Par Pr Mohamed Lotfi Chaibi | Historien contemporanéiste, spécialiste de l’histoire du Mouvement national et syndical tunisien|


Aux origines de l’alliance de Me Salah Ben Youssef et Farhat Hached-Ahmed Ben Salah (1946 – 1955). Faits et retombées


La page d’histoire que nous proposons d’éclairer à partir d’un document iconographique , ci-contre reproduit et représentant  la conférence de presse tenue par Me Salah Ben Youssef, ministre de la Justice de Tunisie et secrétaire général du Néo-Destour, à Stockholm le 18 juillet 1953 au Parlement suédois lors de la tenue du Congrès de  l’Internationale Socialiste, marque un aspect majeur des alliances et des mésalliances  des leaders du mouvement national destourien, en l’occurrence le Président Habib Bourguiba et le Secrétaire Général, Salah Ben Youssef, avec ceux de la puissante centrale syndicale, l’Ugtt, Farhat Hached (1946-1952) et Ahmed Ben Salah (1954-1956). Elle traite du long mais irréversible processus de rapprochement entamé lors du Congrès de la Nuit du Destin (23 août 1946) (1), fort bien marqué de ruptures et de compromis. Elle annonce, à la veille de la tenue du Congrès du Néo-Destour le 17 novembre 1955, la transaction « historique » ainsi effectuée : la promesse destourienne d’adoption du programme économique et social de l’Ugtt en échange du soutien de cette dernière au leadership de Me Habib Bourguiba contre son rival, Me Salah Ben Youssef (2).

Assurément, la photo reproduite grâce aux soins du magazine Leaders détient un pan méconnu de l’histoire de la rivalité des leaderships entre Me Habib Bourguiba et Me Salah Ben Youssef, centrée d’abord sur la quête du ralliement de l’Ugtt de Farhat Hached et par la suite du soutien du socialisme français  dans les années 1940-1950.  La restitution contextuelle de son propos contribue à nuancer le roman de l’histoire nationale tunisienne. Dans cette perspective, il est de bon aloi de rappeler la formule fine et pénétrante conçue par l’historien français Lucien Febvre (1878-1956)  en hommage à son métier : « d’une série de faits muets, faire des faits parlants. D’une série de faits sans rapport apparent avec l’histoire des hommes, faire autant d’indices, voilà le grand travail de l’historien » (3).

Aux origines de la fondation de l’Ugtt (1944-1946)

D’emblée, il est primordial de rappeler le contexte de la formation  de l’Ugtt, qui progressif et érigeant de 1944 à 1946 donna naissance à « la plus belle réalisation à laquelle le Néo-Destour a largement contribué » (4), en l’occurrence la fondation de l’Ugtt, fédérative le 20 janvier 1946 à la Khaldounia, de l’Union des syndicats autonomes des travailleurs du Sud tunisien (19 novembre 1944), l’Union des syndicats autonomes des travailleurs du nord de la Tunisie (6 mai 1945) et la Fédération des fonctionnaires tunisiens (1er avril 1945 ) (5). Le noyau historique dur de la centrale syndicale —, composé du secrétaire général, le socialiste syndicaliste Farhat Hached, de ses deux chefs régionaux (Sfax), les destouriens syndicalistes Habib Achour et Abdelaziz Bouraoui  et du président d’honneur, le cheikh zitounien syndicaliste et nationaliste, Fadhel Ben Achour — mérite qu’on s’y arrête. Cela contribue à clarifier une somme d’orientations et de positionnements vis-à-vis des questions syndicale, nationale et coloniale (6). 

Il est bien utile de noter que le leader syndicaliste et patriote Farhat Hached demeura fidèle à ses convictions socialistes tout au long de son évolution vers le nationalisme engagée aux assises du congrès de l’indépendance (23 août 1946). L’historienne Juliette Bessis rappelait que Farhat Hached  adhéra depuis 1936 au syndicat du personnel  de la Staas, Union Départementale -CGT et se tint à l’écart de la 2e Cgtt (destourienne de Belgacem Gnaoui- Hédi Nouira) constituée en juin 1937. Elu au congrès d’avril 1938, membre de la Commission administrative de l’UD, il est soutenu dans l’accession aux responsabilités nationales de la Centrale notamment par son secrétaire général, le socialiste et franc-maçon Albert Bouzanquet. Selon certains témoignages, ajouta-t-elle, Farhat Hached appartenait durant les années 1938-1939 à la section Sfio de Sfax (7).

Son long plaidoyer d’une heure défendant le programme de Bouzanquet aux assises du XVIIIe congrès de l’UD des syndicats tenu à Tunis les 18 et 19 mars 1944 lui valut l’animosité des communistes et leur méfiance qui décidèrent de ne pas soutenir sa candidature à la C.A. de l’UD. Présent aux travaux du Congrès en tant que délégué de l’Union régionale de l’UD-CGT de Sfax, le candidat Farhat Hached sera éliminé du secrétariat et du Bureau de la C.A. à la suite de l’échec de la liste « Social-Démocrate » dirigée par Albert Bouzanquet. Sa rivale, communiste patronnée par Georges Poropane, obtint un succès marquant(8).

Contrairement à son camarade destourien, Habib Achour, démissionnaire de l’Union régionale de l’UD de Sfax à la veille du Congrès, de la Centrale (mars 1944), Farhat Hached le syndicaliste socialiste ne s’est résolu à démissionner de son poste à la tête de l’Union locale et quitter l’U.D. qu’en mai 1944. Auparavant, le contact était maintenu avec « Albert Bouzanquet, vieux routier de la politique, membre de la Sfio, personnage important de la hiérarchie maçonnique, ami personnel  de Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT française, à qui il rendait compte directement chaque mois à Paris (durant les années 1936-1940) des activités de la Centrale syndicale qu’il dirigeait et contrôlait ». Il n’est pas impensable qu’il le tenait au courant des « qualités du militant de Sousse, sa persévérance dans l’engagement, sa pondération, sa capacité d’entraîner les ouvriers tunisiens à l’adhésion ». Farhat Hached signa plus qu’une dizaine d’articles dans l’organe de la Fédération Socialiste Sfio de Tunisie, Tunis-Socialiste (1938-1939) (9).

Bien plus, Albert Bouzanquet et ses partisans, soutenus et conseillés par Léon Jouhaux qui, « à travers Bouzanquet et parfois directement, conseille également Farhat Hached au moment de la création, à la fin de 1944, des premiers syndicats autonomes qui donneront naissance à l’Ugtt en janvier 1946 » (10).

Farhat Hached évolue vers le nationalisme destourien (1946-1948)…

Aussi, peut-on déduire, Albert Bouzanquet en contact avec Léon Jouhaux et Irving Brown(11) conseilla-t-il  Farhat Hached, déçu par l’échec de la motion « social-démocrate » défendue par le courant socialiste aux assises du congrès de la centrale, de constituer « les syndicats autonomes du Sud (19 novembre 1944) » qui répondait entre autres à la stratégie de l’American Federation of Labor (AFL) de contrecarrer la poussée du syndicalisme communiste (1938 – automne 1944). Abdelaziz Bouraoui (1923-2008), seul des compagnons de Farhat Hached, confirmait l’aide accomplie de Bouzanquet (12).

Farhat Hached conserva ses convictions socialistes et patriotiques jusqu’à la tenue du congrès nationaliste  de l’Indépendance (23 août 1946). Autant le leader Habib Bourguiba en 1944, conseillé et encouragé par les Anglo-saxons  pour inscrire la question tunisienne à la Ligue des Etats arabes — dont le projet annoncé à Alexandrie par le chef du gouvernement égyptien, Nahas Bacha le 25 septembre 1944 (13) fut réalisé au Caire le 22 mars 1945 — connaissait personnellement le syndicaliste destourien Habib Achour, autant  le nom de Farhat Hached lui est perçu de loin comme syndicaliste cégétiste socialiste résolu, refusant notamment d’obtempérer à l’appel d’adhésion à la Seconde Cgtt (destourienne) en 1937. Les deux hommes illustres du mouvement national et syndical tunisien ne se sont rencontrés et appréciés qu’au lendemain du 8 septembre 1949.

Par contre, le secrétaire général du Néo-Destour, Salah Ben Youssef, avait toute la latitude pour suivre le processus de formation de l’Ugtt de 1944 à 1946, fort renseigné par ses deux camarades Hédi Chaker de Sfax  et Mongi Slim de Tunis. Il connaissait bien Farhat Hached et aussi Habib Achour (14). Aussi la réponse très positive de Farhat Hached à l’appel adressé de Salah Ben Youssef pour participer aux travaux du congrès de l’Indépendance marque le début de l’engagement nationaliste du leader syndicaliste et de sa polémique avec la Fédération Socialiste Sfio de Tunisie qui le taxa de « collusion avec les partis nationalistes » (15). Il s’ensuit un rapprochement latent au niveau stratégique (primauté de la libération nationale devant l’émancipation sociale) qui se manifesta dans les ressorts de la grève générale déclenchée par l’Ugtt à Sfax les 4 et 5 août 1947. Ses retombées sur le rapport de force interne de la centrale d’un côté et celui des leaderships nationalistes rivaux bourguibiste et yousséfiste de l’autre balisent l’alliance Me Salah Ben Youssef – le leader Farhat Hached – Mohamed Lamine Bey.

Et survient la grève générale illimitée du 4 août 1947…

L’Ugtt constituée depuis le 20 janvier 1946 et essaimant le monde du travail tunisien ne subissait pas moins l’hostilité de la CGT- Union des Syndicats de Tunisie mutée sous le vocable  de l’Union syndicale des travailleurs de Tunisie (Ustt) (congrès extraordinaire, 26-27 septembre 1946) et de la Fédération syndicale mondiale (FSM) de Louis Saillant  dont il deviendra le secrétaire général de 1946 à 1968. Les autorités coloniales du protectorat excluaient l’Ugtt (nationaliste) de ses consultations salariales et convoquaient  uniquement l’Ustt (communiste) et la CGT-Force Ouvrière (socialiste).Tandis que la FSM reconnaissait l’adhésion de l’Ustt et bloquait celle de l’Ugtt.

Farhat Hached convoqua la tenue d’une commission administrative élargie aux représentants de toutes les unions régionales et des fédérations professionnelles (juillet 1947) et proposa une grève générale de vingt-quatre heures qui bénéficia du soutien tacite du secrétaire général du Néo-Destour, Me Salah Ben Youssef. Tandis que Habib Achour, Abdelaziz Bouraoui et Mohamed Kraiem, « représentants désignés » de l’Union régionale de Sfax à la Commission administrative, proposaient « une grève générale illimitée jusqu’à la satisfaction des revendications de la Centrale…portée essentiellement sur la participation à la commission centrale des salaires et à une augmentation substantielle du salaire minimum garanti »(16). Sous l’impulsion de Achour et malgré l’opposition de Hached, la commission administrative décida la grève générale pour le 4 août 1947 (17). Cette option avait le soutien aussi tacite du leader Habib Bourguiba éloigné au Caire.

La Résidence Générale de France en Tunisie savait et Pierre Chatenet, directeur du Cabinet de Jean Mons, dans une perspective d’instrumentalisation socialiste (18), « appela Farhat Hached dans l’après-midi du 4 août 1947 et essaya de lui faire comprendre qu’une action ponctuelle comme celle de Sfax ne pouvait mener à rien… Farhat Hached m’écoutait attentivement…J’eus assez vite l’impression puis la conviction qu’il était débordé par son représentant à Sfax (Habib Achour), forte personnalité mais plus violent que lui… ». A la fin de l’entretien, Pierre Chatenet, reconduisant Farhat Hached à la porte de son bureau, lui dit :  « Monsieur Farhat Hached vous allez faire une bêtise…Peut-être, mais c’est trop tard, répondit Farhat Hached en regardant bien son interlocuteur dans les yeux » (19).    

En dépit des manœuvres de la Résidence et des avertissements du contrôleur civil de Sfax, la grève s’est poursuivie le 5 août. Et « les engins militaires franeçais reçoivent l’ordre de tirer sans sommation sur les piquets de grève avec des balles réelles » provoquant un massacre : Trente-sept morts et plus de 100 blessés parmi les ouvriers grévistes. Profitant des circonstances, le Résident Général Jean Mons présenta à S.A. Mohamed Lamine Bey un projet de décret proclamant la dissolution de l’Ugtt. Lamine Bey, par une astuce suggérée par Salah Ben Youssef, rétorqua qu’il était disposé à signer le décret si celui-ci portait un caractère général en y englobant les autres centrales syndicales (l’Ustt et la CGT-FO). La manœuvre porta et le Résident Général s’en alla bredouille (20). Ainsi, Mohamed Lamine Bey, conseillé par Salah Ben Youssef, évite à l’Ugtt une « disparition prématurée ». Bien plus, il envoie sa fille aînée, la princesse Zakia, en compagnie du ministre du Travail du Gouvernement Kaak, Ali Ladhari, visiter l’Union Régionale de l’Ugtt à Sfax et lui remettre un don de 20000 francs en guise d’aide aux blessés et aux familles des victimes de la répression du 5 août. Tandis que Abdelaziz Bouraoui, membre de l’Union régionale de la centrale à Sfax et l’un des organisateurs  de la grève des 4 et 5 août, souligne dans ses Mémoires que Mohamed Lamine Bey a fait don de 100000 francs remis à Farhat Hached (21).

Aussitôt, ces agissements provoquèrent le courroux du Cheikh Mohamed El Fadhel Ben Achour, président d’honneur de l’Ugtt et moncefiste résolu, le 8 août 1947,  qui envoya une lettre de réprimande à Farhat Hached lui « conseillant au nom de la Commission administrative de rendre les 100.000 francs à son donneur » (22). La réponse tardive de Farhat Hached aux récriminations du Cheikh El Fadhel Ben Achour survint selon Mohamed Al Habib Al Hila à travers les décisions prises par le Deuxième Congrès ordinaire de l’Ugtt tenu à Tunis les 19, 20 21 décembre 1947 qui « exclut le Cheikh Mohamed El Fadhel Ben Achour de la présidence d’honneur de la Centrale et acclame sous les applaudissements des congressistes la nomination de Me Salah Ben Youssef en tant que membre d’honneur de l’Ugtt » (23).

…et ses retombées immédiates (1947 – 1949)…

L’année 1948 ébranlée par la guerre de Palestine (mai) et le décès de Moncef Bey en exil (septembre) ne consolide pas moins l’alliance du trio Salah Ben Youssef- Farhat Hached- Mohamed Lamine Bey. Me Salah Ben Youssef confia la présidence des travaux du Congrès du Parti (Dar Slim, 17 octobre) à Farhat Hached. Le militant Ali Miyaoui, présent et témoin, soulignait dans ses Mémoires comment  le leader Farhat Hached intervenait pour cesser le clash entre partisans yousséfistes et nourguibistes (24). Et ce sont bien les résultats de ce congrès qui intronisèrent la stature du puissant secrétaire général Salah Ben Youssef face au Président Habib Bourguiba « empêtré dans les sables mouvants de la Ligue des Etats arabes ».  Au terme de son discours prononcé à Tunis devant les cadres du Parti, le 18 juillet 1949, Me Salah Ben Youssef s’adressa avec véhémence à l’assistance : « Voilà le bilan de Mons, de Kaak, le bilan de Salah Ben Youssef. J’ai la confiance du peuple, de Sidi Lamine, des chambres consulaires, des groupements agricoles, des fédérations de fonctionnaires, de l’Ugtt, de la Société de Bienfaisance, de la colonie israélite et naturellement de vous-mêmes » (25).

Le bulletin spécial du retour du Zaïm le 8 septembre 1949, établi par la Résidence, révéla que le leader Habib Bourguiba « s’est entretenu (d’abord) avec le prince Chedly, fils aîné de S.A. le Bey,… et puis … introduit après une longue attente auprès du souverain…L’entrevue ne dura que 7 minutes… »(26). Tout semble indiquer que le leader Bourguiba n’était  point surpris de la nature de l’accueil et encore moins de l’avancée  accomplie par son rival et compagnon, Me Salah Ben Youssef, qui a su manœuvrer pour gagner le soutien de Mohamed Lamine Bey et de Farhat Hached. Aussi, le Zaïm s’emploie-t-il à rassurer le possesseur du royaume de Tunisie en multipliant les gestes d’égard à son endroit d’un côté et de planifier autant que faire se peut une concertation avec Farhat Hached, toujours contrarié par le refus d’affiliation à la FSM posé par la CGT, en vue « d’exposer la stratégie de son parti, sécuriser les syndicalistes occidentaux et particulièrement américains sur l’engagement anticommuniste du mouvement national et leur demander d’exercer des pressions sur leurs gouvernements respectifs au profit de la cause de l’autonomie de la Tunisie » de l’autre (27). Le Président du Néo-Destour se rendit sur les suggestions de Farhat Hached, souligne Mustapha Kraiem, à Milan où il assista, en compagnie du leader syndicaliste au Deuxième Congrès de la Cisl. Bourguiba, grâce à Farhat Hached, poursuit-il, fut introduit dans les milieux syndicalistes. Il fut présenté à Irving Brown qui l’invita à assister  au congrès de son organisation l’AFL prévu à San Francisco pour  le mois de septembre 1951 (28). Ainsi, le duo nationaliste -syndicaliste Bourguiba – Hached se constitue dans le sillage libéral et anti communiste américain de la Guerre Froide.

A  suivre…

Note
(1) Dans la nuit du 23 au 24 août 1946, Mes Salah Ben Youssef et Salah Farhat, respectivement secrétaires généraux des Néo-Destour et de la Commission exécutive du Parti libéral constitutionnel tunisien (Vieux-Destour), parviennent à réunir « plus de deux cents représentants des diverses couches de la population  tunisienne, délégués des partis néo et vieux Destours, l’Ugtt en la personne de son leader et secrétaire général, Farhat Hached, journalistes, commerçants, agriculteurs, professeurs de la Zitouna dont notamment les Cheikhs  Fadhel Ben Achour et Chedli Belcadhi ; anciens ministres de Moncef Bey aux premiers desquels M’Hamed Chenik  et Hamadi Badra ; et notables venus de toutes les villes de la Régence » en Congrès national tunisien pour examiner la situation politique et les revendications nationales. Surnommé congrès de la Nuit du Destin (il tient ses assises durant  la nuit du 26 au 27 Ramadan) et aussi de l’Indépendance (à cause de sa revendication proclamée par Salah Ben Youssef avec l’appui de l’assistance), ce congrès put, avant d’être brutalement interrompu par l’intervention de la police (coloniale), proclamer la revendication de l’indépendance tunisienne.
Cf. :
– Kraiem (Mustapha) : La classe ouvrière tunisienne et la lutte de libération nationale (1939-1952).Tunis, 1980, page 202.
– Casemajor (Roger) : L’action nationaliste de la Tunisie. Du Pacte Fondamental de M’Hamed Bey à la mort de Moncef Bey (1857-1948). Tunis, Sud Editions, 2009, pp. 198-202.
(2) Les deux chefs syndicalistes, Habib Achour (1913-1999) et Mohamed Kraiem (1928-2016) révèlent dans leurs mémoires respectives et restituent le contexte de cette fameuse transaction :
– Achour (Habib) : Ma vie politique et syndicale : enthousiasme et déceptions 1944-1981.Tome 1. Tunis, Alif, 1989, pp. 50-51.
– Kraiem (Mohamed) : Feuillets d’une vie. Du Mouvement Syndical au Gouvernement. Tunis, L’Or du Temps, 2013, pp. 147-148.
(3) Extrait de la leçon d’ouverture donnée au Collège de France le 1er décembre 1943 In L’Histoire, n° 403, septembre 2014, page 23.
(4) In  Revue de Politique Etrangère, n°3, juin – juillet 1954. Le Néo-Destour, ses caractéristiques psychologiques et politiques, Hédi Nouira, avocat à la Cour d’appel de Tunis, pp. 317-334.
(5) Tenue de son premier congrès après-guerre qui vota la non-adhésion à la l’Union des syndicats français de Tunisie CGT).
(6) Contrairement au noyau historique dur de la Cgtt  de  1924 – 1925 composé des deux destouriens M’Hamed Ali El Hammi, Tahar Haddad et du syndicaliste communiste Mokhtar Al Ayari.
(7) Bessis (Juliette): Farhat Hached In Les Fondateurs. Index biographique des cadres syndicalistes de la Tunisie coloniale (1920-1956). Paris, l’Harmattan, 1985, pp. 84-86.
(8) Bessis (Juliette): Farhat Hached (1914-1952) In Supplément Jeune Afrique, n°883, du 9 décembre 1977, page 15/45.
(9) Cf. notre article en arabe : Observations à propos de la position des socialistes français vis-à-vis de l’évolution de  l’expérience syndicale de Hached (1936-1952) In Rawafed, n°8, 2003, pp.98-99.
(10) -Bessis (Juliette): Léon Jouhaux In. Les Fondateurs. Index biographique…, Op.Cit, page 90.
      -Cohen-Hadria (Dr. Elie) : Du protectorat français à l’indépendance tunisienne. Souvenirs d’un témoin socialiste. Nice, CMMC, 1976, page 185 :
« Albert Bouzanquet avait encouragé et je crois bien conseillé Hached. Mais Bouzanquet ne présentait aucun danger pour l’indépendance de la future organisation (Ugtt) ».
(11) Irving Brown est un syndicaliste américain passé en 1943 au service de l’OSS puis de son épigone, la CIA.  Comme représentant à Paris de la Confédération mondiale des syndicats libres, émanation directe de la Confédération américaine des syndicats, dite AFL-CIO, c’est, lui qu’appartient la tâche d’isoler le Parti communiste  et la CGT en finançant massivement leurs concurrents « réformistes » : Cf. Branca (Eric) : L’Ami Américain. Washington contre de Gaulle 1940-1969. Paris, Perrin, pp. 139-140.
Son correspondant à Tunis (1943-1944) était Albert Bouzanquet : Cf. Régin (Tania) : Force Ouvrière à la lumière des archives américaines In Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, n°87, 2002.
(12) Mémoires de Abdelaziz Bouraoui  (en arabe) 1943-1988. Sfax, 2013, pp. 31-54.
(13) Cf. Mechat (Samya) : L’improbable ‘Nation Arabe’. La Ligue des Etats arabes et l’indépendance du Maghreb (1945-1956) In Vingtième siècle. Revue d’histoire. N°82, 2/2004, page 57.
(14) – SHAT (Service Historique de l’Armée de Terre, Archives de Vincennes), 2H195 -196, Synthèses de renseignements de l’Etat-Major du 2ème Bureau sur la Tunisie (septembre 1945- août 1958). Synthèse de renseignements sur l’Ugtt en date du 21 novembre 1946.
– MAE (ministère des Affaires étrangères), Fonds de la Résidence, Série Tunisie. Dossier : le syndicalisme tunisien des origines jusqu’à 1946 (Ishmn). Document : Renseignements : Syndicats Autonomes Tunisiens (23 juillet 1945).
(15) Cf. Tunis-Socialiste, 1er mars 1947. A propos d’unité syndicale : l’Ugtt nous écrit.
On y perçoit que Farhat Hached, tout en souscrivant à l’indépendance du syndicalisme vis-à-vis des partis politiques, défend le droit des Tunisiens à constituer leur propre syndicat national qui ne peut se désintéresser du sort du pays, subissant le joug colonial.
(16) Kraiem (Mohamed) : Feuillets d’une vie…, Op.Cit,  page 65.
(17) Il est symptomatique de noter que les premiers des syndicalistes tunisiens qui avaient brandi et soutenu le principe d’une grève générale durant la période coloniale soient deux destouriens : M’Hamed Ali El Hammi en janvier 1925 et Habib Achour en 1947.
(18) Albert Chatenet tablait sur la casquette de Jean Mons, ancien syndicaliste et chef de cabinet du socialiste Léon Blum, chef du gouvernement français (décembre 1946- janvier 1947), pour amadouer un tant soit peu Farhat Hached.
(19) Chatenet (Pierre) : Décolonisation. Souvenirs et Réflexions. Paris, Buchet/Chastel, 1988, pp.68-69.
(20) Kraiem (Mohamed) : Feuillets d’une vie…, Op.Cit,  page 69.
(21) Mémoires de Abdelaziz Bouraoui (en arabe) : Nidhalat Naqabia (Luttes syndicales)…Sfax, 2013, pp. 104-105.
(22) La lettre du Cheikh El Fadhel Ben Achour  a été publié in extenso In Al Manai (Hassen) : Le Cheikh El Fadhel Ben Achour, cursus scientifique et réformiste (en arabe). Tunis, CPU, 2010, pp. 500-507.
(23) Al Hila (Mohamed Al Habib): Le Cheikh El Fadhel Ben Achour et l’importance de son rôle dans l’Ugtt à travers les archives françaises 1946-1947 (en arabe)  In A propos de l’Université de la Zitouna : la religion et la société et les mouvements nationaux au Maghreb arabe. Tunis, Publications de l’Institut supérieur de l’histoire du Mouvement national tunisien, 2003, page 109.
(24) Mémoires de Ali Miaoui (en arabe). La Manouba, Publications de l’Ishmn, 2007, pp. 273 – 275.
(25) CADN (Centre des archives diplomatiques de Nantes), Fonds : Protectorat de Tunisie, Série : 2e versement, n° de l’article : 2Mi 331/Volume 1867(2), document : Activités de Salah Ben Youssef (20 juillet 1949).
(26) SHAT (Service Historique de l’Armée de Terre), Vincennes, Bulletin spécial de renseignements sur le retour du leader Habib Bourguiba daté au 19 septembre 1049.
(27) Kraiem (Mustapha) : 1952, l’année Ultime de la vie de Hached : son action de résistance et son assassinat In Processus et enjeux de la décolonisation en Tunisie (1952-1964). Tunis, Publications de l’ISHMN, 1999, page 153.
(28) Kraiem (Mustapha) : La classe ouvrière tunisienne…, Op.Cit, pp. 402 – 403. Il n’est pas exclu que Bourguiba  connaissait déjà la mission de Irving Brown pour contrecarrer le syndicalisme communiste grâce à son ami Hooker Doolittle, consul américain à Alexandrie, durant son séjour au Caire : Cf. : Brown (Carl L.) : « Mon ami » Hooker Doolittle : les premiers contacts américains avec Habib Bourguiba In Habib Bourguiba La trace et l’héritage. Michel Camau et Vincent Geisser (dir.). Paris, Karthala, 2004, pp. 407 – 428.

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Un commentaire

  1. KACHOURI

    03/10/2021 à 16:05

    Excellent article ; vivement la deuxième partie. Merci à l’auteur et Merci au Journal LA PRESSE.

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