On peut, certes, s’interroger quant à la pertinence d’une position, d’une idée, d’un avis, liés à la morale, au devoir, au sentiment d’appartenance, force est de reconnaître cependant qu’il est devenu de plus en plus fréquent de voir l’ancien président de la République manquer à la mission qui lui incombe et de se démarquer de la noblesse que représente son statut.

Le constat ne peut plus surprendre. Il devient de plus en plus évident : on sait aujourd’hui pourquoi et comment certains acteurs politiques, dépassés par les événements, tombent si bas et se montrent toujours incapables de renouveler leur centre d’intérêt au-delà de ce qui existe réellement. Ils continuent à s’intéresser à ce qui se passe dans leur pays sans en avoir le profil. Ils ont conscience des privilèges qui leur sont accordés, sans qu’ils les méritent vraiment. Passés de l’autre côté de la barrière et revenus à leur vraie dimension, après un passage inespéré, voire accidentel, dans des hautes sphères de l’Etat, ils continuent à agir à contrecourant et à l’écart du système.

Au fait, rien ne semble plaire, et encore moins convaincre, ces illustres spécialistes de l’alarmisme, du défaitisme et du pessimisme qui se sont transformés en une source de nuisance pour leur pays de qui ils ont tout reçu sans rien donner.

Mais dans la mesure où plus personne ne semble s’intéresser à ce qu’ils prétendent, ou même à ce qu’ils préconisent, ou bien leur accorder la moindre attention, on ne s’étonne pas des positions et des arguments qu’ils balancent  ici et là au moment où même leur présence n’est plus souhaitée… C’est l’issue inévitable de ces personnes qui n’ont jamais aspiré  à un nouveau statut, sommes-nous tentés d’affirmer, notamment en l’absence des dispositions requises, mais nous sommes dans le regret d’admettre que les valeurs, le respect des autres et des règles, la loyauté et la fidélité sont autant de repères que le paysage politique est en train de perdre.

Dans une déclaration accordée à France 24, l’ancien président de la République, Moncef Marzouki,  a répondu, bien sûr à sa manière, aux accusations selon lesquelles il serait responsable du report du sommet de la  Francophonie en affirmant qu’il en est fier « parce que cet événement doit se dérouler dans une Tunisie démocratique ». Pour lui, la présence de 30 dirigeants internationaux au Sommet de la Francophonie serait synonyme  « d’approbation internationale de la dictature ». Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons d’une réflexion  dénaturée et dénuée de sens. On peut, certes, s’interroger quant à la pertinence d’une position, d’une idée, d’un avis, liés à la morale, au devoir, au sentiment d’appartenance, force est de reconnaître cependant qu’il est devenu de plus en plus fréquent de voir l’ancien président de la République manquer à la mission qui lui incombe et se démarquer de la noblesse que représente son statut. Ses excès, devenus courants, n’ont aucune justification. Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons d’une réflexion  dénaturés et dénués de sens. Au vu de ses limites relatives aux connaissances politiques, ou celles des idées et des initiatives constructives, on se demande si l’homme serait un jour vraiment  capable de s’acheter une nouvelle conduite.

C’est à tous les niveaux que Marzouki se permet des dépassements qui compromettent son statut d’ancien président de la République. C’est là que résident sans doute la déception et la frustration des Tunisiens, tout particulièrement à travers le comportement abusif et ses relents récurrents à l’absence de morale, de celui qui incarnait, à un moment donné, l’autorité suprême.  Est-ce si grave de faillir à une  réputation, à un prestige ? Aussi grave certainement qu’un manquement au devoir. En continuant à s’égarer, Marzouki ne se contente pas de se tromper. Ce qu’il ne cesse d’exprimer, aussi inadapté que dénué, devient à la longue l’incarnation d’un manque évident de discernement. L’on ne sait pas s’il en est conscient ou non, mais l’on est sûr d’une chose : il n’y a pas de limites aux dérives.

A sa manière de se revendiquer et à travers ses différentes prises de positions, Marzouki perd de plus en plus sa crédibilité auprès des Tunisiens qui sont aujourd’hui en droit non seulement de douter du bien-fondé de ce qu’il prétend, mais aussi de le réfuter et de le condamner systématiquement.

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