Le monde entier nous regarde. Tout le monde s’interroge: quel cap choisira la Tunisie ? Celui de la démocratie et de la liberté ou celui du repli et de la dictature ? Les pays frères et amis ont le droit de s’inquiéter. Ils craignent que le modèle démocratique sur lequel ils ont misé dans le monde arabe s’écroule. Et que tout ce qu’ils ont investi en termes de programmes et de projets pour accompagner la transition démocratique parte en fumée. Non, «il n’y aura pas de retour en arrière». Ces propos ont été tenus par le Président de la République. Mais ils ont été confinés dans une interprétation stérile, à savoir qu’il n’y aura pas de retour au système d’avant le 25 juillet. C’est peut-être l’intention du Chef de l’Etat. Une intention à laquelle on n’adhère pas, car pour le peuple il ne faut pas qu’il y ait un retour en arrière à la fois pour éviter une démocratie de façade qui ne fonctionne que pour les intérêts étriqués des hommes politiques et partis véreux, mais aussi il n’est pas question d’une dérive qui renoue avec le despotisme et la dictature. Les Tunisiens ont applaudi ce changement car il porte l’espoir d’un renouveau démocratique avec tous ses bienfaits qui vont rejaillir positivement sur la société, l’économie et le pays.

Il n’empêche qu’on ne peut donner du crédit aux intentions, aussi nobles soient-elles, si dans les faits, des événements tracassent tous ceux qui sont épris de liberté. En effet, l’annonce d’une feuille de route qui rassure sur la préservation du processus démocratique devient un must. Les restrictions sur les libertés individuelles pour quelques personnes assignées à résidence surveillée ne doivent pas violer les droits constitutionnels de ces personnes. On n’enferme pas, dans une démocratie, les voix libres même si elles ont dérapé. On ne traduit pas les civils devant les tribunaux militaires sauf s’il y a un acte grave qui met en péril la sécurité du pays. Car de tels actes entachent la démocratie. Certes, dans cette phase transitoire, il y aura des hauts et des bas, mais il n’appartient à personne de pouvoir faire revenir en arrière ceux qui se sont libérés. Les Tunisiens, qui savent que la liberté n’est pas sans risque, sont désormais conscients que la dictature, c’est la certitude de l’échec. C’est pourquoi ils ne comptent pas désarmer après avoir retrouvé la liberté.

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