Après les cérémonies de célébration de mariages, de célébration des diplômés du bac, les anniversaires qui n’en finissent pas, voilà que les rassemblements se poursuivent. L’afflux sur les points de vente des moutons fait craindre le pire…


On court à la catastrophe. Comme on le redoutait, malgré les appels à acheter le mouton en ligne, quelles que soient les difficultés et les complications pour prévenir le risque de propagation rapide du coronavirus dans les «rahba», rien n’y fait. Des images ahurissantes nous parviennent de Raoued où l’on voit des attroupements massifs du bétail, des gacharas (spéculateurs) avec des citoyens venus acheter  un mouton sur place. Pas une, ni deux, les places aménagées pour la vente du bétail à Raoued et pas que celles-là, ont été envahies de monde. L’appel à acheter en ligne et à distance n’a pas été entendu visiblement car il n’a pas convaincu et les prix pratiqués ont refroidi les ardeurs. Alors que le plus simple et le plus sage aurait été de s’abstenir de sacrifier un mouton pour cet Aïd Al-idha en attendant l’année prochaine, même si c’est un devoir religieux et une sunna mu’âqada (obligation). Malgré le pic de contamination élevé au virus Sars-Cov-2, la majorité ne saurait se priver d’une belle fête et prend certains risques. On n’en sort vraiment plus. C’est devenu un véritable imbroglio, une situation confuse et embrouillée dans laquelle on ne sait plus comment s’y prendre. Le virus peut être transmis par le boucher qui vient égorger le mouton chez vous, par les autres membres de la famille que l’on sollicite pour la circonstance, on n’est vraiment pas à l’abri.

Risques mal calculés

Selon les estimations dans ce genre de situation où le risque épidémiologique est élevé, on peut s’attendre au pire dans 15 jours avec une augmentation de cas de contamination au covid-19. Un médecin tunisien préconise récemment pour prévenir les risques, un maximum de 5 personnes rassemblées dans une maison. Il semble qu’à partir d’un rassemblement de groupe de plus de 5 personnes, la contamination est plus risquée. Comment va-t-on faire pour limiter la catastrophe? Au moment où les hôpitaux sont saturés, les appareils médicaux défaillants, les respirateurs d’oxygène manquent grandement, une partie de la population continue à n’en faire qu’à sa tête. Par de tels agissements, elle donne du fil à retordre au gouvernement dans la gestion de la crise sanitaire même s’il n’est pas exempt de reproches avec certains choix erronés et une stratégie un peu à l’aveuglette. La situation est déjà assez compliquée et complexe à la fois, que des citoyens têtus en rajoutent une couche. Ils ne veulent pas comprendre qu’il faudrait faire abstraction sur beaucoup de choses cet été. Ils continuent à célébrer, à fêter, à festoyer dans l’indifférence générale et ne veulent pas faire l’impasse sur des impératifs personnels. Un égoïsme sidérant et un nombrilisme local.

Le message qu’il faut passer est qu’il faudra éviter coûte que coûte les grands rassemblements familiaux le jour de l’Aïd. Il ne faut pas organiser un rassemblement de plusieurs familles comme à l’accoutumée, à cause d’un contexte exceptionnel. Autre point important, au niveau des points de vente de bétail, le risque de contamination est fort avec l’absence de distanciation physique dans un petit périmètre, chose que beaucoup n’ont pas encore comprise. Pourtant, dans une récente déclaration médiatique, le président de l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur, M. Lotfi Riahi, a appelé les consommateurs «à respecter le protocole sanitaire, dont la distanciation sociale notamment pendant la période de l’Aïd Al-idha» à cause de la hausse des contaminations liées au covid-19 par milliers et des décès par centaines quotidiennement depuis le début du mois de juillet 2021. Les Tunisiens responsables et avisés l’entendront-ils de cette oreille? Qui vivra verra.

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Un commentaire

  1. Abidi

    18/07/2021 à 14:16

    Non mr les maladies ne se transmettes qu’atravers les mosquées seulement

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