Pour 2021 et 2022, les perspectives restent fortement défavorables et si les politiques publiques actuelles ne sont pas ajustées, le pays se dirigera alors vers une crise plus ardue, avec le risque de compromettre l’indépendance économique du pays. De plus, tout report des réformes ne fera qu’aggraver cette récession et rendre les mesures correctives qui sont incontournables encore plus douloureuses pour la population. Pour éviter cela, il n’y a d’autres alternatives que de mener dès maintenant des politiques cohérentes sur les plans macroéconomique, structurel et sectoriel.

Tout au long des années de la décennie écoulée, la situation économique s’est fortement détériorée. La gestion des chocs n’a pas été à la hauteur des défis. Surmonter la paralysie économique est devenue une tâche extrêmement difficile pour les décideurs successifs. La crise économique est devenue permanente, voire chronique. Au regard d’une instabilité politico-sociale, les autorités voient leurs marges de manœuvre s’amenuiser face à un marasme économique qui a ramené tous les indicateurs en dessous de ceux de 2010.

L’endettement des Etats est le lot aujourd’hui de tous les pays. Mais celui de la Tunisie se situe à des niveaux ingérables et des solutions sont donc à repenser pour en réduire le poids sur notre potentiel de croissance. Sachant que le taux d’endettement global du pays monte crescendo et, tel un poisson, la Tunisie est prise dans ses filets.

Il en ressort que la Tunisie aura encore du mal à se défaire de l’endettement tant il représente  un vrai poids sur les finances publiques. La  tendance haussière de l’endettement sera entretenue par la persistance du niveau élevé du déficit budgétaire.

Les perspectives en 2022 ne seront pas meilleures. Loin de là ! L’endettement continuera, malheureusement, à peser sur les finances publiques. D’après les statistiques, l’encours de la dette publique a dépassé les 81% du PIB, à fin juin 2021 et s’est élevé à 99,3 milliards de dinars. La Loi de finances 2021 prévoit une dette de l’ordre de de 109 milliards de dinars à fin 2021, soit environ 90,13% du PIB. Le niveau d’endettement de la Tunisie s’est de plus en plus aggravé notamment durant les six dernières années, passant de 52,66% du PIB en 2015 à 81,52% du PIB en 2020, pour atteindre les 90,13% du PIB à la fin de cette année, selon les données publiées par le ministère de l’Economie, des Finances et de l’Appui à l’investissement.

Autant dire que les fondamentaux de l’économie tunisienne virent décidément au rouge, bien que l’exécutif tente, tant bien que mal, de rassurer l’opinion quant à la marge de manœuvre dont il dispose. Les facteurs ayant contribué à cette situation de crise dans laquelle sont empêtrés les fondamentaux de l’économie nationale sont nombreux. En effet, la coordination des politiques économiques, monétaires, commerciales, fiscales, etc.  n’a jamais été perçue comme un objectif vital.

L’heure est cruciale aujourd’hui pour mettre en œuvre les mesures anti-crise appropriées et identifier les pistes et les alternatives de sortie de crise et les remèdes à certains problèmes.

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