Une densité du contenu qui laisse entrevoir l’ambition gargantuesque des organisateurs de traiter cette question passionnante et toujours politiquement clivante, portant sur les œuvres écrites en français par des auteurs qui ne le sont pas.

Lever de rideau aujourd’hui sur le Congrès mondial des écrivains de langue française à la Cité de la Culture, sous l’impulsion d’un comité littéraire initié par l’écrivain et essayiste français Michel Le Bris et coordonné par l’écrivaine franco-marocaine, Leïla Slimani. Après les Etats généraux du livre en langue française, organisés les 23 et 24 septembre, à la même Cité, voici que s’ouvre aujourd’hui la grand-messe des écrivains, réunissant plus d’une trentaine d’auteurs d’expression française.

En l’espace de quatre jours, Tunis est devenu la capitale mondiale du livre. La destination privilégiée des auteurs, éditeurs, distributeurs, libraires. Des intervenants de premier plan et autant de maillons de la chaîne de production du livre y participent, pour la plupart en présentiel, certains empêchés, le sont en mode visio.

Mis à part quelques soucis d’ordre technique, constatés au cours du déroulé des Etats généraux, la mise en œuvre des deux événements a relevé plusieurs défis afférents autant à l’organisation qu’à l’élaboration des idées directrices. Seul bémol, entraînant quelques frustrations, il est quasiment impossible de suivre tous les ateliers, tables rondes et débats. Une densité du contenu qui laisse entrevoir l’ambition gargantuesque des organisateurs de traiter cette question passionnante et toujours politiquement clivante, portant sur les œuvres écrites en français par des auteurs qui ne le sont pas.

La question centrale autant des Etats généraux que celle du Congrès peut se résumer à celle-ci : le statut de la langue française en rapport avec l’identité des écrivains non français. De cette thématique fondatrice découleraient la plupart des autres traitées tout au long de quatre jours de débats et de fructueuses propositions.

Quatre grandes rubriques meublent le congrès des écrivains qui se poursuit jusqu’à demain ; Les Grands débats ; Les rencontres ; Les grands entretiens ; Les cafés littéraires. Plusieurs figures célèbres, dont Fawzia Zouari, Souleymane Bachir Diagne et Kamel Daoud  ont rehaussé l’événement par leurs contributions.

Est-il encore besoin de se justifier ?

Parmi les questions à l’ordre du jour : Langue et identités ; Penser dans une langue, écrire dans une autre. Et encore ; Comment les littératures du monde ont-elles modifié la langue française ? Des questions qui reviennent encore et toujours, tant elles sont obsédantes et peut-être impossibles à résoudre, autant pour les acteurs que pour les consommateurs.

Est-il encore besoin de se justifier, lorsqu’on écrit en français et on vient d’un ancien pays colonisé par la France ? Que signifie faire le choix de cette langue étrangère qui n’est pas employée dans son pays, quand on est chinois, cubain, mexicain ? La diffusion et la circulation des œuvres et des auteurs de langue française rencontrent nombre d’obstacles, comment les aplanir. La dimension économique a été autrement présente, tant les livres dans les pays d’origine des écrivains sont quasiment inaccessibles à la majorité de la population.

Les événements organisés par les ministères français de la Culture et des Affaires étrangères incarnent l’une des mesures destinées à promouvoir la langue française. Une initiative mise en œuvre par l’Institut français en partenariat avec le ministère des Affaires culturelles tunisien et qui place  le livre, ce vecteur essentiel de la langue française, au cœur des enjeux de la francophonie en tant qu’espace géographique multilingue et multiculturel.

Une première édition co-organisée par la Tunisie, la France, la Côte d’Ivoire, la République de Guinée, le Québec, la Confédération Helvétique, la Fédération Wallonie-Bruxelles, ainsi que l’Organisation internationale de la francophonie qui donne le coup d’envoi à une série d’événements en prémices du Sommet de la Francophonie qui se tiendra en Tunisie, à Djerba, les 20 et 21 novembre prochain.

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