Après la lettre ouverte appelant à la généralisation de la vaccination anti-covid-19 à tous les centres de soins de base (CSB), certains médecins indiquent qu’il est temps de se passer du système Evax et de faire fonctionner les CSB, si on veut vacciner plus de 50% de la population d’ici à octobre 2021.


A quelques jours de la rentrée scolaire et universitaire, la délicate question de la vaccination contre le covid-19 se pose, encore une fois, et le débat fait rage, parce qu’on sait que le variant Delta est hautement contagieux, de sorte qu’il pourrait infecter presque tous les habitants de la terre, peu importe à quel point ils essaient de s’en protéger. Certes, la situation épidémiologique est changée graduellement avec le lancement de journées portes ouvertes de vaccination anti-covid, mais on est encore loin d’être protégé de ce variant qui continue de se propager à travers le monde à un rythme exponentiel et pourrait bientôt devenir le variant dominant dans le monde. Aujourd’hui, on est à peine 20% de la population entièrement vaccinées contre le covid-19, mais selon les professionnels du secteur de la santé, actuellement, le pays passe par une accalmie et dès la prochaine rentrée scolaire, il va y avoir une recrudescence de cas graves, saturation des hôpitaux, manque d’oxygène…

A cet égard, afin d’encourager les gens à se vacciner le plus tôt possible, puisqu’il n’y a d’autre solution, pour coexister avec ce virus, que la vaccination pour éviter l’infection par une maladie dangereuse et réduire le risque d’hospitalisation, le président de la Société tunisienne de pédiatrie (STP), Dr Mohamed Douagi, indique qu’il est temps de se passer du système Evax et de faire fonctionner les CSB (Centres de soins de base), si on veut vacciner plus de 50 % de la population d’ici octobre . Cet appel intervient quelques jours après la lettre ouverte au chargé du ministère de la Santé, appelant à la généralisation de la vaccination anti-covid-19 à tous les centres de soins de base; 2.100 centres répartis dans tout le pays, y compris les zones les plus éloignées. L’objectif était d’assurer l’équité en matière d’accès à ce service essentiel dans la lutte contre la pandémie et garantir le succès de la campagne nationale de vaccination.

La gestion par priorité n’a plus de sens

A ces propos, Faten Taktak, médecin spécialisé en acupuncture, indique que les CSB vaccinent depuis plus d’un mois, mais l’afflux est faible de jour en jour, malgré la présence de plus d’un millier de CSB dans les zones rurales et que ces établissements permettent aux personnes non encore inscrites de s’inscrire sur place. Mais pour généraliser cette expérience, il faut de la publicité, faire des journées portes ouvertes aux niveaux des CSB, ne plus exiger de rendez-vous et appeler ainsi qu’inciter les gens à aller se faire vacciner. Ce qui fait qu’une gestion par tranche d’âge et/ou par priorité n’a plus de sens aujourd’hui.

Pour sa part, Dr Abdelwahed El Abassi, médecin pionnier des soins de santé primaires, ancien haut cadre international de l’Unicef et de l’OMS, affirme qu’il ne fallait pas opposer ceci à cela, mais évoluer rapidement vers une vaccination de proximité disponible et, surtout, responsabiliser les équipes locales des circonscriptions sanitaires pour la programmation et l’organisation avec l’appui logistique et technique requis (CSB, médecins de libre pratique, médecine scolaire, médecine du travail…). « Evax doit rester comme un acquis qui peut s’adapter aux besoins d’une gestion décentralisée… Il est de bon conseil que le niveau central lâche du lest pour la programmation opérationnelle au profit d’un rôle plus stratégique de pilotage et d’appui au niveau des circonscriptions sanitaires. Le système d’inscription directe par le citoyen sur Evax doit continuer, mais en relation avec les circonscriptions locales pour prise en compte dans leur programmation… Il est aussi de bon conseil aux politiques de ne pas trop tirer sur la corde des résultats immédiats et favoriser le déploiement de la vaccination dans les structures de première ligne. Nous avons deux ou trois mois pour atteindre de bons objectifs de protection pour notre population et, en particulier, ses groupes les plus vulnérables… Essayons de le faire aussi vite que possible, mais en renforçant notre système de santé sur lequel nous devons compter pour lever, dans la durée, les défis de cette pandémie », explique-t-il.

Un avis partagé par Alya Abdelaali, pédiatre, qui ajoute qu’il est temps aussi de faire des campagnes de sensibilisation et de dire aux gens que le vaccin est le seul moyen pour être protégé. Pour ce faire, il faut expliquer aux gens pourquoi il est nécessaire de se faire vacciner… « La campagne s’essouffle parce que les gens convaincus sont arrivés à se faire vacciner, reste les vaccinosceptiques, ces hésitants qu’il faudra convaincre…Et pourquoi pas exiger le certificat de vaccination dans les postes du travail en public ou privé pour au moins inciter les gens à se faire vacciner, c’est le principal moyen de pression pour augmenter le taux de vaccination contre le covid-19 », indique-t-elle.

Charger plus d'articles
Charger plus par Meriem KHDIMALLAH
Charger plus dans Nécrologie

2 Commentaires

  1. hedi ben said

    02/09/2021 à 10:37

    Félicitations!

    Répondre

  2. hedi ben said

    04/09/2021 à 09:16

    ils ne comprennent rien. les pauvres.

    Répondre

Laisser un commentaire