Par Mohamed BENNOUR*

Madame, vous venez de déclarer que vous n’avez pas dissimulé ou faire disparaître les dossiers relatifs aux dossiers se rapportant, si j’ai bien compris, aux «affaires» de l’organisation secrète d’Ennahdha et des assassinats de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi entre autres. Vous précisez aussi que vous aviez emporté ces dossiers chez vous en quittant votre bureau après votre limogeage par le Président de la République.
Madame, on veut bien vous croire, personne ne vous veut du mal. Mais pourquoi n’avez-vous pas organisé une conférence de presse et étalé toute la vérité ? Pourquoi n’avez-vous pas reçu le Collectif chargé du dossier de l’assassinat de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi ? Si vous aviez fait cela, toute la Tunisie se serait rangée à vos côtés.
Maintenant, qu’attendez-vous pour le faire ? Nous n’en voulons pas à votre propre personne, mais nous voulons la vérité sur ce dossier et savoir tout sur les pressions que vous auriez subies durant votre mission ministérielle.
Vous devriez comprendre que les Tunisiens et les Tunisiennes ont le droit de défendre leur pays contre toute hégémonie. Vous êtes aussi sans ignorer qu’Ennahdha et Ghannouchi ont fait un « coup d’Etat» juste au lendemain du choix de Mechichi par le Président de la République au poste de Chef de gouvernement. Ils l’ont pris en otage et ont accaparé tout l’appareil de l’Etat. Ghannouchi et sa secte ont, avec l’appui inconditionnel de Mechichi, placé leurs hommes aux postes clés de l’administration. Vous êtes aussi sans ignorer que les dossiers juridiques étaient sous le contrôle d’Ennahdha. Le magistrat Béchir Akremi était de mèche avec les dirigeants du mouvement islamiste. Tout le monde attendait de vous un sursaut pour mettre fin à ce dangereux plan de «Tamkin» (Empowertment), mais rien n’a été fait par la ministre de la Justice, nommée par intérim par Mechichi avec la bénédiction de Ghannouchi et son parti !
Aujourd’hui, après les salutaires mesures prises par le Président de la République survenues après le soulèvement libérateur des jeunes dans tout le pays, les Tunisiens aimeraient voir une Tunisienne, et je m’adresse à vous madame, nous dire toute la vérité et rien que la vérité sur les entraves qui ont marqué la période de votre exercice à la tête du ministère de la Justice.
En tout cas, je me permets d’attirer votre attention qu’en gardant ces dossiers chez vous, cela constitue une entrave aux règlements et à l’éthique. Ces dossiers appartiennent à l’Etat et par conséquent il est urgent de les envoyer avec un bordereau détaillé à Monsieur le Président de la République, en joignant une copie aux juges chargés de ces affaires.
En attendant votre conférence de presse qui pourrait être la meilleure occasion pour étayer vos arguments et dissiper les doutes.
À bon entendeur…

M.B.
*Homme politique

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