Le choix de l’Espagne et du site de Grenade en particulier n’est pas fortuit, étant donné «sa renommée européenne et internationale dans la recherche innovation et la promotion de la culture scientifique», affirme M Fethi Zagrouba, directeur général de la CST

Dans le cadre du projet de jumelage entre la Tunisie et l’Espagne intitulé : «Appui institutionnel pour l’amélioration des performances du système de recherche et innovation en Tunisie», la Cité des sciences a eu l’honneur d’accueillir une délégation de représentants du parc des sciences de Grenade (Andalousie). Cela, à l’occasion du lancement du spectacle intitulé «Voyage avec la lumière» notamment, mais aussi d’autres événements ultérieurs.

Auparavant, une conférence de presse s’est déroulée dans la même matinée à la salle de la direction pour présenter sous forme de diaporama et d’interventions des scientifiques de la CST aux partenaires espagnols, l’institution tunisienne qu’ils sont venus visiter. Mme Najoua Bey, directrice des activités scientifiques, a présenté l’ensemble des espaces et les chiffres-clés de l’institution nationale, fondée il y a plus de trente ans et qui fait la fierté de la Tunisie puisque son expansion continue avec les antennes relais qui ouvriront à Kébili dans le sud-ouest tunisien ou encore à Kasserine (Centre).

Toutefois, l’établissement qui promeut la science et la vulgarisation de la culture scientifique est à la croisée des chemins et à un tournant important de son développement, voire de son histoire, notamment pour être en phase avec les nouvelles avancées et évolutions scientifiques en matière des Nouvelles technologies de l’information et de la communication.  

 Fructifier la coopération technique  

En marge de la conférence, Luis Alcalà, directeur du Parc des sciences de Grenade (Espagne), revient sur les contours du jumelage tuniso-espagnol en matière de promotion scientifique en développant les ambitions mutuelles : «Ce projet va se développer activement durant les prochaines semaines. Maintenant, il y a un mémorandum d’entente entre le Parc des sciences de Grenade et la Cité des sciences à Tunis qu’il faut concrétiser. Des projets sont finis pour le programme du Planétarium en attendant que les autres suivent. Mais il y a aussi la relation de coopération future entre la Tunisie et l’Espagne qu’il faut aborder. Notre idée est de développer de nouveaux programmes pour le Planétarium.

D’autres programmes sont ciblés entre les deux institutions dans le cadre de la coopération entre l’Union européenne et la Tunisie. Un accord de coopération va concerner d’autres projets». Lorsqu’on lui demande quels sont les apports et les avancées que le Parc des sciences de Grenade requiert par rapport à son partenaire tunisien, il estime que les deux parcs sont analogues. «Ils sont de même envergure, taille et dimension même s’il faudra développer les idées et projets. Les échanges doivent permettre de développer le projet du Planétarium. Il a été adapté à la situation de Tunis sur l’aspect technique et traditionnel. Dans le futur, il faut un programme commun», a affirmé Rafael Rodriguez, coordinateur du projet de jumelage entre les partenaires des deux rives de la Méditerranée, et qui se déplace souvent en Tunisie en qualité de chef du projet de jumelage tuniso-espagnol financier dans le cadre de la coopération européenne.

«Il s’agit d’aider la Tunisie à adapter son système de recherche innovation pour se conformer aux système et standard européens, sachant que la Tunisie est un pays avec lequel l’Europe a des liens de coopération économiques et technologiques. On va apporter des éléments de réflexion pour faire évoluer le cadre légal du ministère de l’Enseignement supérieur. Si on se limite à cet aspect-là, c’est un vrai succès car la CST a trouvé une interlocution : Le Planétarium qu’on va développer».  

Pour M. Fethi Zagrouba, outre la mise en place d’une stratégie de développement qui s’étale sur cinq ans, la formation d’un consortium, autour de la CST, formé par les institutions et les établissements universitaires et les établissements d’autres ministères qui s’intéressent à toute activité de nature culturelle ou de jeunesse est également au programme. «Dès qu’on aura formé ce consortium, on est appelé à élaborer un programme commun afin de se déployer dans les régions. Il s’agit de cibler les personnes dans les quartiers défavorisés, parce qu’elles ne disposent pas de moyens, donc, on va aller jusqu’à chez elles, pour pouvoir leur fournir ce service public. On adapte nos standards à l’échelle internationale à travers cet échange d’expériences et en fédérant avec des réseaux d’établissements, de dissémination et de vulgarisation de la culture scientifique. L’idée est de faire partager cette société de la science là où elle est. On a commencé avec le parc de Grenade qui a une renommée européenne, mais aussi internationale. Malgré le confinement, on a pu établir ce partenariat pour faire la démonstration des spectacles comme jeudi prochain avec celui axé sur la Lumière. Aujourd’hui vendredi 24 septembre 2021, un mémorandum de convention stratégique sera conclu. On mise beaucoup sur la rénovation des équipements, dont la plupart sont devenus obsolètes avec le temps, 30 ans déjà».  

Le gap technologique doit être réduit avec les partenaires européens à court et moyen termes «pour ne pas rater le train» du progrès et de la modernité.  

Conversion technologique  

L’objectif est de taille et les opportunités à saisir s’offrent à nous et M. Zagrouba de poursuivre : «Il faut doter la CST d’espaces nouveaux, tels que la technologie de l’information et de la communication qui n’est toujours pas présente au sein de la Cité. On compte sur l’expérience des autres partenaires pour développer les compétences, renforcer les capacités et augmenter les moyens financiers de la Cité. Il est impératif de mobiliser des fonds pour obtenir de nouveaux moyens financiers, puisque la Tunisie ne peut pas tirer de ses ressources propres les fonds nécessaires à la mise à niveau du parc technologique dont elle dispose». Il termine en appelant tout le monde à se mobiliser pour assister à l’événement MonuMai, prévu aujourd’hui : «J’invite tout le monde à venir. Il y a le voyage à travers la lumière à raison de six fois par jour et un spectacle six fois par jour à 9h00, 10h00, 11h00, 12h00 et ainsi de suite».  

La Nuit européenne des chercheurs  

La Cité des sciences de Tunis (CST), en collaboration avec la Fondation Descubre (Espagne), participe à la Nuit européenne des chercheurs  dans le cadre du  projet «MonuMai» prévue aujourd’hui de 16h00 à 21h00.

Ce projet fait partie intégrante du programme de jumelage. MonuMai vise à rapprocher les patrimoines du citoyen en impliquant l’art, les mathématiques, l’intelligence artificielle  et la communication sociétale de la science. MonuMai est basé sur la science citoyenne à travers une approche et une démarche participative, dont le rôle principal du citoyen est de prendre des photographies des différents monuments historiques permettant de fournir à ce projet un ensemble de données.

Un algorithme mathématique est développé permettant d’identifier les différents styles architecturaux, et ainsi découvrir les secrets mathématiques présentés dans chaque photo. Lors de la Nuit européenne des chercheurs, un programme en commun avec la Fondation Descrubre sera présenté en parallèle : du côté tunisien, dans les villes  de Tunis et de Testour, et du côté espagnol, dans les villes de Grenade et Séville. 

La contribution de  la Cité des sciences à Tunis consiste en la présentation du MonuMai, et ce, à travers des ateliers ludiques destinés au grand public, ainsi qu’un ensemble de rubriques, dont le programme consiste en des conférences sur l’art andalou, la Science citoyenne ou encore les Mathématiques et l’Intelligence artificielle.  

Le jumelage compte parmi ses objectifs ceux qui cherchent à dynamiser et améliorer les modes de fonctionnement et les performances du système de recherche et d’innovation favorisant la création de valeur, notamment le renforcement national du rayonnement et la notoriété nationale du Research international innovation system dont la Cité des sciences de Tunis est un acteur-clé.

Les différentes activités du jumelage ont abouti à une collaboration étroite et des actions concrètes entre la Cité des sciences de Tunis et le Parc Scientifique structures de Grenade, et ce, par le biais de projets collaboratifs et l’intégration des sciences de euro de réseaux science et les musées scientifiques.  

Au programme de ces journées, des réunions de travail, la signature d’une convention de coopération entre les deux institutions, sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, ainsi quede l’ambassade d’Espagne.  

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