Ah bon ? Monsieur le président de la CAF a-t-il reçu doléances et demandes de protection de la part des millions de touristes étrangers qui déambulent à n’importe quelle heure de la journée et de la nuit sur tout le territoire tunisien? Étaient-ils, se sentaient-ils menacés par quoi que ce soit et avaient-ils la sensation de se sentir en danger ?
Les milliers de spectateurs qui ont occupé les gradins de Radès n’ont pas arrêté de chanter les leurs et de les encourager. Si La VAR de la CAF, qui en est pleinement responsable, ne fonctionnait pas, les différentes chaînes de télévision qui ont retransmis le match fonctionnaient parfaitement. Elles transmettaient l’image d’un public en fête, comme dans n’importe quel stade du monde. D’ailleurs même nos frères et hôtes marocains se démenaient et s’exprimaient librement, drapeaux claquant au vent, leurs chants tout aussi bien que les quolibets lancés envers leurs adversaires n’ont jamais dépassé les limites du fair-play et de la bonne tenue.
Où ces messieurs de la CAF ont-ils vu des signes de danger et de conditions exprimant des menaces verbales ou physiques?
La Tunisie, et ce n’est pas notre appréciation, est un pays sûr. On y vient de tous les coins du monde et cela prouve que ces excuses sont dénuées de fondements. Mais comme la CAF est responsable de l’organisation et de sa VAR, et comme cela a complètement coulé, de ce côté-là, il fallait une excuse, un alibi, n’importe quoi, pour s’en sortir. L’entourloupette aurait dû être moins flagrante, un peu moins grosse, plus…crédible que cette excuse évoquée qui dégouline de désarroi, de trouble et gêne mal contenue. Elle démontre que les véritables responsables de ce fiasco ont parlé sans penser et que cela équivaut à tirer sans viser.
Nous avions déjà soulevé dans ces même colonnes, il y a quelque temps, la situation et les déboires de cette CAF qui ne veut pas grandir et qui dirige le sport le plus populaire de la planète à partir de réunions feutrées, coupées du monde et des réalités du terrain. Les informations que véhiculent les organes de presse prouvent que l’ambiance qui y règne est tout ce qu’il y a de plus …inconvenante pour un organisme de cette importance. C’est leur affaire si c’est leur façon de diriger un sport comme le football, où les intérêts et les engagements deviennent de plus en plus contraignants.
Rien en fait n’a changé depuis le départ de Hayatou qui l’étouffait. L’actuel comité se laisse aller et influencer par des problèmes personnels ou exogènes, des accusations fondées ou infondées, qui desservent les intérêts du sport roi dans le continent.
Les clubs, à la faveur de cette faiblesse des principales parties prenantes, ont ainsi pu prendre l’ascendant sur une confédération qui se débat dans ses propres problèmes et s’enlise de jour en jour dans des marécages d’accusations, qui risquent d’engloutir tout ce que les clubs essaient de faire. Le problème n’est pas de défendre l’Espérance ou les intérêts d’un club, d’où qu’il soit, mais bien de considérer que la gestion de l’instance africaine qui devrait maximaliser les forces humaines de cette force montante qu’est le football africain est en déroute, faute de rigueur, de bonne gouvernance et de conduite irréprochable pour inspirer la confiance, le respect et l’espoir.
La seule question qui aurait dû être posée et qui résume tous ces grenouillages est bien de se demander pourquoi n’a-t-on pas veillé à la bonne réception du matériel à temps, et a-t-on fait jouer ce match si la VAR ne fonctionnait pas ?
Et voilà que pour répondre à cette question fondamentale, on nous sort cette controverse relative à la sécurité qui a fait sourire même les plus incrédules.
Il y a bien deux sortes de cécité au sein de la CAF : les aveugles de la vue et les aveugles de la vie, dit-on….

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