Le président de la République a décidé lundi la reconduction, jusqu’à nouvel ordre, des mesures exceptionnelles annoncées le 25 juillet dernier.

En vertu de cette décision, fortement dénoncée par « les opposants politiques » du chef de l’État, le gel des activités du Parlement se poursuit et les députés se voient jusque-là privés de leur immunité parlementaire.

Dans un communiqué rendu public lundi soir (à l’expiration du délai de 30 jours accordé par la Constitution), la présidence de la République a également fait savoir que le chef de l’État kais Saïed s’adressera dans les prochains jours au peuple tunisien.

Le 25 juillet dernier, le président Saïed avait annoncé à l’issue d’une réunion tenue au palais de Carthage avec de hauts responsables militaires et sécuritaires, une série de mesures qui, selon lui, s’inscrivent dans le cadre de l’article 80 de la Constitution et qui visent à protéger l’État face à un « péril imminent ».

Il a décidé de révoquer le chef du gouvernement Hichem Mechichi, de suspendre l’Assemblées des représentants du peuple, de prendre en main le pouvoir exécutif et de lever l’immunité parlementaire de tous les députés.

Les décisions interviennent dans un contexte de crise politique aggravée par une dégradation de la situation sanitaire à la lumière de la propagation de la pandémie du Coronavirus.

En effet, de violents mouvements de protestation se sont éclatés le 25 juillet, dans plusieurs régions du pays réclamant le départ du gouvernement Mechichi et les partis qui le soutiennent, notamment le mouvement Ennahdha, dont les sections régionales ont été saccagées par les protestataires.

Durant le délai constitutionnel de 30 jours, Saïed a opéré plusieurs nominations notamment au niveau du corps sécuritaire. Il a désigné Ridha Gharsallaoui, ministre chargé de la gestion du ministère de l’Intérieur, Sami Hichri, en tant que directeur général de la Sûreté nationale et Chokri Riahi à la tête de la garde nationale.

Alors que des partis politiques, en particulier Ennahdha, n’ont cessé d’appeler au retour au fonctionnement normal des institutions de l’État, Saïed a réaffirmé à maintes reprises « qu’il est hors de question de revenir en arrière » (en allusion à la situation d’avant le 25 juillet).

Les mesures exceptionnelles ont été accompagnées par des arrestations ainsi que des décisions d’interdiction de voyage et d’assignation à résidence ayant touché de hauts dirigeants, d’anciens ministres, des hommes d’affaires, des députés et des magistrats.

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