L’après-25 juillet en Tunisie a bien suscité l’intérêt des pays frères et amis mais particulièrement ceux qui sont des partenaires. Cet intérêt grandit notamment en cette période de morosité économique mondiale et de quasi-inertie à l’échelle nationale (et nos échéances qui arrivent à terme).

Et si on essaye d’analyser cette succession de réactions et de communiqués, on peut déduire qu’il existe une appréhension de ce qui se passe en Tunisie après le 25 juillet.

En effet, après les questionnements, sont venus les appels au dialogue. Les choses ont même évolué vers des déplacements de hauts responsables.

Ces derniers cherchent des réponses claires de la part du Président de la République, qui mène cette période transitoire, ainsi que l’élite tunisienne,  dont des militants de la société civile et des fondations qui suivent le cas tunisien…

Le dernier communiqué du G7 confirme que leurs questionnements sont restés jusque-là sans réponses. Et outre l’appel à l’urgence de voir un gouvernement en place ainsi qu’un parlement élu, ces partenaires appellent à ce qu’un dialogue soit lancé avec toutes les sensibilités politiques existantes. Ils espèrent voir les valeurs démocratiques au centre des relations de la Tunisie avec ses partenaires.

Cela dévoile implicitement que ces derniers ne sont pas d’accord de voir persister le flou par rapport à ce que le Président Kaïs Saïed compte faire. Et l’appel à ce qu’un gouvernement soit mis en place dans les prochains jours confirme ces inquiétudes…

Habituellement, le G7 ou les diplomaties des grandes puissances ne recourent que rarement à des communiqués (ils le font généralement dans le cas des pays en difficultés extrêmes ou qui se sont égarés des processus démocratiques), dans le cas tunisien cela relève des inquiétudes persistantes de leur part quant à la sortie de crise. Pour ce qui est de leur « approbation » ou pas de ce que le Président Saïed a entamé depuis le 25 juillet, et au vu de leurs réactions immédiates dès lors, il est clair que ces partenaires, notamment les États-Unis et l’Union européenne, n’avaient pas refusé le processus de Saïed. 

C’est dans cette même perspective que le Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, vice-président de la Commission européenne, Josep Borrell, est en visite officielle en Tunisie depuis hier. À son programme, bien des rencontres avec des représentants de la société civile tunisienne et des acteurs politiques, mais surtout une réunion avec le Président, Kaïs Saïed.

Certains analystes s’interrogent sur la portée de cette visite qui vient suite au communiqué du G7, alors que d’autres formulent, d’ors et déjà, des pensées peureuses de voir planer un certain « isolationnisme ». Ce que l’on peut dire est que cette effervescence diplomatique autour de la Tunisie, bien évidemment en corrélation avec ce qui se passe en Libye et les prochaines élections dans ce pays, outre les problèmes sécuritaires dans la région, ne peut que renforcer les liens tissés depuis longtemps entre notre pays et son environnement régional et international.

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