D’après de récentes recherches, il pourrait y avoir un grand potentiel et même un avantage comparatif pour la création d’emplois en Tunisie dans les «industries sans cheminées» (Iwoss). C’est ce qu’a démontré une analyse réalisée par Brookings Institution, un think tank américain, qui soutient le projet «Africa Growth Initiative». Dans son dernier document d’analyse intitulé «Industries sans cheminées en Tunisie : Créer des emplois dans le tourisme et les TIC ». Il a été mentionné que la Tunisie, «comme de nombreux pays africains, fait face à un afflux de jeunes dans sa main-d’œuvre, mais le pays n’a pas assez d’emplois pour les absorber».


D’après le rapport de «Brookings Institution», publié récemment, «les Iwoss sont des secteurs qui partagent beaucoup de points communs avec l’industrie manufacturière, en particulier leur négociabilité et leur tendance à absorber un grand nombre de travailleurs peu qualifiés. Les exemples d’Iwoss incluent l’agro-industrie, l’horticulture, le tourisme et certains services basés sur les technologies de l’information et de la communication (TIC)». Ainsi, une bonne gestion de ces secteurs, la création d’emplois et le développement des exportations pourraient permettre la création de nouveaux domaines d’avantage comparatif et avoir un impact positif sur d’autres secteurs également.

Une nouvelle perspective

Avec un taux de croissance évalué à 2 % au cours de la période 2012-2019, selon les données de la BCT, la Tunisie doit envisager de nouvelles stratégies et d’autres améliorations politiques pour inverser cette tendance et stimuler la création d’emplois dans le pays. Le rapport de «Brookings Institution», estime que les défis dans ce domaine sont répartis sur plusieurs fronts. En premier lieu, le marché du travail tunisien souffre d’une inadéquation entre la demande et l’offre de travail, ainsi que d’un fort déséquilibre lié à l’écart entre les sexes. Ce phénomène concerne, d’après la fondation européenne pour la formation (2019), principalement les femmes, les jeunes et les diplômés. Ces derniers sont souvent exclus du marché du travail en raison d’une inadéquation des compétences requises pour entrer sur le marché du travail, malgré l’acquisition de qualifications et de diplômes. Le rapport propose donc une sortie du chômage des jeunes à travers une analyse de l’économie tunisienne depuis les années 1960, y compris les prévisions suite à la crise du covid-19. Cette analyse va permettre de fournir «une perspective alternative qui va au-delà de la fabrication conventionnelle». La nouvelle alternative doit s’appuyer sur des atouts pour trouver une marge d’amélioration dans la politique industrielle, y compris l’agriculture ou les services non traditionnels.

Quelle importance pour les Iwoss ?

L’étude sera aussi un moyen perspicace pour dévoiler comment la création d’emplois, combinée à l’identification des compétences requises pour travailler dans un domaine donné, pourrait avoir un impact concret sur la diminution du chômage des jeunes. L’impact de l’Iwoss sur l’économie tunisienne est apparu dès les années 1980, lorsque le marché s’est déplacé vers ce nouveau secteur économique, qui représentait 44% du PIB de la Tunisie en moyenne entre 2015 et 2019. Ainsi, et à travers une approche comparative avec d’autres activités, il serait possible de constater que la croissance de la valeur ajoutée par secteur d’activité indique l’importance relative des secteurs Iwoss, notamment le secteur du tourisme, suivi des transports et des secteurs financiers, dans l’économie tunisienne. En raison de leur potentiel particulier de croissance dans le contexte tunisien, nous avons examiné les sous-secteurs spécifiques de l’Iwoss du tourisme, des services financiers et des TIC, et avons constaté que, généralement, leurs contributions à l’économie tunisienne se traduisent par une meilleure capacité à résister et à s’adapter aux chocs.

A retenir !

La crise du covid-19 a eu un impact indéniable sur tous les secteurs de l’économie tunisienne, en particulier le tourisme, bien que l’agriculture, la pêche et les TIC en aient le moins souffert. Compte tenu des dommages généralisés qui s’ajoutent au taux de chômage des jeunes déjà élevé, une réponse multipartite est essentielle pour créer des emplois pour les jeunes Tunisiens. Afin de découvrir la capacité de création d’emplois des secteurs Iwoss, les principales contraintes qui entravent la croissance de ces secteurs doivent être abordées.

La Tunisie a encore besoin de catalyseurs cruciaux tels que la stabilité politique, les partenariats public-privé et le développement de campagnes promotionnelles qui améliorent davantage la culture, les traditions et le patrimoine national tunisiens pour rendre l’industrie du tourisme encore plus prospère. La construction d’infrastructures, en particulier l’amélioration des transports et des communications pour le tourisme, aurait également un impact positif sur d’autres secteurs tels que l’agriculture et la construction. Par ailleurs et en ce qui concerne les technologies de l’information et de la communication et afin de permettre un plus grand développement du secteur des TIC, les décideurs devraient s’engager à améliorer l’inclusion sociale et à rendre accessibles une formation et un enseignement de haute qualité en matière de TIC. De telles interventions pourraient conduire au développement de l’administration électronique et encourager les investissements dans l’industrie des TIC pour créer des emplois. Les programmes « Tunisie numérique » et «Tunisie intelligente» proposent une stratégie claire à cette fin.

Services financiers

Les décideurs politiques devraient encourager de manière agressive une transition vers les outils numériques, promouvoir les paiements numériques et soutenir le développement de nouvelles innovations technologiques. En fin de compte, nous constatons que les secteurs des TIC, des services financiers et du tourisme peuvent être essentiels pour relever les défis de la croissance du pays, si des interventions telles que l’amélioration des infrastructures, un meilleur accès au financement à long terme et une numérisation améliorée, entre autres, peuvent être mises en œuvre.

Charger plus d'articles
  • Ils ont dit

    John Hamilton, PDG de « Panoro Energy ASA » « Avec le développement des programmes de fora…
  • Express

    «Lab’ess» — Appel à candidature 10 porteurs de projets à impact positif «Lab’ess» vient de…
  • Ils ont dit

    John Hamilton, PDG de « Panoro Energy ASA » « Avec le développement des programmes de fora…
Charger plus par Saoussen BOULEKBACHE
Charger plus dans Economie

Laisser un commentaire