Les déboires se succèdent pour les étudiants qui ont entamé depuis quelques semaines leur rentrée universitaire. Dès la fin de l’été, ceux qui ont été orientés vers des établissements universitaires éloignés de leur ville natale se sont mis en quête d’un foyer, en envoyant leur requête en ligne sur le site de l’Office des œuvres universitaires du Nord.

La majorité n’ont pas tardé à être affectés dans les différents foyers répartis sur tout le territoire quelques jours avant le démarrage des cours en contrepartie de l’acquittement des frais qui s’élèvent en moyenne à 70 dinars le semestre. Mais la surprise sera mauvaise pour certains étudiants qui découvrent, en se rendant sur place, des chambres exigües et privées des commodités les plus élémentaires.

Au foyer Hay Eddir dans la ville du Kef, des chambres, dotées d’un bureau et d’une armoire et dont la superficie ne dépasse pas 8 m2, comptent entre trois et cinq lits accolés pour permettre aux occupants de se déplacer dans la pièce et sont dotés d’un bureau et d’une armoire. Dans ce foyer, 15 étudiants en moyenne doivent se partager les seuls sanitaires aménagés dans l’étage qu’ils occupent. Ces derniers, par ailleurs, ne peuvent se doucher qu’à partir de minuit, car le foyer enregistre quotidiennement une perturbation de l’alimentation en eau potable. «J’ai été surpris en m’apercevant que j’allais partager ma chambre avec d’autres étudiants, raconte Nassim, étudiant en première année ingénierie informatique à l’ISI du Kef.

Il y a à peine de la place pour se déplacer dans la pièce et nous sommes obligés de partager le même bureau et la même armoire. D’ailleurs, nous avons gardé nos affaires dans nos valises. Je ne vois pas comment nous allons pouvoir réviser dans des conditions pareilles avec un seul bureau pour trois étudiants». Parce qu’ils n’ont pas trouvé de place dans les chambres toutes occupées, des étudiants rajoutés tardivement à la liste des occupants du foter ont fini par installer des lits dans la cuisine de l’établissement. Mais les conditions sont tellement inconfortables qu’ils ont fini par quitter le foyer, renonçant à leurs études universitaires.

Des étudiants en difficulté financière

Le coût du loyer : c’est bien là l’autre écueil qui représente un obstacle de taille pour des étudiants inscrits en deuxième et troisième année et qui n’ont pas droit à une chambre dans un foyer universitaire public. Issus de familles aux revenus modestes, ils sont nombreux à avoir fini par renoncer à leurs études après avoir cherché en vain un logement dont le loyer ne dépasse pas leur budget. Récemment, sur les réseaux sociaux, un appel à la solidarité a même été lancé pour aider des étudiants de l’Enit, en difficulté financière et qui n’ont pas trouvé de logement dans un foyer, à payer leur loyer afin qu’ils n’abandonnent pas leurs études universitaires. Cela devrait amener le ministère de tutelle à réfléchir aux moyens et aux solutions permettant à des étudiants qui achèvent leur cursus de base dans des établissements universitaires éloignés de leur ville natale d’avoir accès à une chambre de foyer au loyer modique, quitte à établir une liste des étudiants prioritaires et à mettre à contribution le secteur privé afin d’augmenter le nombre de foyers et de résidences universitaires et résoudre le problème du logement pour les étudiants qui menacent de décrocher.

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