

En fait, en pareille crise, sous nos cieux, émergent deux handicaps à la fois, un manque de rationalité et un manque d’argent. Ici, en Tunisie, s’y est ajoutée une frustration rare, celle d’être un pays de médecine et de médecins d’élite, mais d’échouer en quasiment tout dans la confrontation d’une pandémie.

Payons-nous, aujourd’hui, un cumul des causes ? Certainement, et cela compte ô combien dans la détermination des responsabilités. La chute, nous y sommes, presque, parce qu’au lieu de respecter le protocole sanitaire, nous préférons « lever les bras au ciel », nous en remettre à la fatalité, parce qu’aussi nos décideurs ont rouvert  les frontières et raté les délais de commandes des vaccins, également, oui, parce que notre médecine privée  nuit à notre médecine publique, parce que nos hôpitaux sont « en ruine »,et que nos jeunes médecins quittent par milliers le pays.  Tous responsables, tous, consciemment ou pas, à la base du gâchis. Mais que l’on prenne bien garde si tant est que l’on juge urgente, vitale, une solution. Les responsables n’y ont pas tous droit. Il y a des fautifs, des incompétents, des gens d’intérêts et de corporations qui n’avaient rien à frayer avec la santé des citoyens. Politiques, riches ou influents, erreur (fatale !) que de leur reconfier nos vies. Le corona a pris de l’avance, aujourd’hui, laissons faire notre science et nos savants, choisissons patriotiquement nos élus. Et à la chute succédera la remontée.

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Un commentaire

  1. Jack

    13/07/2021 à 10:30

    Et à la chute succédera le gouffre.

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