Il y avait au moins trois buts tout faits ratés par Chaâlali, Arfaoui et Iwuala. Deux balles  se sont écrasées sur le poteau droit. Une autre a frôlé le même poteau. Les «Sang et Or» ont, certes, joué de malchance, mais auraient pu être plus aguerris.

Un derby maghrébin est toujours intéressant à suivre, que les protagonistes soient des sélections nationales ou des clubs. Certains derbies maghrébins sont même devenus des classiques à l’instar de celui qui a opposé dimanche à Benghazi Ittihad Tripoli à l’EST. Certains observateurs avertis ont même estimé que ce classique est un quart de finale voire une demi-finale avant la lettre. Une chose est sûre : Ittihad Tripoli-Espérance de Tunis a tenu ses promesses en termes de rythme de jeu. On était même servi par trois belles occasions, œuvre de l’attaque « Sang et Or ».

Un  3-5-2  audacieux et équilibré…

Deux mois et demi après sa prise de fonctions, le style de Radhi Jaïdi et même son empreinte commencent à se faire sentir. Adepte du 3-5-2, le coach « sang et or » a tenu à l’appliquer même si cette formule exige une condition physique irréprochable. Or, on n’est qu’au tout début de la saison et tous les joueurs ne sont pas encore au point physiquement. Sauf que sous la houlette de Jaïdi, la discipline collective mais aussi individuelle est désormais de rigueur. En témoigne l’amélioration criarde du comportement de Ghailane Chaâlali sur le terrain. Celui qui traînait à peine les jambes et qui a fait perdre à l’EST la Supercoupe de Tunisie 2020 devant l’USM, en ratant lamentablement son tir lors de la séance des penalties, a failli offrir à Benghazi le but de la victoire. On jouait la 63’ quand il profita d’un cafouillage au sein de la défense tripolitaine suite à une action offensive menée par Iwuala sur la gauche, pour récupérer un ballon mal dégagé avant d’adresser un boulet de canon qui s’est malheureusement écrasé sur le poteau droit. Le talentueux Rached Arfaoui a également frôlé ce même poteau droit huit minutes plus tard. Et si la machine espérantiste a bien carburé offensivement dimanche, c’est grâce à la formule du 3-5-2, adoptée par Jaïdi qui lui a permis de maîtriser les débats à l’entrejeu. Une bataille, que les Espérantistes n’ont pas gagnée, mais n’ont pas perdue non plus, puisque les débats étaient équilibrés au niveau de ce compartiment. A la différence, les « Sang et Or » se sont montrés beaucoup plus dangereux que leurs hôtes au point de mériter la victoire. Sauf que la chance a joué bien de mauvais tours à Chaâlali et Arfaoui, mais aussi à Iwuala, dont le tir de la tête s’est écrasé également sur le poteau en fin de match. Ce n’était pas le cas de Nassim Ben Khélifa qui n’a pas su conclure à l’ultime minute de la période initiale. Il a tiré lamentablement dans les mains du portier libyen qui lui a fermé l’angle de tir. Ben Khélifa, qui a été servi royalement par Iwuala, aurait dû, par instinct d’attaquant, viser le deuxième poteau. Mais il a manqué terriblement d’imagination. Bref, c’est un attaquant qui n’a pas de vision de jeu et qui, d’un match à l’autre, démontre qu’il n’a pas sa place au sein de l’effectif « Sang et Or ».

En attendant que les préparateurs physiques mènent à terme le programme spécifique dédié à Moussa Konaté, le coach espérantiste doit corriger l’approche dans les 30 derniers mètres. Iwuala devra bénéficier davantage d’espace de manœuvre au vu de ses qualités techniques. C’est un joueur créatif et généreux dans l’effort. Lui permettre d’être un joker de l’attaque, avec l’appui de Rached Arfaoui, Mohamed Ali Ben Romdhane et Ghaïlane Chaâlali qui peut se permettre désormais d’apporter sa contribution en phase offensive avec le retour de Coulibaly, peut être une solution plausible en prévision de la manche retour, ce dimanche.

Bref, les « Sang et Or » ont tout fait à Benghazi sauf mettre la balle dans les filets. Ils ont développé un jeu plaisant et rassurant même si quelques retouches sont encore nécessaires. A Radès, ils doivent forcer leur destin. A eux de tourner la chance en leur faveur. Il suffit d’être perspicace dans la zone de réparation adverse. Ce dimanche, Radhi Jaïdi et ses hommes doivent faire un petit effort supplémentaire pour composter leur billet pour la phase de groupes. Ils n’ont pas vraiment le choix au risque de voir leur saison ratée avant même qu’elle ne commence. Et à vrai dire, Ittihad Tripoli est, certes, un adversaire qui force le respect, mais demeure largement à leur portée.     

Charger plus d'articles
Charger plus par Walid NALOUTI
Charger plus dans Sport

Laisser un commentaire