Les usines de raffinage de l’huile végétale ont besoin en permanence de cette matière première pour pouvoir fonctionner et créer de la valeur. Elles font travailler un nombre important de main-d’œuvre qui risque de se trouver du jour au lendemain dans la rue.

L’huile végétale constitue une denrée de base pour les consommateurs à moyen et faible revenu.

C’est pour cela, d’ailleurs, que l’Etat a jugé utile de subventionner ce produit importé mais raffiné dans des usines tunisiennes. Il s’est avéré, depuis quelque temps, que l’huile végétale subventionnée est absente des points de vente non seulement dans le Grand Tunis mais aussi dans certaines régions intérieures.

C’est le cas, à titre d’exemple, dans le gouvernorat de Jendouba où plusieurs habitants ont lancé un appel de détresse en raison de la pénurie d’huile végétale subventionnée. Les citoyens ont affirmé que leur pouvoir d’achat ne leur permet pas de consommer l’huile végétale non subventionnée dont le prix du litre dépasse les 6 dinars.

L’huile végétale non subventionnée est vendue dans les grandes surfaces mais aussi par les épiciers. Elle est fabriquée à partir du maïs ou des grains de tournesol et commercialisée dans des bouteilles en plastique. Le citoyen moyen n’est pas en mesure de s’en procurer vu son pouvoir d’achat limité.

Que dire alors des citoyens à revenu limité qui n’arrivent même pas à acheter les produits de base ou d’une famille nombreuse qui a besoin de tant de produits de consommation ? Il semble que les spéculateurs imposent leur loi pour orienter l’huile végétale subventionnées vers d’autres utilisations non autorisées.

Dissuader les contrevenants

Les citoyens déplorent également la réaction négative des autorités concernées à leur tête le ministère du Commerce, qui n’a pas fourni aux usines de conditionnement d’huile végétale les quantités nécessaires d’huile brute. Ces usines ont besoin en permanence de cette matière première pour pouvoir fonctionner et créer de la valeur. Elles font travailler un nombre important de main-d’œuvre qui risque de se trouver, du jour au lendemain, dans la rue. D’où la nécessité pour les autorités compétentes de prendre les mesures nécessaires afin d’importer les quantités d’huile végétale à l’état pur et d’en approvisionner ces unités dont l’activité est restée au point mort.

Les citoyens à Jendouba ont, en tout cas, appelé les autorités à revoir à la hausse le quota d’huile végétale destiné au gouvernorat de Jendouba qui compte plus de 400 mille habitants, rappelant qu’une grande partie des citoyens habitant dans la région sont issus des classes moyenne et pauvre. Il faut dire que le problème ne se pose pas uniquement dans cette région mais dans toute la Tunisie où l’huile végétale subventionnée se fait rare, voire inexistante.

Les consommateurs doivent se débrouiller comme ils peuvent pour préparer leurs repas, quitte à utiliser d’autres matières disponibles.

Cette situation ne peut plus durer davantage et il est urgent de trouver, dans les meilleurs délais, des solutions radicales aussi bien pour les producteurs que pour les consommateurs afin de sauver cette filière et lui permettre de jouer encore son rôle social dans la vie des citoyens.

A titre indicatif, le quota mensuel d’huile végétale subventionnée destiné au gouvernorat de Jendouba est estimé à 260 tonnes. 20% du quota a été fourni à l’usine de conditionnement au mois de juin dernier. Pour le mois de juillet, aucune quantité d’huile végétale n’est parvenue à ladite usine qui est désormais menacée de faillite et des dizaines d’employés risquent le chômage.

Une politique à revoir

Cette situation malsaine concerne plusieurs autres entreprises de raffinage qui se débrouillent comme elles peuvent pour surmonter cette crise en attendant une réaction positive des autorités compétentes.

Le mot d’ordre donné par les professionnels est l’importation massive au cours des prochains jours de quantités d’huile végétale pour permettre aux machines de tourner et à la main-d’œuvre de retrouver son activité habituelle. C’est une urgence qui doit être prise en compte par les autorités. Sur un autre plan, il faut revoir la politique de distribution de cette huile en assainissant les circuits de distribution pour que le produit arrive à destination sans le moindre problème. Il est nécessaire également de renforcer le contrôle de tous les points de vente, y compris les dépôts de stockage pour éviter l’utilisation de cette huile à des fins illégales.

Des perturbations au niveau de l’approvisionnement en huile végétale subventionnée sont donc constatées depuis quelques années.

Cette matière est devenue une denrée rare pour le consommateur dont le pouvoir d’achat ne cesse de se dégrader d’une année à l’autre. En effet, en l’absence du produit subventionné, le citoyen paye au moins 4 dinars de plus pour chaque litre d’huile végétale acheté. Il est intolérable que cette situation perdure en privant les consommateurs d’un produit de base tant recherché.

Cette pénurie d’huile végétale est due essentiellement à la baisse incessante de la quantité annuelle d’huile brute importée par la Tunisie.

Les quantités sont ainsi passées d’environ 175 mille tonnes en 2018 à 145 mille tonnes en 2019 et à 138 en 2020.

La volonté du gouvernement de lever la subvention sur cette matière ne doit pas se répercuter sur la diminution de l’importation de l’huile brute car ainsi on peut mettre en danger plus d’une entreprise et l’on imagine bien l’impact d’un telle diminution sur l’activité des unités de raffinage, sur les employés et sur les consommateurs.

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