Ce n’est pas à la veille d’une campagne de qualification pour le Mondial qu’on donne leur chance aux novices au détriment des titulaires.

Farouk Ben Mustapha, Moez Hassan ou encore Aymen Mathlouthi : voilà des gardiens de but qui, à un moment ou à un autre, ont été imposés par les sélectionneurs nationaux car ils sont leurs premiers élus. Et même si le gardien en question ne figure pas au premier rang dans son club à l’instant «T», il est considéré comme le premier gardien de la sélection nationale. On comprend, dès lors que, même dans les moments où le gardien en question connaît une mauvaise passe, lui donner encore sa chance en équipe nationale relève du devoir du sélectionneur. Ce dernier est appelé également à communiquer à son entraîneur de club pour lui signifier qu’on a besoin de lui en sélection. A défaut, le gardien de but en question doit trouver un autre club où il bénéficie régulièrement de temps de jeu. Un club où il a le statut de premier gardien.

Le cas Kasraoui

En 2005, Hamdi Kasraoui était bien parti pour prendre la succession d’Ali Boumnigel. Premier gardien de l’Espérance de Tunis et jouant régulièrement en Afrique avec son club, il avait le profil pour succéder à Boumnigel qui s’apprêtait à prendre sa retraite internationale. Une retraite qu’il a fini par prendre en 2007 et celui qu’on préparait pour prendre la succession, au moment où il était à l’apogée de sa carrière, a fini par devenir le premier gardien de l’équipe de Tunisie.

En 2009, Hamdi Kasraoui tenta une aventure en France en s’engageant au profit du RC Lens. Sauf que les choses ne se sont pas passées comme prévu. Alors qu’il était censé signer pour devenir le premier gardien du RC Lens, il a été mis à l’écart par l’entraîneur du club lensois de l’époque, le Croate Vedran Runje. Kasraoui a attendu le 23 janvier 2010 afin disputer son premier match officiel sous les couleurs de Lens, en Coupe nationale. Puis, c’était la traversée du désert. Et comme pour un gardien de but disputer des matches est essentiel pour qu’il préserve ses réflexes (les entraînements ne suffisant pas pour les garder intacts), Kasraoui avait demandé à l’époque de jouer avec l’équipe de Lens évoluant en CFA. Cela n’avait pas suffi pour qu’il préserve sa place en sélection. Il avait fini par prendre sa retraite internationale en 2012, sachant que ses dernières années en sélection, il les avait passées sur le banc des remplaçants.

Son successeur Aymen Mathlouthi, qui était entre autres le premier élu de Sami Trabelsi, avait dû bénéficier à la veille de la CAN 2013 d’une préparation spécifique afin qu’il soit prêt étant donné qu’il s’était blessé à la veille du tournoi continental. Car il était tout simplement le premier gardien de but de l’équipe de Tunisie. Au moins en 2013, les choses étaient claires.

Moez Hassan, ce gardien venu d’ailleurs…

A la veille de la Coupe du monde 2018, il y avait un gros problème de gardien de but en équipe nationale. Pour résoudre le problème, le sélectionneur national de l’époque Nabil Maaloul et le bureau fédéral ont fait débarquer de Nice Moez Hassan. Ce gardien de but venu d’ailleurs s’est imposé illico comme premier gardien. C’était le deal. Sauf qu’à cause d’une méchante blessure, l’aventure de Hassan au Mondial russe n’a duré que 16 petites minutes. Retour à Aymen Mathlouthi comme premier choix du staff technique national. Entre temps, on avait imposé pendant plus d’une année Moez Hassan bien qu’il ne jouât pas en club.

Ben Mustapha, l’enfant maudit !

Avec l’arrivée de Mondher Kebaïer aux commandes de la sélection, le choix a été porté sur Farouk Ben Mustapha, devenu pendant un certain temps le premier gardien de l’équipe de Tunisie et de l’EST avant qu’il ne commette une gaffe en club «grâce» à laquelle Moez Ben Chérifia a retrouvé sa place de premier gardien de l’équipe «sang et or». Ce dernier n’a jamais figuré comme premier gardien de l’équipe de Tunisie, ne bénéficiant d’aucune minute de jeu durant la majeure partie des rassemblements du Club Tunisie, même s’il s’agit de matches amicaux.

Titulaire en club, Moez Ben Chérifia a été écarté de la dernière liste de Kebaïer au même titre que deux autres gardiens titulaires, Atef Dkhili et l’éternel titulaire en sélection remplaçant en club, s’il en dispose, Moez Hassan. Des gardiens titulaires en sélection écartés au profit d’un remplaçant en club, Farouk Ben Mustapha et de deux novices, Ali Jemal et Béchir Ben Saïd. On parle toujours de sélection et non pas de club.

En faisant ce choix footballistiquement peu «orthodoxe», Kebaïer remet son statut de premier gardien à l’enfant maudit, Farouk Ben Mustapha, auquel il a préféré Moez Hassan lors du dernier rassemblement de la sélection.

Ce n’est pas à la veille d’une campagne de qualification pour le Mondial qu’on donne leur chance aux novices au détriment des titulaires, notamment quand il s’agit du poste de gardien de but. A quoi pense Mondher Kebaïer en faisant ces choix de gardiens ? Qu’a-t-il en tête ? Lui seul le sait.

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Charger plus par Walid NALOUTI
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Un commentaire

  1. Oussama

    30/08/2021 à 16:13

    Il faut se rappeler le remplacement du grand Attouga en 78 par Neili.

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