Avec un moral quelque peu affecté par la scandaleuse décision de la CAF et sans les services de trois joueurs influents, en l’occurrence Youssef Blaïli, Aymen Ben Mohamed et Franck Kom, l’Espérance n’a pas réussi à s’imposer à Sfax face au CSS dans le cadre des demi-finales de la coupe de Tunisie. Ce fut quand même au terme d’un match pleinement disputé durant cent vingt minutes de jeu, clôturé sur un score de parité (1-1). Et ce n’est qu’après le recours aux tirs au but que l’Espérance s’est inclinée (4-2), trahie dans cette épreuve par Anice Badri et Sameh Derbali qui ont vu leur tirs magistralement bloqués par l’excellent gardien sfaxien Aymen Dahmane.
Du coup, l’Espérance, qui s’est récemment adjugé son vingt-neuvième titre de championnat à l’issue de son succès de lundi dernier face à la JSK (4-0) à trois journées de la fin de la compétition, ne pourra pas remporter le sixième doublé de son histoire après ceux de 1989, 1991, 1999, 2006 et 2011. Mais malgré cela, elle reste la plus capée en Tunisie en matière de coupe avec ses quinze titres glanés, dont le dernier remonte à 2016.
Et ainsi, le doyen des clubs tunisien n’aura finalement réussi à atteindre que trois des cinq objectifs fixés au début de la saison: la Ligue des champions africaine (quoiqu’on cherche à la lui «voler»), le championnat national et la supercoupe de Tunisie.

Avec la même détermination
A Sfax, devant un public imposant et la tension imposée par quelques énergumènes qui ont raté leur vocation de haineux «snipers» (projectiles de tous genres), les joueurs de l’Espérance se sont quand même battus comme des lions. Leur détermination à prouver qu’ils sont toujours debout malgré les traquenards de la CAF et les détracteurs, les a tout au long du match aidés à se transcender afin d’avoir le dernier mot.
En témoignent le tir de Anice Badri qui s’est écrasé sur les deux montants de la cage de Dahmane dès la 2’ et l’ouverture du score par Taha Yassine Khénissi (62’).
Face à cette grande Espérance au mental exemplaire, il y avait un grand CSS qui, lui aussi, a épaté par la qualité de son jeu direct et rapide et ses nombreux assauts offensifs couronnés à la 75’ par un beau but du goaleador Firas Chaouat.
Ce dernier a été un danger constant pour la défense espérantiste. Malgré les particularités des matches de coupe, celui d’avant-hier a été un duel tactique par excellence. Les deux protagonistes se sont imposé un rythme soutenu durant deux bonnes heures, sans tricherie dans l’effort. Et c’est surtout la bataille du milieu de terrain qui a été très bien négociée.
Au métier de Coulibaly, Chaâlali, Bguir et Badri du côté espérantiste, les Sfaxiens Sokari, Moncer, Oueslati et Harzi ont donné la meilleure des répliques.

Rejaïbi et Fedaâ méritaient leur chance
Dans cette demi-finale où le nivellement était de rigueur du début à la fin et où la chance des tirs au but a finalement souri au CSS, auteur d’une bonne saison 2019, le coaching de Mouîne Chaâbani peut quand même être critiqué, notamment en ce qui concerne son «entêtement» à vouloir toujours incorporer Haythem Jouini aux côtés de Yassine Khénissi. Cette «trouvaille» d’aligner en même temps deux avants de pointe aurait dû être abandonnée depuis longtemps car elle n’a jamais abouti.
En effet, le Libyen Hamdou El Houni qui a amplement remédié l’absence de Blaïli, tout en étant à l’origine du but de son équipe, aurait dû être remplacé (70’) par Adam Rejaïbi ou Raed Fedaâ, deux ailiers de débordement ayant le même registre.
Mais, en dépit de ce petit bémol, l’Espérance a fait un match très honorable face à un CSS qui mérite d’affronter l’ESS en finale.
Amor BACCAR

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