Pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, après avoir atteint l’objectif de 50% de vaccinés, des experts scientifiques appellent à généraliser la vaccination à l’ensemble de la population pour atteindre l’immunité collective. Les jeunes et adolescents sont appelés à se faire vacciner, mais… 

Même si tout n’est pas gagné, loin s’en faut, dans la lutte contre la propagation du virus Sars-Cov-2 sur le territoire tunisien, la campagne de vaccination tous azimuts augure d’une nouvelle réalité. Les indicateurs sont au vert puisqu’on parle de plus de cinq millions de personnes inscrites sur la plateforme Evax, soit quasiment la moitié de la population en âge d’être vaccinée. Au cours du mois d’août particulièrement, les journées portes ouvertes et l’accélération du rythme de vaccination par corps de métier ont amélioré la cadence du calendrier vaccinal et redressé la barre. Après un été pénible de confinement en confinement et un couvre-feu durci à mesure que la situation s’aggrave et ne devienne critique, la population reprend enfin espoir pour retrouver un semblant de vie normale. L’autorité présidentielle, qui a «secoué le cocotier» il y a un mois, a donné un nouvel élan au rythme de vaccination qui a grimpé comme jamais et fait montre d’une efficacité redoutable comme par enchantement. La Tunisie a reçu de nombreux dons de doses de vaccin de divers horizons au fur et à mesure que les statistiques des pompes funèbres empiraient, ce qui favorise une sortie du tunnel.

Actuellement, on recense 647.483 cas de personnes contaminées du covid-19, dont 599.440 guérisons et 22.860 décès, la Tunisie n’est pas au mieux, se hissant à la 45e position mondiale de ce classement déplorable. Le variant indien Delta, beaucoup plus facilement transmissible et fortement contagieux que les précédents, a fait de gros dégâts sur notre territoire décimant des milliers de vies en l’espace de quelques mois. Un mal pour un bien puisque l’objectif initial de 50% de vaccinés est atteint, même s’il faut attendre que l’ensemble ait reçu les deux doses. Une issue qui fait son bonhomme de chemin favorablement à la façon des jeunes qui ont accouru vers les journées portes ouvertes et ont reçu, pour certains d’entre eux, deux doses distinctes alors que des personnes inscrites sur la plateforme Evax ne le sont pas encore, mais pour pas très longtemps en présumé. En lisant les témoignages des médecins tunisiens, il est nécessaire  d’accélérer encore le rythme de vaccination et aller vers un nouvel objectif de 90% de la population vaccinée pour atteindre l’immunité collective.

Vers un «pass sanitaire» ? 

Après quoi le comité scientifique de lutte contre le coronavirus planche sur une stratégie de réorganisation de la sphère collective, de la vie en société sans profonde métamorphose. Le «pass sanitaire», qui entre dans ce cadre, peut constituer une solution, même s’il ne fait pas l’unanimité en dehors de nos contrées pour son aspect discriminatoire puisqu’il peut empêcher certaines personnes d’accéder aux supermarchés pour acquérir des produits de première nécessité au seul motif de non-justification de vaccination, ce qui est antisocial…

Le fameux «pass sanitaire» qui fait des remous en France, notamment pour son côté stigmatisant et rigide créant un tollé au sein d’une frange de la population contre cette mesure devenue forcément impopulaire. Ce document indispensable qui atteste que l’on soit vacciné et qui doit être justifié pour fréquenter de nombreux espaces publics n’est pas du goût de tout le monde. Qu’en est-il en Tunisie ? Faouzi Addad, professeur en cardiologie, a fait une révélation importante à ce sujet jeudi 26 août 2021 dans la matinée sur les réseaux sociaux : «L’application du pass sanitaire pour les plus de 40 ans, après la prochaine journée «Portes ouvertes», qui représente une occasion pour les retardataires de se faire vacciner, me semble être une excellente décision de la part de notre comité scientifique. Il est temps que les citoyens vaccinés retrouvent une vie presque normale et que chacun prenne ses responsabilités. Certes, le débat sur les libertés individuelles est brûlant en ce moment dans le monde,  mais notre pays n’a pas les moyens de laisser les caprices de certains détruire notre économie et notre stabilité. Nous ne sommes que 12 millions et tous les Tunisiens de plus de 40 ans devraient être vaccinés. C’est une obligation sanitaire dans le cadre d’une solidarité nationale. Pour les plus jeunes, le risque d’atterrir en réanimation est plus faible et donc la pertinence de la vaccination s’intègre plus dans un but de limiter la circulation du virus. Il faut ouvrir les stades aux vaccinés, les cinémas, les théâtres et les restaurants et cafés aux plus de 40 ans à partir de lundi prochain. Un SMS ou un QR code devra être adressé à tous les vaccinés pour pouvoir entrer dans ces lieux. Arrêtons le laxisme car une nouvelle vague pourrait s’installer à cause des mariages et des soirées qui ne respectent aucun protocole sanitaire. Le couvre-feu de minuit n’est pas respecté. Nous sommes retombés dans le laxisme habituel». Un avertissement tout en parodie sans frais.

Sur un ton parodique, un internaute a souligné que le Tunisien a dû combattre, outre le virus Sars-cov-2, les méduses en mer dans certaines plages, les conséquences de la médiocrité des décisions et de la gestion de la crise sanitaire dans un récent passé qui dépassent le seul cadre des compétences. En attendant, les personnes vaccinées avec une double dose sont priées de retirer leur imprimé ou de le télécharger sur la plateforme Evax.

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