Longtemps coincé dans le concept d’un tourisme balnéaire classique et de masse, notre pays s’est trouvé au fil des saisons et surtout avec l’avènement du Covid victime d’une détérioration de son tourisme et de l’effondrement de plusieurs unités hôtelières qui, franchement, n’offraient pas quelque chose de distingué.


La Tunisie n’est plus cette destination privilégiée malgré une tendance vers le « low cost » et la reprise du rythme des réservations après la baisse du danger Covid. A part l’été et ce qu’offrent les plages sur cette longue côte, notre tourisme n’a rien à présenter à des segments et des marchés classiques en déclin et également à des segments émergents (Asie et Russie essentiellement) qui cherchent un rapport exigeant entre tarifs et qualité de services à même de menacer la rentabilité des composants du marché touristique (hôtels et agences de voyages, sans oublier les commerces annexes). Notre tourisme va mal à l’image des fermetures provisoires ou définitives de nombreux hôtels et au nombre important des postes d’emploi supprimés et menacés. La reprise ? Ce n’est pas une question de coûts à étudier pour attirer les marchés de masse en reprise, mais surtout une question d’offre. Il faudra  attaquer des segments oubliés exprès parce qu’ils gênent, a priori,  les influents du tourisme balnéaire. On parle de ce fameux tourisme alternatif qui propose des destinations autres que la mer et la gamme estivale des services. Les propos du nouveau ministre du Tourisme à Kairouan à l’occasion de la fête du Mouled, aussi importants qu’ils soient, viennent tard. Il se rappelle qu’il faut miser sur cette fête du Mouled pour en faire une destination en améliorant l’infrastructure calamiteuse à Kairouan. Pendant quelques jours, cette ville peut attirer jusqu’à deux ou trois millions de personnes en temps normal, mais faute d’unités hôtelières de qualité, il sera difficile d’attirer des touristes venant du monde arabe, islamique et d’ailleurs à la recherche d’un tourisme culturel et religieux développé dans le monde entier dans certaines villes notoires. Il n’y a pas que Kairouan qui peut faire partie de ce projet de tourisme culturel, il y a Sbeïtla et ses monuments romains, il y a le fameux El Jem et son amphithéâtre délabré et qui peut attirer des dizaines de milliers de personnes, il y a également Mahdia, Carthage, etc. si on parle de diversification de l’offre (qui induit par conséquent une diversification de la demande), il y a d’autres genres de tourisme à développer par l’Etat, tels que le tourisme saharien (le paysage tunisien y sied),  le tourisme hivernal avec Ain Draham et Tabarka et ce magnifique paysage de neige et de nature sublime, le tourisme sportif  avec ces clubs européens qui cherchent un cadre ambiant pour leurs stages en hiver. Tout cela, c’est au ministère du Tourisme de le mettre noir sur blanc et d’exploiter enfin ce potentiel extraordinaire de note pays. Il suffit de mettre de côté les idées conservatrices du tourisme et d’aller vers ce tourisme alternatif dans lequel on a déjà des avantages concurrentiels indiscutables. Quand ça va commercer ? On attend.

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Charger plus par Rafik EL HERGUEM
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