Moez Joudi, économiste

« Le problème financier dont souffre la Tunisie est plus grand et plus profond que l’incapacité de payer les salaires d’octobre. Qui discutera la prochaine loi de finances ou la loi de finances complémentaire sachant que les travaux du Parlement sont suspendus ? L’Etat a besoin de 19 milliards de dinars, et ce, de septembre jusqu’à la fin de l’année. Selon les échéanciers du ministère des Finances, 9 milliards de dinars seront compensés par le recouvrement. Il y a donc un trou d’une valeur de 10 milliards de dinars dans le budget 2021, ce qui est un montant important, du coup je me demande quelles sont les ressources qui combleront ce déficit. Les 10 milliards de dinars comprennent les dépenses salariales des quatre mois restants de l’année, dont chaque mois s’élève à environ 1,6 milliard de dinars, en plus d’autres dépenses. La Tunisie souffre d’une très grande pénurie de ressources extérieures, d’autant plus que la seule possibilité de financement est avec le Fonds Monétaire International. Les négociations ont été perturbées après les mesures du 25 juillet. Le FMI ne sait pas avec quelle partie il négociera en l’absence du gouvernement, et donc il n’y a aucun signe d’accords avec les bailleurs de fonds étrangers ».

Abdelmajid Ezzar, président de l’Union
tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap)

« La Tunisie doit valoriser sa production de dattes. Il est inconcevable de produire puis perdre cette production pour une raison ou une autre. Cette valorisation du produit doit, en premier lieu, passer par l’encouragement de l’agriculteur. Il faut que sa production lui soit rentable et que son activité résiste dans le temps. Il est important que l’activité de production des dattes soit attractive pour les générations futures et il faut que les jeunes soient encouragés pour prendre la relève. Il faut, également, combattre tous les esprits malsains qui cherchent à affaiblir la filière et ses producteurs en leur mettant la pression et en les obligeant à vendre leur production à n’importe quelle condition. C’est justement ces mêmes esprits qui nous on fait perdre la qualité de notre produit. Cela nous a fait perdre de l’argent et bien évidemment des marchés à l’export. Je ne suis pas en train de critiquer ce qui se passe mais je fais simplement un diagnostic de la situation actuelle de la filière de la datte en Tunisie. Car j’estime qu’un bon diagnostic nous permettra sûrement de mettre en place les bonnes stratégies afin de sauver notre qualité de production. A mon avis, pour sauver ce secteur, il faut savoir motiver les jeunes. Il faut moderniser les techniques de récolte en se basant davantage sur les machines étant donné que les moyens de récoltes traditionnelles sont très pénibles et que la main-d’œuvre se fait de plus en plus rare. L’avenir du secteur va dépendre des moyens techniques et technologiques plus sophistiqués ».

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