Suite aux consultations entre les coorganisateurs de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad), il a été officiellement décidé que la 8e édition de Ticad se tiendra en Tunisie en 2022. La Ticad aura lieu en Afrique pour la deuxième fois, après le Kenya en 2016. Au cours de son histoire de plus d’un quart de siècle depuis sa création en 1993, la Ticad revêt une importance particulière en tant que conférence internationale et multilatérale ayant pour objectif d’examiner les dossiers de développement en Afrique.

A la lumière des résultats de la Ticad 7 qui s’est tenue à Yokohama en août 2019, le Japon continuera à travers la Ticad 8 d’apporter un solide soutien au développement en Afrique.

Cet événement d’envergure sera une opportunité renouvelée pour la Tunisie pour valoriser sa géographie, son histoire, son capital diplomatique et son potentiel scientifique et technologique pour promouvoir une triangulation économique et technologique.

Il s’inscrit dans le cadre d’un contexte international qui est en transition sous l’effet aussi bien de la pandémie Covid-19, qui persiste encore, que des mutations technologiques, géoéconomiques, géopolitiques, etc., partout dans le monde, et en particulier au sein de la communauté des pays partenaires de la Conférence Ticad. L’ambassadeur du Japon, Shimizu, a affirmé que l’organisation de la Ticad constitue un challenge à relever, notamment celui du développement de la coopération triangulaire, précisant que cinq projets japonais sont en cours de réalisation en Tunisie qui créeront 5 mille emplois dans les années à venir.

La Tunisie, porte d’entrée des entreprises japonaises en Afrique

M.Shimizu a souligné que le Premier ministre japonais compte visiter la Tunisie pendant le sommet, accompagné de centaines d’hommes d’affaires japonais, ajoutant que la Tunisie pourrait être la porte d’entrée des entreprises japonaises en Afrique. Et d’ajouter que la Tunisie est appelée à améliorer le climat d’investissement et économique, notamment au niveau logistique, afin de renforcer la présence des investissements japonais en Tunisie.

A travers cette édition, le Japon vise à tripler ses investissements en Tunisie, notamment dans l’industrie des composants automobiles, a indiqué l’ambassadeur.

Pour sa part, le président de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-japonaise (Ccitj), Hédi Ben Abbès, a précisé que ce sommet japonais-africain devra réunir tous les pays africains et s’adresse au secteur privé pour développer l’investissement dans tous les domaines. La Chambre de commerce et d’industrie tuniso-japonaise a mis en place une feuille de route, laquelle a permis d’identifier les domaines où la Tunisie peut réaliser une valeur ajoutée, tels que les secteurs de la santé et l’agriculture biologique, ainsi que les industries mécaniques et électriques et tout ce qui concerne les composants automobiles.

Et d’ajouter que la Tunisie est l’un des pays développés dans le domaine de l’industrie de composants automobiles par rapport aux pays africains, à l’exception de l’Afrique du Sud, faisant savoir que «les Japonais ont exprimé leur volonté d’investir davantage dans ce secteur en Tunisie et de le développer».

Ticad 2022 sera marquée par la participation de plus de 12 mille hommes d’affaires. Environ 30 mille visiteurs sont attendus à ce Sommet qui se déroulera sur trois jours. Sachant que Ticad, dans sa septième édition tenue à Yokohama (Japon), a enregistré la participation de 42 chefs de gouvernement, un président africain et 10 mille hommes d’affaires. Un montant d’investissement de 20 milliards de dollars a été alloué à cette manifestation, afin de renforcer l’investissement dans tous les pays africains.

Les opérateurs économiques s’accordent à dire que l’Afrique est la plus grande zone prometteuse du XXIe siècle. Dans sa diversité, l’Afrique dispose d’un potentiel reconnu par les différents spécialistes qui lui permet, une fois bien exploité, de sortir de la spirale du sous-développement. La Tunisie peut jouer un rôle important dans les pays avec qui elle entretient des relations privilégiées, surtout en Afrique de l’Ouest.

L’Afrique est devenue aujourd’hui un fournisseur important d’énergie fossile. La croissance démographique, l’amélioration du niveau de vie dans le monde et l’entrée d’acteurs massifs, comme la Chine et l’Inde, dans la chaîne globale de production industrielle créent une demande explosive pour ces ressources. Ce qui crée une ruée vers l’Afrique dans la compétition pour ces ressources limitées. Elle crée une situation de pression sévère sur les ressources et sur l’environnement.

Ticad 8 en Tunisie pourrait plaider pour l’insertion de l’Afrique émergente dans la chaîne globale de recherche, d’innovation technologique et de savoir. Elle serait l’occasion de lancer des événements et des institutions au niveau de l’Afrique, semblables à Tunisia Japan Symposium Society Science and Technology (Tjasss) et à Alliance Research North Africa (Arena).

C’est l’occasion aussi d’élargir le partenariat scientifique et technologique entre le Japon et la Tunisie au reste de l’Afrique, en l’améliorant et en le mettant à jour.

En somme, Ticad 8 peut plaider l’introduction d’un objectif de développement soft et culturel, comme un objectif de base soutenant les objectifs de développement économique, social et de sécurité, de paix et de stabilité en Afrique. Elle constitue également une contribution à la réalisation des Objectifs de développement durables de l’Agenda 2030 des Nations unies et des objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

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