«Histoire d’amour et de désir» ou encore «Mejnoun Farah» en arabe, le second long métrage de Leyla Bouzid a été sélectionné pour clôturer, le 14 juillet, la section la Semaine de la Critique à Cannes 2021. Ce film, tout comme le premier, de la jeune cinéaste, est un hymne à la liberté

La Semaine de la Critique, une section parallèle du festival de Cannes, fête cette année ses soixante ans d’existence. Lancée en 1961, son ambition n’a pas changé d’un iota : permettre à la critique française de défendre et explorer au mieux la jeune création cinématographique et continuer à révéler des cinéastes du monde entier. Leos Carax, dont le film ouvre le festival de cette année, a été révélé au grand public grâce à la Semaine de la critique. Tout comme Bernardo Bertolucci, Barbet Schroeder, Alain Tanner, Ken Loach, Benoît Jacquot, Merzak Allouache, Romain Goupil, Idrissa Ouedraogo, Wong Kar-wai, Arnaud Desplechin, Benoît Poelvoorde, Anne Fontaine, Jacques Audiard, François Ozon, Gaspar Noé et bien d’autres encore.

Leyla Bouzid, diplômée de la prestigieuse école de cinéma, la Fémis à Paris, trouve bien sa place dans cette section, qui projette toujours un nombre réduit de films afin de leur offrir une plus grande visibilité. Elle dont le premier long métrage «A peine j’ouvre les yeux» (2015) a récolté une pluie de nominations et de consécrations dans les festivals internationaux. «A peine j’ouvre les yeux » raconte le quotidien d’une troupe de jeunes musiciens affrontant le harcèlement de la police de l’ancien régime, quelques mois avant la révolution du 14 janvier 2011. Le film est un véritable hymne à la liberté. Avec son second long métrage, la cinéaste continue son exploration du thème de la liberté en focalisant cette fois-ci sur la perspective de l’amour et du désir.

A travers un récit tout en nuances, Leyla Bouzid raconte la rencontre d’Ahmed, jeune homme né en France, grandi en banlieue parisienne et issu de l’émigration, et Farah, qui vient de débarquer à Paris pour poursuivre des études de lettres. Surprenant : c’est Farah, native d’un pays du sud de la Méditerranée, qui va libérer Ahmed du poids des traditions et des tabous autour de la sexualité en lui faisant découvrir une littérature érotique arabe célébrant le désir et gisant dans un patrimoine quasi oublié. Ahmed va tomber très amoureux de cette jeune fille pleine de vie et d’énergie…

«J’avais envie de montrer une masculinité moins virile parce qu’on le sait, les hommes ne sont pas que virils, parfois ils peuvent être moins à l’aise, parfois ils ont besoin d’être guidés et il faut leur permettre ça», explique Leyla Bouzid dans une récente interview. «Une histoire d’amour et de désir», nous fait découvrir la belle et charismatique Zbeida Belhajamor dans le rôle de Farah. Zbeida est une jeune étudiante des beaux-arts et artiste multitalents, chant, guitare et comédie, qui vit à Tunis. Elle est la partenaire dans le film de l’hypnotique Sami Outalbali, acteur depuis son jeune âge et ayant déjà à son actif plusieurs rôles au cinéma et à la télévision en France.

« Une histoire d’amour et de désir » vient d’être sélectionnée pour passer en compétition officielle au festival du Film Francophone d’Angoulême (24-29 août 2021).

Le film qui sortira en septembre dans toute la France sera projeté à l’automne 2021 en Tunisie dans plusieurs salles commerciales.

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