Soulignant que la Tunisie est déterminée à trouver une solution globale et complète à la question de la migration irrégulière et à démanteler les réseaux de traite des êtres humains, le Président de la République a tenu à rectifier le tir en rassurant la communauté internationale quant aux capacités de la Tunisie à faire face à ce fléau.

La Tunisie, un pays de transit, a toujours été confrontée au dilemme de la migration clandestine. Source de tension avec ses voisins du sud de l’Europe, ce phénomène prend, de plus en plus, la forme d’une arme politique mobilisée par plusieurs intervenants. Les récentes déclarations du leader du parti Ennahdha, Rached Ghannouchi, en témoignent parfaitement. Mais pour le Chef de l’Etat, Kaïs Saïed, il est primordial de s’opposer à ce fléau.

Si la migration illicite est un phénomène social par excellence, ses enjeux et ses ramifications politiques sont multiples.

Des négociations entre la Tunisie et l’Union européenne, aux politiques de maîtrise des flux migratoires passant par les fins électoralistes, dans notre pays comme dans plusieurs autres contextes géographiques, la question de la migration clandestine fait, de plus en plus, partie des échiquiers politiques. En accordant une interview à un quotidien italien, Rached Ghannouchi a provoqué une nouvelle polémique dans un contexte national extrêmement délicat.

«Jusqu’à 500 mille migrants tunisiens débarqueront chez vous si la démocratie n’est pas rétablie en Tunisie», a-t-il déclaré, entre autres, ouvrant la voie à une vague de réactions et surtout de condamnations. Des déclarations qui ont été perçues mais aussi interprétées en Tunisie et à l’étranger comme une menace et comme une arme de persuasion politique. Si Ennahdha a essayé de corriger la copie de Ghannouchi en estimant que ses déclarations ont été mal interprétées, les conséquences de tels propos ont fait échos en Europe.

Kaïs Saïed rassure

Face à ces agissements politiques, le Président de la République était contraint de réagir, d’autant plus que les déclarations du leader d’Ennahdha interviennent dans un contexte national compliqué et portent sur les relations diplomatiques qu’entretient la Tunisie avec ses voisins du bassin méditerranéen.

Si Kaïs Saïed a mis en garde contre toute tentative d’exploiter politiquement ce dossier dans cette étape délicate de l’histoire de notre pays, il a martelé que «l’émigration illégale fait partie des manœuvres auxquelles nous ferons face».

« Il existe des réseaux de passeurs qui veulent reproduire les événements survenus en février 2011 et nous allons leur faire face », a-t-il promis dans un message clair adressé notamment à l’Italie, première destination des migrants tunisiens irréguliers.

Soulignant que la Tunisie est déterminée à trouver une solution globale et complète à la question des migrations irrégulières et à démanteler les réseaux de traite des êtres humains, le Président de la République a tenu à rectifier le tir en rassurant la communauté internationale quant aux capacités de la Tunisie à faire face à ce fléau.

Au fait, depuis son accession au pouvoir en 2019, le Chef de l’Etat a fait de cette question sa priorité. Il prône toujours une approche globale pour lutter contre ce phénomène, outre la solution sécuritaire. Le Président de la République avait, d’ailleurs, appelé l’Europe à adopter une approche plus globale de la question de la migration irrégulière, qui va au-delà de la solution sécuritaire pour s’attaquer aux causes profondes du phénomène, notamment la pauvreté et le chômage.

La Tunisie est un pays de transit des migrants irréguliers. Malgré une politique migratoire plus dure, les migrants d’origine subsaharienne affluent vers Tunis.

A eux s’ajoutent les jeunes Tunisiens voulant quitter le pays à tout prix. Sauf que les Etats maghrébins, dont la Tunisie, sont soumis de nos jours à la sollicitation de la part des pays européens pour collaborer de plus en plus activement dans la lutte contre les migrations irrégulières, d’où un enjeu politique et diplomatique considérable.

Selon le dernier rapport du Forum tunisien des droits économiques et sociaux sur la migration, 1.276 migrants irréguliers ont atteint les côtes italiennes, seulement entre le 1er et le 13 juillet dernier.

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