Les deux manifestations qui se sont déroulées samedi dernier à l’avenue Habib-Bourguiba n’étaient pas imposantes, que ce soit pour les pourfendeurs des mesures du 25 juillet ou pour ceux qui les soutiennent. De part et d’autre, le mot d’ordre n’était pas mobilisateur ou ne retenait plus l’attention des Tunisiens. La voix des protagonistes de la première manifestation contre Saïed n’était pas audible et ne faisait aucun effet.

Aucun charisme parmi les orateurs à même de drainer la foule. C’étaient les mêmes qui se pavanaient de plateau en plateau télé pour exhorter les gens à descendre dans la rue. Pour les acteurs de la manifestation de soutien à Saïed, le score n’était pas reluisant non plus. Ils avaient de la peine à justifier leur présence sur les lieux. C’est pour dire que le recours à la rue peut donner l’effet contraire s’il n’est pas bien préparé, bien étudié et surtout peu convaincant. Mais bien que ce premier contact entre les deux camps se soit bien passé, car bien encadré par les forces de sécurité, un second face-à-face pourrait virer à la confrontation tant que des médias étrangers ne font qu’attiser la haine et semer la discorde entre les Tunisiens. C’est cette envie cynique de diviser les Tunisiens qui risque de prendre de l’ampleur et de se traduire en actes grâce aux millions de dollars qu’ils peuvent faire couler à travers leurs bras associatifs pour « recruter » les affamés et les sans-emploi pour servir de figurants dans ce genre de mobilisation de rue.

Les deux camps ne le savent peut-être pas. Mais ce qui s’est passé le 25 juillet peut être interprété comme une chance ou une crise. Une chance pour remettre le pays à flot. Ou une crise qui nous fera sombrer davantage. Cela dit, l’issue de la première voie de même que celle de la deuxième option mènera à un résultat qui concernera tout le peuple tunisien. Car tant que nous sommes dans une même barque, soit elle arrivera à bon port, soit elle coulera. C’est pour dire qu’on peut ne pas partager les mêmes avis, mais on reste un seul peuple. Et nous n’avons qu’un seul pays, une seule patrie. Quelles que soient nos divergences, nous finirons par trouver la bonne solution. Il suffit de regarder dans la même direction : celle de sauver la Tunisie.

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