Comment un jeune promoteur peut percer dans le monde des affaires ? Quels sont les chemins à emprunter pour réussir un projet industriel ? Pour répondre à ces questions, nous avons contacté Slim Kaâbi, manager du bureau « Représentation, assistance et intermédiation » (RAI).


« Chaque jeune entrepreneur doit suivre des itinéraires bien particuliers afin de réussir la création d’un projet », indique Slim Kaâbi, manager du bureau « Représentation, assistance et intermédiation ». Ces itinéraires sont basés sur trois axes, à savoir l’étude du marché, le financement, et enfin, l’exploitation.

           

Etude du marché 

Le jeune promoteur doit, tout d’abord, consulter l’un des huit centres techniques sectoriels compétents spécialisés notamment dans « le textile », « le cuir et chaussures », « l’emballage et le conditionnement », « les matériaux de construction, de céramique et du verre », « l’agroalimentaire », « la chimie », « l’industrie du bois et l’ameublement » et, enfin, « les industries mécaniques et électriques ».

Pour obtenir les coordonnées de l’un de ces huit centres, M. Kaâbi nous a indiqué que le promoteur doit contacter le site web de « l’association des centres techniques industriels, à savoir (www.actit.com.tn). 

Il a ajouté que le jeune promoteur doit avoir aussi une idée sur les statistiques concernant la production, l’importation et l’exportation des produits économiques du pays auprès de l’Institut national de la statistique (INS).

Bien entendu, une liste d’équipements nécessaires pour la production doit être établie selon des factures « proforma » des fournisseurs étrangers et tunisiens.

Le financement

Une fois l’étude du projet terminée et le coût pour financement définitivement arrêté, le promoteur passe à l’étape du financement. Là, il est nécessaire de bien choisir la banque qui va se charger du financement du projet. Le promoteur est également appelé  à établir le schéma de financement, tout en se référant à la circulaire de la Banque centrale (n° 87-47, Jort n° 78 du 18/11/1988) stipulant les normes d’octroi des crédits. 

En dehors du crédit bancaire, le capital serait constitué de l’apport propre du promoteur (auto-financement), d’une participation du Fonds de promotion et décentralisation industrielle (Foprodi) et d’une société d’investissement à capital risque (Sicar). 

Toujours selon M. Kaâbi, il est normal qu’une banque demande des garanties pour couvrir le crédit alloué. « Le jeune promoteur, démuni de sources financières de garantie, n’aura qu’un seul choix à faire, c’est celui de l’intervention de la Société tunisienne de garantie (Sotugar) instituée selon l’article n° 24 de la loi n° 2002-11 du 17/12/2002 », explique M. Kaâbi.

Le manager du bureau RAI garantit qu’en cas de litige avec une banque, il est conseillé de recourir auprès d’un médiateur bancaire dont le site Web est le « www.osb.tn ».

L’étape de l’exploitation 

Enfin l’étape de l’exploitation d’un projet doit être complétée par un processus d’apprentissage, de ténacité et de confiance en les propres capacités et ambitions du promoteur. 

Pour bien travailler sur le marché local, M. Kaâbi explique qu’il y a également certaines étapes à ne pas négliger. « La production est initialement destinée vers le marché local. Au départ, il est conseillé d’enregistrer tout article produit par l’entreprise auprès de l’Institut national de la normalisation et de la propriété industrielle (Innorpi) afin de protéger la propriété de l’article produit par l’entreprise », conseille M. Kaâbi.

La commercialisation de la production en Tunisie ou à l’étranger peut être assurée auprès de la Compagnie tunisienne d’assurance pour le commerce extérieur (Cotunace). De même, une vente à crédit peut être payée immédiatement auprès d’une société de Factoring. 

Et puisque l’exportation tient une place de choix dans l’économie tunisienne, il faut que tout jeune promoteur pense à exporter ses produits en dehors des frontières. « Une fois que la production et la productivité atteignent la vitesse de croisière, l’exportation serait un programme idéal en se référant au Centre de promotion des exportations (Cepex), qui, à ce moment précis, se charge de la planification des foires et des salons sectoriels en Tunisie et à l’étranger (Europe, Asie, Afrique, Amérique….) », développe le manager du bureau RAI. Le Cepex gère, a-t-il ajouté, le fonds de promotion des exportations (Foprodex), un fonds public en faveur de l’exportateur avec des remises exceptionnelles sur les coûts du transport, de la publicité et de la participation aux foires et salons à l’étranger. 

D’autre part, l’exportateur peut disposer d’un dépôt de marchandises afin d’établir un rapprochement de ses clients (avis de change du ministère des Finances, Jort n° 18 du 2 mars 2007).

De même, l’exportateur, qu’il soit producteur ou commerçant, paie moins d’impôts lors de sa déclaration annuelle, et ce, suite à la clôture du bilan comptable de l’entreprise « soit 5 ou 10%, au lieu de 25% », fait savoir M. Kaâbi. « De nos jours, l’exportation est devenue une culture, voire une stratégie. Les chambres mixtes de commerce et d’industrie, ainsi que le centre international de commerce à Genève peuvent fournir des renseignements commerciaux aux opérateurs économiques sur le site web : www.intracent.org », poursuit-il.

Rôle primordial de la maison de l’investisseur

« Si l’économie tunisienne a besoin d’une nouvelle structure pour bien avancer, il s’agira de « La maison de l’investisseur ».  Une idée que j’avais, depuis 2007, suggéré, en intervenant sur les colonnes de ce même journal », insiste M. Kaâbi. 

Pour le manager du bureau RAI, une fois créée, cette structure, dont le siège sera établi à la capitale, jouera un grand rôle dans la création d’emplois, en informant, orientant et en assistant tout jeune promoteur. La maison de l’investisseur regroupera les organismes suivants : l’Apii, l’Apia, le Cepex, la Sotugar, la Cotunace, la société de Factoring, le Foprodex, le Commissariat général au développement régional (Cgdr), le Foprodi, l’Association  professionnelle des banques et les centres techniques sectoriels. « Cette structure constitue, en vérité, un pas géant vers la résorption du chômage et la création de milliers d’emplois pour nos jeunes, surtout dans les zones démunies du pays », a conclu M. Kaâbi.

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