SUR la scène politique post-25 juillet, Abir Moussi, la présidente du Parti destourien libre, qui a fondé toute la stratégie de son parti sur la diabolisation des nahdhaouis jusqu’à exiger la dissolution pure et simple de leur parti, a-t-elle encore un discours à faire entendre, une fois que le Président Kaïs Saïed a tiré la couverture sous les pieds d’Ennahdha et a dévoilé à l’opinion publique et internationale ses véritables desseins et ses objectifs que ses dirigeants ont réussi à dissimuler durant plus de dix ans. Idem pour le Courant démocratique, le parti des « hommes propres, intègres et réputés — comme ils sont parvenus à nous convaincre — pour leur guerre sainte contre la corruption et la malversation ».

Ainsi, a-t-on le droit de s’interroger : qui va encore écouter les discours de Ghazi Chaouachi, Hichem Ajbouni, Samia Abbou ou Nabil Hajji, sur la traque des corrompus et des corrupteurs au moment où les Tunisiens sont unanimement persuadés que l’éradication de la corruption et de la dépravation, et la purification de la Tunisie post-25 juillet constituent, désormais, une mission historique confiée à l’homme dont le mérite est d’avoir réussi à redonner espoir aux Tunisiens et le droit absolu d’accéder à la liberté, à la dignité et à la démocratie, idéaux sur lesquels s’est basée la révolution du 17 Décembre-14 Janvier.

Autant d’interrogation qui concernent également les autres partis politiques présents sur la scène nationale, notamment Ennahdha qui vit ses moments les plus difficiles sous la menace d’une implosion dont la concrétisation n’est plus qu’une question de semaines, voire de jours, mais dont les dirigeants entourant encore le président Rached Ghannouchi donnent impression qu’ils s’accrochent désespérément aux avantages et aux dividendes d’une époque qui a vécu, mais dont ils refusent d’admettre qu’elle fait maintenant partie du passé.

Ces interrogations s’imposent aujourd’hui dans les discussions des Tunisiens qui se demandent si les partis politiques ont encore un rôle à jouer dans la Tunisie post-25 juillet.

Et ces Tunisiens vont encore plus loin pour s’interroger : ces partis ont-ils encore une raison quelconque pour continuer à exister ?

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