L’idée de faire du ciné-tourisme en Tunisie est à applaudir, mais encore faut-il y travailler pour séduire les grosses productions à choisir la destination Tunisie pour tourner de nouveaux films cultes… Y a-t–il un plan pour la période post-covid ?

83 millions de dinars sont les revenus des films étrangers tournés au Maroc en 2019. Soit : 22 longs-métrages ,39 publicités, 16 feuilletons, et 11 programmes télé venant du monde entier. Nombre d’autorisations de tournage pour les films étrangers : 686. Qui dit mieux dites-vous ? Avec ou sans jeux de mots :  le tournage des films étrangers fait tourner la machine économique chez nos amis auxquels on souhaite bonne chance et grand bien leur fasse tant qu’ils se sont retroussé les manches… Et nous ? Pourquoi pas nous ? Pourquoi notre pays n’a plus pignon sur rue dans la cartographie des tournages étrangers ?… Certes, on continue à accueillir quelques tristes budgets étrangers, des budgets pas trop gras par comparaison à nos amis et venant de pays qui n’ont rien à voir avec les grosses et juteuses super-productions américaines… On vivote sans réflexions… Sans débats sur la question… Comme l’épicier du coin qui respire difficilement… Qui voulait un jour avoir les super-poumons d’un super-marché, super-achalandé, mais qui a déchanté.

Malheureusement, il existe chez nous d’anciens réflexes politico-administratifs basés sur un mélange de méfiance, de tremblement, de bureaucratie presque stalinienne qui nous empêchent d’avancer. Force est de croire aussi au manque de volonté politique ou d’une culture nouvelle qui considère que la culture peut aussi être comme une ressource économique pour le pays et pas simplement comme une tare. A un certain moment au ministère de la Culture, il y avait un guichet unique censé faciliter les démarches pour les tournages de films étrangers en Tunisie. Cela n’a facilité que partiellement les choses… Et encore ! Aujourd’hui… Quant au tournage avec les drones, il faut solliciter le ministère des Affaires culturelles, celui du Transport, celui de l’Intérieur et, enfin, celui de la Défense et attendre… jusqu’à trois mois.

Mais là encore, il ne faut pas ouvrir un guichet et attendre que les demandes de tournages arrivent. Il s’agit de créer ses chances et d’aller proposer ailleurs et «vendre» la Tunisie en tant que terre de tournage. Un simple stand au festival de Cannes est une démarche éculée. Aujourd’hui, il s’agit de créer un  lobbying pour soutenir cette idée. Nous précisons ici que le mot lobby est à prendre dans son sens constructif de soutien à une cause. Et voici que nous sommes brusquement mis à nu… Car la Tunisie n’a pas de diplomatie culturelle ni de réseau culturel pour soutenir son image et ses sites de tournage à l’étranger. Dans nos ambassades, les chargés culturels remplissent d’autres tâches administratives et très peu culturelles… Un lobbying, ça se travaille et sur des années s’il le faut, de manière à donner de la visibilité au cinéma tunisien et à ses difficiles combats… Au ministère des Affaires étrangères, il ne semble pas y avoir un bureau chargé de la promotion de la culture et des sites de tournage à l’étranger par exemple… Il y avait même à un certain moment l’idée de la création d’un «Tunsian film institute»  pour booster la destination Tunisie pour les tournages entre autres. Après un séminaire de trois jours le projet n’a plus revu le jour.

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Charger plus par Salem Trabelsi
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