Les membres du collectif appellent à l’annulation de l’accord avec le Fonds du Qatar pour le développement. Ils affirment que ce traité porte atteinte à la souveraineté nationale, compte tenu de sa classification en tant qu’accord international qui garantit sa suprématie sur la loi.


Le collectif militant pour l’annulation de l’accord avec le Fonds du Qatar pour le développement a tenu hier une conférence de presse devant le siège du parti Ennahdha pour exprimer son opposition à ce traité. La conférence a été interrompue par deux individus qui ont demandé d’arrêter de filmer le siège du parti. Après une scène de dispute, Jalel Ben Brik, coordinateur général du collectif, a repris son allocution devant les journalistes. “ Ça s’est passé en Espagne, en France et au Mexique: ceux qui se sont opposés à l‘accord se sont rassemblés devant le siège du parti majoritaire qui a voté pour, afin de dénoncer  le traité signé”, a martelé Ben Brik.

Le coordinateur général du collectif  a précisé que le projet d’accord avec le Fonds du Qatar pour le développement a été présenté au parlement  il y a un an, sauf qu’il a été retiré en raison  de la prédisposition et de l’Assemblée et du peuple à le refuser. “En pleine pandémie de Covid-19 et au moment où l’épidémie fait des ravages, les partis majoritaires ont profité de l’alteraction entre Abir Moussi et Sahbi Smara pour voter l’accord et vendre la Tunisie aux Qataris. C’est un accord colonial tout comme les accords précédents qui ont été conclus avec l’Union européenne, y compris, l’Accord d’association signé en 1995 qui a permis de vendre le pays au capital colonial”, a lancé Ben Brik. Et d’ajouter : ”Nous dénonçons  tous ces accords coloniaux. Le collectif va poursuivre la lutte et l’action militante pour annuler tous les traités économiques, militaires et politiques  coloniaux conclus avec toutes les parties, en l’occurrence les Emiratis, les Qataris, les Français, l’Union européenne et les Américains.

La Tunisie est un pays souverain. Le peuple tunisien s’est battu pour recouvrer sa souveraineté. Ce combat continue. Travail ! Liberté ! Dignité nationale, est le slogan phare de  la révolution de 17 décembre/14 janvier. Nous défendons la dignité nationale.  Nous faisons partie du  peuple.  Nous sommes des progressistes qui avons  lancé ce mouvement. Il compte désormais plus de  500 signataires représentant  toutes les franges de la société, notamment  des médecins, des chômeurs, des entrepreneurs, des avocats…”.

Une marche qui aura comme point de départ le mausolée de Farhat Hached 

Le coordinateur général du collectif  a affirmé qu’un séminaire scientifique virtuel (auquel prendront part des juristes et des économistes) sera organisé  pour éclairer l’opinion publique sur l’inconstitutionnalité de cet accord. Il se tiendra le 22 juillet, date symbolique qui évoque, selon lui,  le soulèvement populaire de 1952. Il  a également affirmé que les membres du collectif ont adressé une correspondance au Président de la République Kaïs Saïed l’appelant à ne pas signer ce document “colonial”. “Si le Président de la République ne donne pas suite, nous allons organiser une marche qui aura comme point de départ le mausolée de Farhat Hached pour appeler le Chef de l’Etat  à ne pas signer l’accord. Elle aura lieu le 6 août, une autre  date symbolique qui évoque le sit-in ouvert  historique qui a rassemblé plus de 500 mille manifestants devant “l’ANC de la trahison»”, a lancé l’avocat.

Hatem Aouini, chargé des relations avec les médias et membre du collectif, a  affirmé que l’approbation de cet accord est une trahison à la nation. Il a ajouté qu’il s’agit d’un traité humiliant qui porte atteinte à la souveraineté nationale étant donné qu’il a été classé en tant qu’accord international garantissant de ce fait sa suprématie sur la loi.

“Un crime commis
à l’encontre du peuple et du pays“

A travers le communiqué officiel qui annonce la constitution du collectif, Omar El Kafi, ancien secrétaire général de l’Uget, a affirmé que le collectif dénonce ce qu’il a appelé un crime qui a été commis par le parti Ennahdha à l’encontre du peuple et du pays et qui porte atteinte à la souveraineté de la Tunisie.

“Cet accord a été classé en tant qu’accord international alors qu’il n’a pas été conclu entre deux pays, il a été signé entre un Etat et une institution étrangère”, lit-on dans le communiqué.

D’après le document, le Fonds Qatari jouit de l’immunité  de juridiction. Aussi, l’Etat tunisien ne peut pas adopter des lois ou prendre des décisions qui nuisent au Fonds que le traité lui permet d’accéder à la propriété foncière”, précise le communiqué. Les membres du collectif appellent les députés opposants à collecter le nombre nécessaire de signatures pour déposer un recours auprès de l’Instance provisoire de contrôle de la constitutionnalité des projets de loi.

Ils appellent, également, le Président de la République à ne pas signer l’accord et le soumettre à un référendum conformément aux dispositions de l’article 82 de la Constitution. 

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