«Le cadre spatio-temporel dans lequel évolue cette quatrième édition des Utopies Visuelles vise à la création d’un micro-laboratoire de recherche artistique et intellectuelle temporaire. Une invitation pour une nouvelle écriture visuelle et plastique honorant le vivant dans son environnement».

Lancée le 21 juin dernier et interrompue pour cause du covid, la 4e édition d’Utopies Visuelles, organisées à Sousse, a repris ses pérégrinations artistiques le 4 septembre pour se pouruivre jusqu’au 3 octobre 2021 à Elbirou Art Gallery.

Le fondateur et maitre des lieux, Karim Sghaier, nous convie,tout au long de l’événement, à des expositons, des performances et autres installations disséminées un peu partout dans la ville de  Sousse. Les artistes y donnent à voir leurs projets et leurs visions créant ainsi une nébuleuse artistique libre et affranchie. «Le cadre spatio-temporel dans lequel évolue cette quatrième édition des Utopies Visuelles vise à la création d’un micro laboratoire de recherche artistique et intellectuelle temporaire. Une invitation pour une nouvelle écriture visuelle et plastique honorant le vivant dans son environnement», note la directrice artistique de l’événement, Amira Zili.  Et d’ajouter : «Le contexte actuel, qu’il soit social, politique, écologique, économique ou encore psychologique, peut constituer une force motrice pour revisiter l’être dans son environnement avec une nouvelle perception critique et créative».

La galerie Elbirou sera un point de départ pour un parcours artistique à travers la médina et le centre-ville de Sousse. Les visiteurs pourront y découvrir les œuvres d’une sélection d’artistes de renom ainsi que de jeunes talents qui comptent investir la ville et y laisser leurs empreintes.

Au programme : une grande exposition collective intitulée «Etat fragile», abritée par la galerie, et qui propose des œuvres en interaction avec l’environnement : «Actuellement, face aux questionnements environnementaux croissants et aux remises en question qu’ils entraînent, nous constatons que les liens entre ceux-ci et les artistes semblent de plus en plus se faire sentir, et vice versa. Nous pouvons ainsi lire que la planète—son écosystème—pourrait bien devenir le nouveau grand sujet de l’art. Matière à récit, préoccupation politique et médiatique, elle devient un support esthétique et réflexif omniprésent», écrit la commissaire de l’exposition, Rim Ben Boubaker, en précisant que l’objectif est de confronter deux courants issus du nouveau paradigme écologique que sont les sciences de la conservation et le mouvement d’art écologique.  Les œuvres, de Alia Derouiche Cherif, Amel Bouslama, Anis Ben Jemâa, Becem Ben Othman, Chahrazed Fekïh, Gneoui Sbaï, Lilia El Golli, Mohamed Ben Soltane, Mohamed Koomanji, Mouna Jemal Siela, Najet Edhahbi, Omar Bey, Safa Attyaoui et Sawsen Laouiti, y tenteront de mettre la lumière sur les problématiques de la transmission de notre environnement.

A découvrir, également, «Souf-Rologie», une autre exposition collective montée par Jihene Farhani et Shayma Khili, et qui présente des installations en laine, de la photographie, des tableaux en tapisserie au El-1 de Elbirou Art Gallery qui, rappelle l’organisateur, était un ancien dépôt de laine (datant des années 1960). Un hommage à toutes ces femmes qui, «à une certaine époque pas très lointaine, étaient persécutées et emprisonnées parce qu’elles osaient défendre leurs valeurs. Le travail de la laine leur était imposé comme punition dans des lieux comme Dar Jouad, avec notamment la pratique de la couture, de la broderie, ou de la tapisserie…», lit-on dans le texte de présentation de l’événement. L’exposition en changeant le contexte du faire avec la pratique artistique, en l’occurrence ici, celle de Younes Ben Hajria, Marïem Marzouki, Nadra Hassen, Ribh Shili,  Ameni Ben Salem,  Ahlem Hadded,  Afrah Ismahene Boubaker, Dali EL Ouni, «fait de la laine un outil de développement personnel et un vecteur de soulagement et de renforcement : la laine devient une sophrologie !», lit-on encore. Les mêmes cimaises abritent l’exposition personnelle «Lost in Sousse» de Mourad Ben Cheïkh Ahmed. A voir, également, les interventions urbaines d’Adel Hidar (Message in a bottle à Hadhramout Beach) et de Soufïa Bensaïd sur le mur CNP (plage Hadrumète).

Ce dimanche, de 10h00 à 13h00, l’artiste Mohamed Ben Soltane, dans un talk intitulé «Portfolio Sesion», présentera son parcours artistique en images et analysera les différentes problématiques qu’il a abordées depuis sa première exposition individuelle en 2007. Une occasion de se faire une idée sur la diversité de sa création en termes de médiums utilisés et de questions posées.

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