Tout le monde se souvient des récentes arrestations de jeunes étudiants pour l’utilisation d’une application de cryptomonnaie. Cela signifie-t-il que nos autorités confondent cryptomonnaie et blanchiment d’argent ou c’est une autre preuve de leur ignorance totale, malgré les innombrables avantages que propose cette nouvelle forme de monnaie ?


Même si les avis ne sont pas tous unanimes, le constat reste toujours alarmant et terriblement amer : ces arrestations sont arbitraires et sans cause. Pour Habib Karaouli, ce qui est arrivé à ces jeunes est malheureusement symptomatique d’un état d’esprit réfractaire au changement, aux innovations et qui criminalise l’initiative. Même s’il n’y a aucune disposition explicite dans le code qui condamne cette pratique, cela n’a pas empêché le juge de les condamner lourdement sous le prétexte fallacieux de blanchiment et d’absence d’autorisation. « Aucune chance n’a été accordée à ces détenteurs de cryptomonnaie pour s’expliquer. De même, il n’a pas été fait appel à des spécialistes pour éclairer la décision des juges et les initier à ce domaine. Mais là encore, il faut souligner que dans la plupart des pays, il n’existe pas de législation spécifique à la cryptomonnaie, mais ils ne mettent pas les gens en prison pour autant.

Il faut cesser avec cette pratique désuète, d’un autre temps qui interdit tout ce qui n’est pas explicitement autorisé. Et encore, même ce qui est autorisé peut, dans certains cas, faire l’objet d’interprétations négatives. Nous sommes malheureusement dans un pays où une circulaire ou un arrêté ministériel peut annuler l’effet d’une loi», souligne-t-il. Un avis partagé par le jeune Hédi Gayes, qui ajoute que l’arrestation des jeunes Tunisiens (Houssem, Wael, et autres) pour la possession, l’extraction (mining) ou la commercialisation des cryptomonnaies est un acte scandaleux, déraisonnable et non justifié. «Face à l’absence d’un système financier inclusif, les jeunes Tunisiens se trouvent obligés d’innover des solutions alternatives, telles que le recours aux Tunisiens résidant à l’étranger pour effectuer des transactions en devises étrangères, l’achat sur le marché noir des soldes de comptes en devises (Paypal, Skrill…) et l’acceptation de paiements en cryptomonnaies dans le cadre de leurs activités de freelance.

Et là aussi, il est important de souligner que le monde de la Fintech (technologie financière) a un potentiel énorme, et la Blockchain ainsi que les cryptomonnaies en sont une grande partie. Ainsi, les cryptomonnaies constituent une excellente opportunité pour la technologie et la finance de s’intégrer encore plus, avec des services activés par la Blockchain capturant et aidant plus de jeunes (et moins jeunes) marginalisés en répondant à leurs besoins financiers et économiques. Bien évidemment, cela ne se produira pas sans des contrôles appropriés. Au-delà de l’apport technologique et économique des Blockchains publiques, celles privées sont à la pointe de la technologie qui pourrait gérer les informations médicales, les transactions financières ou même les votes dans un processus électoral», explique-t-il.

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Charger plus par Meriem KHDIMALLAH
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