Dans sa note conjoncturelle périodique publiée au mois de juillet 2021, la Banque centrale de Tunisie indique que la croissance économique a enregistré une hausse, au cours du deuxième trimestre de 2021, qui a touché tous les secteurs en dehors de celui de l’agriculture et de la pêche.

D’après les indicateurs, la croissance du PIB a atteint 16,2 %, en glissement annuel, contre -1,7% au trimestre précédent et -19,8% au deuxième trimestre de 2020. « Cette évolution est imputable notamment à un effet de base induit par le freinage de l’activité et aux mesures de confinement durant la même période de 2020 » , ainsi que la reprise de la demande extérieure qui a bénéficié aux industries mécaniques et électriques (+56,7%) et aux industries de textile, habillement et cuir (+53%). Aussi, les industries non manufacturières ont connu une hausse de leur valeur ajoutée notamment les secteurs des mines (+24,1%) en rapport avec la reprise de la production des phosphates et de l’extraction du pétrole et du gaz naturel (+16,3%) grâce à l’apport des champs Nawara et du Halk El Menzel, entrés en production en janvier 2021.

Concernant les activités des services marchands, ils ont enregistré une hausse étroitement liée à la progression réalisée dans les filières hôtelière, la restauration (+104,7%) et le transport (+22,9%).

Par ailleurs, le deuxième trimestre 2021 a été caractérisé par une quasi-stagnation du taux de chômage situé à 17,9% contre 17,8% au trimestre précédent, moyennant au total 746,4 mille chômeurs.

Déficit de la balance alimentaire

Dans le domaine de l’agriculture, les estimations de la campagne céréalière de 2020-2021 portent sur une récolte de 16,4 millions de quintaux contre 15,3 millions réalisés par rapport à la campagne précédente, soit une hausse de 7,2%. Cette récolte des céréales est répartie entre 10,7 millions de quintaux de blé dur, 1,2 million de quintaux de blé tendre,  et 4,5 millions de quintaux d’orge et triticale. Il est à signaler que les quantités collectées, jusqu’à fin juin 2021, ont atteint 5,9 millions de quintaux.

S’agissant de la filière de l’huile d’olive, les exportations ont connu une contraction de 34,4% en volume et de 13,7% en valeur, depuis octobre 2020 à fin avril 2021, pour passer à 125 mille tonnes et 991 MDT, sachant que les prévisions initiales de la production d’huile d’olive pour la campagne 2021-2022 seraient de l’ordre de 240 mille tonnes contre 140 mille la campagne écoulée.

Autre indicateur, la balance alimentaire a enregistré un déficit d’environ 807 MDT, durant le premier semestre de l’année 2021, contre  137 MDT au cours de la même période l’année dernière. « Cette évolution est due principalement à la contraction des exportations (-10,2% contre +13%) contre une reprise des importations (+13,8% contre -8,2%). Par conséquent, le taux de couverture s’est détérioré de 20,1% pour revenir à 75,1%.

Echanges commerciaux

Selon la même source, les exportations des industries du textile, habillements, cuirs et chaussures et des industries mécaniques et électriques ont connu, au cours du premier semestre 2021, une forte reprise soutenue par la hausse de la demande extérieure émanant de la Zone euro, de +24,7% et +40,8%.

Quant aux  exportations des mines, phosphates et dérivés, elles ont poursuivi leur tendance haussière à un rythme plus accéléré que l’année précédente (8,8% contre 2,4%). En revanche, « les exportations des industries agroalimentaires ont affiché une baisse de 7,9% contre +11,2% en 2020, en relation avec la baisse de la production d’huile d’olive ».

Parallèlement à la reprise de l’activité industrielle, les importations des biens d’équipement et des matières premières et semi-produits ont affiché, au cours de la même période, une forte hausse, soient 19% et 32,8%. Pour la balance énergétique, le déficit s’est creusé de 13,6%,  passant de 2.004,2 MDT, en 2020, à 2.276,8 MDT fin juin 2021. «Cela est attribuable à la reprise des importations à un rythme plus rapide que celui des exportations (9% et 1,6%, respectivement, contre -35,6% et -3% un an plus tôt). Ainsi, le taux de couverture s’est détérioré revenant de 38,1% à 35,5% ».

L’indice des prix à la consommation familiale en hausse

L’indice général des prix à la consommation familiale a connu une hausse de 0,5% au cours du mois de juin 2021.

Cette évolution est due essentiellement à l’augmentation des prix des services (1,1% contre 0,2% le mois précédent) et des prix des produits manufacturés (0,6% contre 0,8%), tandis que les prix des produits alimentaires ont fléchi (-0,7% contre 0,6%). Au cours du premier semestre de l’année 2021, l’inflation s’est établie à 5% contre 6% l’année précédente. « Cette détente est justifiée par le ralentissement du rythme d’évolution des prix des produits manufacturés (5,1% contre 7,5%) et à moindre degré les prix des services (4,8% contre 5,4%), tandis que les prix des produits alimentaires se sont inscrits en hausse (5,3% contre 4,7%) ».

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