Des améliorations notables se font remarquer dans l’organisation de la rentrée scolaire et le maintien en l’état de l’infrastructure. Encourageant, même si beaucoup reste à faire


Une nouvelle année scolaire a commencé hier, avec le grand retour dans les salles de classe des écoliers, collégiens et lycéens. C’est une satisfaction en soi. Surtout avec les perturbations qu’ont connues les deux saisons scolaires précédentes, à cause de la pandémie du Covid-19 qui a tout ravagé et chamboulé sur son passage. Des sourires aux lèvres, des larmes aussi avec la gorge nouée d’angoisse de la reprise se dessinent sur les visages des enfants, après tant de mois passés à la maison. Le retour présupposé au présentiel doit forcément ravir les parents qui sont devenus incapables pour certains de concilier vie professionnelle et privée avec la surcharge et l’occupation des enfants, tout au long de l’année. Les échos d’une rentrée scolaire sans encombre émanent au cours de la première journée d’école. Que ce soit du côté du Bardo, de Tunis ou de l’Ariana, les indicateurs sont au vert, même si tout n’est pas réglé du point de vue organisationnel et logistique, loin s’en faut. Ainsi, mercredi 15 septembre, comme prévu, une rentrée par groupes s’est déroulée à l’école primaire du côté de Riadh Ennasr (Ariana). Un groupe d’écoliers des niveaux première, deuxième et troisième années d’abord à 8h00 et un autre groupe des niveaux quatrième, cinquième et sixième années ensuite deux heures plus tard. Une situation inédite qui veut respecter les règles du protocole sanitaire mises en place et le système d’alternance.

Justement, cette question épineuse a été abordée avec les parents d’élèves pour savoir ce qu’ils pensent de ce retour massif aux salles, au moment même où on parle de vacciner leurs aînés de 12 à 18 ans.

À voir le festival d’entrée et sortie des élèves parfois dans la cohue et la confusion, on remarque que la majorité ne porte pas la bavette. Même si la tranche d’âge est comprise entre 6 et 11 ans en moyenne, il est de bon ton qu’ils se prémunissent contre les risques d’infection, risques mineurs ou pas. Seul hic sans doute avec tous les bons points qu’on énumère çà et là, c’est le black-out de la direction de l’établissement scolaire concernant des questions épineuses admettant simplement qu’il y a une «légère» surcharge des classes sans plus de détails. Au sujet de la vaccination, le directeur reconnaît que le corps enseignant est vacciné et ne peut pas prévoir ce qu’il adviendra de la vaccination des enfants en l’état actuel des choses.

Satisfaction d’ensemble

A la sortie des écoliers à midi, les parents s’empressent de récupérer leurs protégés et de découvrir les feuillets roses de l’emploi du temps remises par leurs maîtres respectifs.

Beaucoup de mères s’attardent sur ce document important pour évaluer la qualité du dispatching du temps et des matières qui vaudra pour tout un trimestre. Malgré certains creux et des plages vides programmées dans certaines matinées ou après-midi, elles se disent ravies et ne font aucune critique négative. Les salles de classe s’évaluent à 23 ou 24 éléments sans surcharge particulière, affirment les deux mères d’élèves interrogées sur place. Elles estiment que, de leur propre mémoire, jamais le seuil de plus de 30 élèves n’a été franchi pour leurs enfants. Après le côté court, place au côté jardin, avec cette couche de peinture blanche sur la façade de l’établissement et à l’intérieur de la bâtisse qui donne un peu de relief et de fraîcheur accompagnés de fresques murales qui symbolisent les bienfaits de l’école. Mais à l’intérieur, pas grand-chose n’a été vraiment apportés avec le maintien de l’infrastructure en l’état et un surplace fort dommageable. Même si la propreté du lieu est à relever. Le portier qu’on appelle affectueusement «3am Hassen» assure que la distribution du gel hydroalcoolique se fait dans toutes les salles de classe sans exception et qu’il n’y a pas de couac à ce niveau. S’agissant du port du masque de protection, on remarque que ce sont les parents qui portent unilatéralement la bavette, mais les enfants n’appliquent pas strictement cette mesure protectrice. Une condition qui n’est pas réellement exigée mais conseillée. Du coup, un ou deux enfants sur dix portent la bavette.

Dans une école primaire au Bardo, réputée également pour la qualité de ses institutions éducatives et d’enseignement, notamment à Khaznadar, une ambiance bon enfant et une organisation sans faille se font remarquer. Les files d’attente devant la classe, les élèves ravis des retrouvailles avec leurs camarades après des vacances scolaires de plus de deux mois mettent du baume au cœur des parents qui ont hâte de regoûter aux joies de la réussite. Cependant, il y a du temps à rattraper sur les cours et les acquisitions de l’an dernier si bien que les instituteurs comptent mettre les bouchées doubles pour assurer une bonne année scolaire sans anicroches et loin des mauvaises surprises. Il est midi, la plupart des écoliers sont rentrés sauf quelques-uns qui restent debout à l’ombre du soleil, accompagnés de deux éducatrices qui veillent au grain. Bien vu du côté de l’école primaire d’Ennasr sur ce point. Maintenant, on espère que les problèmes récurrents de distribution d’eau potable dans les écoles défavorisées des régions intérieures, le matraquage de devoirs et le phénomène des cours particuliers harassants ne se manifesteront pas très vite et avec une grande acuité. Qui vivra verra.


Photo : © Koutheir Khanchouch

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