Kairouan, une ville célèbre par son passé glorieux et son présent au cachet illustre et typique, ne dévoilera jamais tous ses secrets à la même personne. C’est pourquoi elle continue de susciter l’intérêt des historiens et des chercheurs qui constatent que, dans cette cité, le moderne et le traditionnel cohabitent en une merveilleuse harmonie. En fait, la capitale des Aghalbides n’est ni légende ni réalité. Elle est les deux ou plutôt entre les deux. Ainsi, plusieurs mythes se sont greffés dans l’esprit. A cet effet, la tradition dit que sept visites à Kariouan équivalent à un pèlerinage à la Mecque.


La légende nous apprend, d’autre part, que Abdallah (alias Abou Zamaâ) El Balaoui, originaire de la péninsule arabique et compagnon du Prophète, a eu lors du sermon d’adieu de ce dernier, trois poils de sa barbe qu’il a implantés dans son avant-bras. On raconte qu’il a demandé, de son vivant, qu’on les inhume avec lui, un sur la langue et les deux autres sur les yeux, ce qui fut fait.

Autre fait, autre légende : sur ordre de son médecin, en 876, le monarque aghlabide Ibrahim II a fait une marche à pied afin d’être guéri de l’insomnie.

En arrivant à un certain endroit, appelé depuis lors «Raqqada», il eut envie de dormir. Depuis ce moment-là, ce site est devenu la demeure préférée des monarques en quête de repos.

Et si aujourd’hui encore, cette ville aux multiples facettes attire, lors des fêtes religieuses dont le Mouled, des milliers de visiteurs, c’est que l’ambiance de la cité recourt, pour s’exprimer, aux concours de lecture du Coran et de chants liturgiques et aux arts de l’architecture, de la couleur et de la poésie.

En fait, le Mouled symbolise le passage des ténèbres à l’espoir. Et Kairouan qui lui a toujours réservé un accueil privilégié a pu, depuis l’époque aghlabide, véhiculer ces valeurs humaines héritées du Prophète Mohamed.

Manifestations spirituelles, culturelles et religieuses

Il va sans dire que les citoyens et les responsables à tous les niveaux ont parfaitement conscience des agréments qui accompagnent la célébration de cette fête religieuse qui attire chaque année des visiteurs de Tunisie et du monde arabe qui apprécient notamment les spectacles variés qui s’accordent à merveille avec la piété kairouanaise, les concours de lecture du Coran dans les différentes mosquées, les jolis tapis et guirlandes accrochés aux murs, les rues illuminées jour et nuit, les odeurs d’encens et d’eau de rose dans l’air, les chants soufis à la gloire du Prophète entonnés surtout au mausolée d’Abou Zamaâ El Balaoui.

Tous ces points et bien d’autres ont été évoqués, le 13 octobre, lors de la conférence de presse organisée par l’Association du Mouled présidée par Ali Ben Saïd.

Ainsi, des manifestations spirituelles, culturelles de religieuses sont prévues du 17 au 19 octobre avec notamment des foires, des concours de chants liturgiques, des compétitions sportives et culturelles, un colloque autour du thème «L’Islam et les valeurs de tolérance», des ateliers de peinture pour enfants, un défilé d’habits traditionnels, des spectacles de troupes folkloriques et de fantasia, des soirées de chants soufis, un spectacle «son et lumière», des soirées poétiques et de chants mystiques fêtant l’anniversaire du Prophète dont le célèbre «Inzed ennabi».

A côté de cela, l’Utica et l’association du Mouled organisent, du 6 au 19 octobre, une exposition nationale de produits de l’artisanat tunisien de différentes spécialités, dont la menuiserie, la pâtisserie, le cuivre, la broderie, le cuir, la bijouterie, l’ébénisterie, la tapisserie et la poterie. Notons dans ce contexte que les nombreux visiteurs de cette exposition ont notamment apprécié le tapis kairouanais. Entre la «alloucha» (tapis de haute laine d’agneau aux coloris discrets et naturels), les polychromes aux couleurs plus variées, et le mergoum, on n’a que l’embarras du choix face à la multitude de ces variétés, dont la qualité finale s’évalue à la densité des points au mètre carré, au serrage des lignes transversales et à la perfection géométrique des motifs décoratifs.

Par ailleurs, on organisera, le 18 octobre, un concours de préparation de l’assida du mouled, et ce, au mausolée Sidi Sahbi.

En somme, ceux qui visiteront Kairouan pendant ces festivités auront le plaisir, d’une part, de participer aux différentes cérémonies religieuses et, d’autre part, de se régaler d’un bon kaftagi, d’un bol de lablabi et d’acheter les fameux makroudhs et des articles en cuivre, célèbres pour le savoir-faire de ses artisans dont l’émulation a contribué à la dynamisation de la créativité afin de répondre aux exigences de la modernité tout en respectant l’authenticité du patrimoine.

Vaccination et distribution de bavettes

Pour préserver la santé de tous les visiteurs, la direction régionale de la santé les a appelés à respecter le protocole sanitaire afin de pouvoir participer aux activités et rassemblements publics et privés dans les espaces clos et ouverts.

Ainsi, on a déjà commencé à distribuer des bavettes à tous ceux qui visitent l’espace de l’exposition nationale de produits de l’artisanat, ainsi que les lieux de culture.

En outre, des tests PCR seront effectués, ainsi que des vaccins «Johson and Johson» au profit des visiteurs non encore vaccinés.

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