Les mesures de confinement mises en place en réponse à la pandémie du covid-19 ont conduit à une chute brutale de l’activité économique et de l’emploi.  Un double choc à la fois d’offre et de demande, par sa nature, et fortement différencié selon les secteurs et selon les régions.

Globalement, les ménages n’ont pas bénéficié d’une protection efficace de leur revenu.Pour les entreprises, le soutien à la liquidité n’a pas été efficace, de sorte que le risque pèse sur leur solvabilité.

L’objectif final de la nouvelle politique économique est de soutenir les entreprises et les ménages à se préparer vers l’après, covid-19, dans la perspective d’une transition économique et sociale nouvelle.

L’économie de marché, dans l’optique libérale et néolibérale, d’avant le 14 janvier 2011, a été réduite à un capitalisme qui confère le pouvoir qu’aux seuls détenteurs de capitaux et où l’accumulation du capital est la finalité.  Cette représentation compacte du marché-économie-entreprise est à la base des déséquilibres structurels et source de déviance sociale.

Les mesures de confinement mises en place en réponse à la pandémie du covid-19 ont conduit à une chute brutale de l’activité économique. En est résulté un choc inédit par sa nature, à la fois d’offre et de demande, et fortement différencié selon les secteurs. Des mesures de soutien au pouvoir d’achat sont également nécessaires, ciblées sur les ménages les plus modestes qui ont la plus forte propension à consommer. La crise sanitaire induit aussi un réexamen des priorités collectives qui justifie de nouveaux investissements, du fait notamment des enjeux environnementaux, de souveraineté économique, de la numérisation et d’un effort accru en faveur de la santé.

L’ensemble de ces mesures représente un coût budgétaire important et la forte incertitude sur la dynamique économique implique que son ampleur soit réduite. Nous préconisons un plan Global de Ri-lance (Rigueur + re lance) nécessaire pour soutenir l’économie et restaurer le système économique et social.

Un plan de soutien

L’objectif du plan est de soutenir l’économie et l’emploi. Correspondant à l’équivalent des pertes estimées de création de richesses réelles en 2020-2022.  Selon nos estimations, «la Tunisie perdrait 25 milliards de dinars de PIB réel à fin 2022, avec la crise provoquée par  la pandémie du coronavirus. Les pertes estimées, selon nos calculés (corroborées par L’INS et par la BCT) seraient de l’ordre de-20% qu’il s’agit de récupérer sur 3 ans.

Ce plan, dont le montant représente 25 milliards de DT (environ 7% du PIB), sur 3 ans, aux prix courants, devrait être exécutable dès à présent, pour s’étendre sur trois ans (2021-2024). Il viserait à éviter que la crise sanitaire liée au coronavirus ne provoque un effondrement de l’économie nationale. Le premier objectif serait la création de 170.000 emplois, sur les 3 ans :

Le dispositif à mettre en place devrait consacrer :

-35% des financements du plan de sauvetage global, à l’amélioration de la compétitivité économique du pays.

-30% au développement de l’investissement public dans l’infrastructure de base et les sources d’énergie plus respectueuses de l’environnement.

-25% au soutien à l’emploi privé inclusif, particulièrement malmené par la crise et 10% au soutien des catégories sociales vulnérables ,

Le premier volet du dispositif sur la compétitivité devrait inclure une baisse d’impôts sur trois ans (2022-2023-2024). Ainsi qu’une réduction des contributions et cotisations payées par les entreprises, quel que soit leur niveau de rentabilité.

Le deuxième volet porte sur la cohésion sociale et régionale. Il devrait prévoir des investissements dans la santé, l’éducation et l’emploi des jeunes. Et ce, via notamment des primes à l’embauche et des dégrèvements fiscaux pour les entreprises. Ce plan doit, aussi, prévoir des investissements dans les BTP, les transports, notamment le ferroviaire, la construction et la réhabilitation des infrastructures publiques (écoles, hôpitaux…). Le logement social et l’industrie solaire /photovoltaïque, élément clé de la transition énergétique et écologique, devront, aussi, bénéficier de financements sur trois ans. Le creusement du déficit des finances publiques serait financé par un emprunt national intérieur et compensé par le surplus de recettes fiscales généré par la relance des investissements et de l’emploi, dès 2022. Les pouvoirs publics pourraient ramener l’économie à ses niveaux d’avant la crise (2019 : NB : PIB aux prix du marché : 113.848,41 MDT (2019) – 22% = 25 Milliards DT) d’ici fin 2023, alors que le pays s’achemine vers la pire dépression qu’il a connue depuis l’Indépendance, avec une contraction du PIB de l’ordre de – 22% pour l’instant, mais qui devrait s’établir à -34,89%, d’ici fin 2021.

Ce plan de relance vise à faire en sorte que notre économie ne s’effondre pas, que le chômage n’explose pas».

Aujourd’hui, l’économie tunisienne présente un certain nombre de caractéristiques déviantes qui se sont exacerbées avec la pandémie.

(Suite)

T.E.A (Economiste –universitaire Professeur Associé à l’IHET)

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