La Tunisie et l’Algérie, qui ont depuis longtemps des relations fraternelles sur le plan politique, tiennent aujourd’hui à les renforcer économiquement. Ce sont de très bonnes relations qu’entretient la Tunisie avec l’Algérie, marquées par la culture et l’histoire communes. Le soutien de ce pays frère durant la période difficile qu’a traversée la Tunisie ces dernières années, ainsi que des intérêts communs liés notamment à la sécurité des frontières, ne sont plus à démontrer. Nul n’est censé ignorer que l’Algérie s’est toujours tenue aux côtés des Tunisiens. Sa solidarité, elle l’a déjà exprimée lors de la révolution, face à la crise financière du pays, la propagation de la pandémie du coronavirus… Mais bien que les relations politiques entre les deux pays voisins soient au beau fixe, les relations économiques restent en deçà des attentes. Les indicateurs de 2019 montrent que l’Algérie a exporté vers la Tunisie, plus d’un milliard de dollars, un chiffre en progression de 13% par rapport à 2018 mais qui ne représente, en fait, que 3% des exportations globales. Les échanges économiques demeurent très bas : les exportations algériennes vers la Tunisie se limitent presque exclusivement au pétrole et au gaz, à hauteur de 95%. Du côté de la Tunisie, ses exportations vers l’Algérie sont plus diversifiées, (matériaux de construction, produits chimiques, produits alimentaires et autres). En tout, les échanges économiques entre l’Algérie et la Tunisie ne dépassent pas les 2%. En termes d’implantation économique, environ 763 sociétés tunisiennes sont actives actuellement en Algérie dans des domaines très variés (industrie, services, ingénierie, TIC, distribution, communication).  Mais s’il y a un secteur où les relations sont particulièrement développées, c’est bien celui du tourisme. Selon les statistiques officielles, en 2019, 1,7 million de touristes tunisiens ont passé leurs vacances en Algérie, contre 1,3 million d’Algériens ayant choisi la Tunisie. Certes, cela reste insuffisant, mais les relations économiques ne manqueront pas d’enregistrer un réel bond en avant après la visite officielle du Président Abdelmajid Tebboune en Tunisie, prévue très prochainement.

Une visite tant attendue par  le Président algérien qui a affirmé lors d’une entrevue avec les médias algériens qu’il comptait se rendre en Tunisie «une fois le nouveau gouvernement formé» en emmenant avec lui une «bonne partie du gouvernement» afin de «réactiver» les accords bilatéraux «gelés», notamment la «haute Commission tuniso-algérienne» dont la dernière réunion remonte à 2017. Entre l’Algérie et la Tunisie, les préoccupations sont communes tant sur le plan politique que social et économique. Les deux pays sont liés aussi, en ces temps difficiles, par des intérêts communs. La consolidation de la coopération  économique entre les deux pays, liés, faut-il le rappeler, par un accord commercial préférentiel dont l’entrée en vigueur est intervenue le 1er mars 2014, est l’un des objectifs cruciaux. Malgré cet accord, les échanges commerciaux (comme déjà cité) entre les deux pays voisins restent marginaux et se chiffrent à quelques centaines de millions d’euros. Clairement, les deux partenaires ont encore du chemin à faire pour fructifier et améliorer les échanges commerciaux et d’investissements. Indéniablement, la création de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) pourrait constituer l’opportunité idoine afin de rehausser le niveau des échanges entre les deux pays, bien que ceux-ci soient liés par un cadre préférentiel dépassant ce qu’offre la Zlecaf comme avantages.

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