La demande de pointe en électricité a  augmenté à un rythme élevé, ce qui pourrait causer, dans certaines conditions, des phénomènes de délestage du réseau, en témoignent les coupures d’électricité pendant la vague de chaleur de cet été du fait de l’usage intensif de la climatisation. Selim  Gritli, conseiller Export Industries & Cleantech en Tunisie à l’ambassade de France en Tunisie-Bureau Business France, nous donne de plus amples explications à ce sujet. Interview.

Comment la Tunisie a-t-elle assuré la transition énergétique ?

Le secteur de l’électricité tunisien est confronté à plusieurs défis : une forte dépendance vis-à-vis du carburant importé, des subventions qui créent des pressions sur le budget de l’Etat, de faibles performances commerciales et financières des services publics, et une faible pénétration des énergies renouvelables qui représentent environ 4% du mix actuel.

De plus, malgré la faible croissance économique enregistrée au cours de cette dernière décennie, la demande d’énergie primaire n’a cessé d’augmenter. La demande de pointe en électricité a également augmenté à un rythme élevé, ce qui pourrait causer, dans certaines conditions, des phénomènes de délestage du réseau, en témoignent les coupures d’électricité pendant la vague de chaleur de cet été, du fait de l’usage intensif de la climatisation.

Quel est l’avantage du mix énergétique ?

Les autorités tunisiennes ont lancé, en 2015, un programme ambitieux de développement des énergies renouvelables, avec comme objectif de porter leur part à 30% dans le mix énergétique à l’horizon 2030. Tout cela, dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat, que la Tunisie a signé et ratifié.

Ce volume d’énergies renouvelables et les efforts importants, en termes d’efficacité énergétique depuis les années 2000, doivent permettre d’enrayer l’érosion de l’indépendance énergétique du pays et de réduire l’empreinte carbone de la production d’énergie.

Cette approche peut positionner favorablement la Tunisie dans les nouvelles chaînes de valeurs économiques mondiales, qui seront beaucoup plus exigeantes sur les enjeux climatiques.

Dans quelle mesure la Tunisie a-t-elle bénéficié de l’interconnexion électrique avec l’Algérie ? 

L’interconnexion électrique de la Tunisie avec l’Algérie offre la possibilité d’importer de l’électricité en cas de tension sur l’approvisionnement national, ce qui constitue une solution économiquement efficace. Elle évite d’investir dans des capacités supplémentaires pour assurer la sécurité d’approvisionnement, permet de mutualiser les investissements de production avec le pays voisin et facilite une plus grande intégration des énergies renouvelables. Au-delà des interconnexions électriques qui sont de nature à stimuler la transition énergétique, la Tunisie devrait également développer des capacités de stockage d’énergie afin de pallier la nature intermittente des énergies vertes. A ce titre, l’Agence française de développement (AFD) a appuyé la Steg afin de réaliser une station de stockage d’énergie par «pompage et turbinage» dans la région nord-ouest.

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