Ridha Boushih fut le symbole même d’un CA porté vers l’attaque et le beau jeu. Nous l’avons approché pour nous parler du CA, et cette légende vivante de notre sport-roi a bien voulu, avec toute  la courtoisie qu’on lui connaît, faire un brin de causette à propos de son club de cœur qu’il affectionne par-dessus tout, avec des propos cash.


Il est, avec certains joueurs de l’âge d’or du CA, la figure emblématique de la grande équipe clubiste des années 70 et 80. Milieu technique, charismatique et surtout soyeux, Ridha Boushih fut plus qu’un meneur exemplaire sur le terrain. Aux côtés des Bayari, Metoui, Chahat, Abdelli, Khaled Touati pour ne citer que ceux-là, Boushih était l’alpha du onze clubiste, un milieu de terrain qui dispose aussi de cette faculté et de cet avantage de pouvoir adapter son jeu dans le temps et de s’acclimater à tous les dispositifs tactiques possibles. Son grand atout était surtout de pouvoir s’exprimer dans tous les registres du jeu que ce soit à la récupération via un retour au charbon systématique, tout comme au service de l’attaque où sa vista et sa lucidité ont toujours fait la différence. Que de caviars servis vers les Bayari, Abdelli  et Khaled Toutati. Ce joueur du devoir, toujours très calme, s’est toujours illustré comme un milieu solide prêtant main forte à la défense et aimant l’engagement physique. Et le CA le lui a bien rendu puisque Boushih compte dans son armoire  deux titres de champion, une coupe de Tunisie et une Supercoupe de Tunisie, sans oublier son statut d’international au sein du Team Tunisie. Joueur exemplaire, courtois et fair-play, Boushih fut le symbole même d’un CA porté vers l’attaque et le beau jeu. Nous l’avons approché pour nous parler du CA, et cette légende vivante de notre sport-roi a bien voulu, avec toute  la courtoisie qu’on lui connaît, faire un brin de causette à propos de son CA qu’il affectionne par-dessus tout, avec des propos cash : «Le CA est une institution et elle le restera toujours malgré les zones de turbulences traversées, surtout en rapport avec la manière de gérer le bastion clubiste du temps de l’ancien président Abdessalem Younsi. Aujourd’hui, tout doucement mais sûrement, le phénix renaît de ses cendres et le nouveau comité a pu redresser la barre en un temps record. Il faut dire que l’on a évité le pire la saison passée avec le spectre d’une relégation improbable qui planait sur l’équipe durant la phase aller, sans oublier les sommations diverses et les sanctions qui pleuvaient à intervalles réguliers.  Aujourd’hui, il faut rompre avec ces stratégies périmées et se projeter sérieusement dans le XXIe siècle. Budgétiser, c’est bien. Mais encore faut-il avoir les moyens de ses ambitions et ne pas mettre la charrue avant les bœufs. Rappelez-vous à cet effet les dysfonctionnements durant le mandat de Slim Riahi. Il faudra forcément retenir les leçons de ces errements passés afin de protéger à terme le CA». En cette période précise, le CA est à la croisée des chemins. Il doit évoluer, mais il ne doit pas s’enflammer outre mesure. Personnellement, quand je vois le nombre de joueurs recrutés à coups de millions, je me dis que c’est quelque peu précipité et qu’il aurait fallu tout d’abord  focaliser sur l’assainissement, le paiement des dus de certains joueurs sous contrat ou quasiment libres de droit avant de peser de tout son poids sur le marché des transferts. En ce sens, le bureau directeur doit aussi se montrer encore plus transparent au sujet des deniers de l’association et communiquer davantage en l’état. Quitte à me répéter, il ne faut pas reproduire les mêmes erreurs. Personne n’est éternel au CA et viendra un jour où le bureau en exercice passera la main, et donc, rendra des comptes que l’on espère dans le vert. Reconstruire demande de l’engagement, de la volonté et beaucoup de lucidité. Cela doit intervenir sur des bases solides. Or, je note qu’actuellement, la fièvre acheteuse s’est à nouveau emparée du CA. Même si le CA a été sevré de sang neuf et de recrues depuis quelque temps, sanction de la Fifa oblige, il ne faut pas retomber dans ses travers et gaspiller les deniers du club de cette manière. Ainsi, on recrute un gardien qui touchera 75 000 dinars par mois alors que le vivier peut faire l’affaire avec la présence de Charfi et surtout Yeferni. L’on écoutera la sempiternelle musique du foot-business qui veut que jouer le titre exige de casser sa tirelire. Ce n’est pas toujours vrai. Je sais de quoi je parle et il suffit juste de donner le temps au temps, de se montrer patient avec les jeunes et de leur permettre de s’aguerrir aux côtés de trois joueurs chevronnés qui ont le statut de tauliers. Ce faisant, pour revenir à la direction et à l’exécutif, je remarque aussi qu’il n’y a pas de continuité. Chaque nouvel homme fort du CA opte pour un changement radical en écartant ceux qui ont travaillé avec son prédécesseur. J’ai personnellement exercé avec les jeunes en 2019 et en 2020, durant respectivement deux mois et quatre mois, et malheureusement, il n’y a aucune considération envers ma personne avec presque des atteintes à mon intégrité par des fans qui ne devaient pas être là ! Malheureusement, les anciens joueurs ne sont pas toujours les bienvenus au CA. Pour revenir aux fans, les vrais inconditionnels, ils doivent mettre sur pied un organe informel pour le suivi des dépenses du comité directeur. Les fans sont les garants de la réussite du CA et ils l’ont prouvé à maintes reprises cette année. Cela empêchera par  exemple  le staff technique d’exiger coûte que coûte des recrues alors que le marché des transferts n’est pas toujours assez fourni en valeurs sûres».

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